‹ Histoire d'un livreChapitre 49 sur 53 · MACHINE A RABOTER POUR DRESSER LES CLICHES · texte numérisé non relu

MACHINE A RABOTER POUR DRESSER LES CLICHES

pomb fondu. Le plomb, en se refroidissant, se solidifie; il est soudé à l'étain de rétamage et au cuivre; le te ut se tient d'une pièce, et forme maintenant une plaque épaisse et forte. Pour que le cliché ainsi doublé et renforcé de plomb puisse s'imprimer nettement, il est absolument nécessaire qu'il soit parfaitement dressé, et d'épaisseur bien égale partout. Ce

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dressage est chose délicate. Tout d'abord un ouvrier fixe le cliché sur un plateau rond, tenant à un tour, à peu près semblable à un tour à tourner le bois. Le tourneur, avec un outil bien tranchant, enlève l'excédent de l'épaisseur du plomb, en dressant le mieux possible sa surface. Mais cela ne suffit pas toujours. Le cliché, détaché du tour, sera ensuite, s'il est nécessaire, porté sur une machine à raboter, qui achèvera de le dresser. — Cette machine porte une lame de fer tranchante, bien affilée, qui, passant sur l'envers du cliché, enlève un mince copeau de plomb tout à fait comparable au ruban de bois qu'enlève le rabot du menuisier, et dresse la surface du plomb comme l'outil du menuisier aplanit une planche.

Notre cliché est dressé; le contour, découpé à la scie et au ciseau, suit à peu près la forme d'ensemble du dessin. Doublé de plomb, il a une épaisseur de cinq millimètres environ : c'est assez pour, la solidité. Il n'a pas la hauteur suffisante : simplement posé sur le marbre de la presse, il serait beaucoup trop bas. Le moyen de parer à cette difficulté, vous le connaissez déjà : il consiste à fixer, au moyen de pointes, le cliché de métal sur un petit bloc de bois bien dressé, et d'épaisseur convenable. On peut l'introduire alors dans la page composée, comme on y eût placé le bois gravé lui-même.

L'opération de la mise en pages, assez simple lorsqu'il s'agit d'un livre sans dessins, est beaucoup plus compliquée et plus difficile pour un ouvrage illustré. Il faut mettre en place, au milieu des lignes, les blocs de bois qui portent les clichés, les assujettir solidement. De plus, très souvent un dessin ne remplit pas toute la largeur (justification) de la page : alors, pour ménager l'espace, il convient de remplir le reste de la largeur avec des bouts de lignes; en sorte que le dessin se trouve entouré de texte, d'un côté seulement ou des deux côtés. Voyez, par exemple, la page 15-2 de ce livre : il y a là un dessin très petit, qui eût fait un marnais effet, isolé,

au milieu d'un grand espace blanc. Qu'a fait le metteur en pages? Il a d'abord placé au bout de sa ligne, au côté de la paye, le petit cliché monté sur son bloc de bois. Naturellement, il ne lui restait plus, à cet endroit, qu'une largeur moindre pour placer du texte. Or le compositeur forme toujours ses lignes pleines, complètes, à toute la justification. Remaniant, reprenant mot à mot, presque lettre à lettre, sur les lignes pleines composées, le metteur en pages a formé des lignes plus courtes, qu'il a ajustées à la gauche du cliché (puisque sur le livre imprimé elles vous paraissent à droite), pour remplir la justification. L'endroit du cliché dépassé, il recommencera à mettre des lignes entières. Or tout ce travail est lent, délicat; il faut aussi de l'habileté, du goût, pour que le dessin, convenablement disposé au milieu des lignes, fasse bon effet, plaise à l'œil.

De môme quand il s'agit du tirage : la mise en train d'une forme où des clichés sont intercalés dans le texte demande beaucoup de soins; si toutes les plus minutieuses précautions n'ont pas été prises, le dessin ne s'imprime pas bien. Ou bien, par exemple, il prend trop d'encre, ou encore la pression est trop forte au rouleau ; et alors il paraît trop noir; les petits blancs, entre les fines hachures, sont bouchés. Au lieu de traits fins et déliés, on ne voit plus que de grosses lignes et de larges plaques noires... On dit alors que la gravure est empâtée. Une autre fois, c'est tout le contraire; le rouleau ne met pas assez d'encre, ou bien la pression n'est pas assez forte : les traits gravés marquent peu, le dessin est tout gris, comme effacé... Il faut qu'en disposant sa forme sur la presse, en arrangeant sa marge, en réglant le foulage, la pression, l'imprimeur corrige tous ces défauts. Et môme pendant le tirage il vérifiera à chaque instant si les gravures sortent nettes et pures.

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