CHAPITRE PREMIER
Lire, écrire, choses simples! faciles! Gomment! mais cela se fait tout seul! Un coup d'œil rapide sur la ligne — à peine si votre regard s'arrête sur chaque mot — et, sans effort, aussi rapidement que la parole peut suivre la pensée, vous prononcez, ou tout haut, ou tout bas en vous-mêmes, ce qu'il y a d'écrit là, ce que représentent ces lettres réunies en petits groupes serrés, noires sur le papier blanc. Vous ne vous souvenez plus, n'est-ce pas, de la peine qu'il vous en a coûté pour apprendre à lire; l'épellation monotone, l'ennui de déchiffrer lettre à lettre... tout cela, c'est passé, c'est effacé. Restent l'avantage acquis, l'utilité, le plaisir : oubliés l'effort, le labeur. Et si bien oubliés, que si quelqu'un s'avisait de prétendre que les lettres sont difficiles à reconnaître, vous partiriez d'un joyeux éclat de rire. Voulez-vous parler de quelque chose de facile, vous dites: « Simple comme l'ARG! » — Écrire, est-ce donc plus difficile? La plume court sur le papier, les lettres viennent pour ainsi dire toutes seules se nieltre les unes au bout des autres pour former chaque mot; vous n'avez pas conscience de faire effort pour le chercher. Eh oui !
lire, écrire sont des choses faciles pour vous, pour moi. Pourquoi* Parce qu'à vous et à moi on a enseigné pour cela des moyens tout trouvés; on nous a donné, pour ainsi dire, la chose toute faite.
Mais supposez qu'on ne vous l'ait pas appris, cet art de l'écriture, et qu'il vous faille Vinventer. Or la chose ne s'est pas trouvée toute seule; il a bien fallu qu'on l'inventât! Me croirez-vous si je vous dis que l'écriture — et la lecture par suite, — c'est, après le langage, la plus étonnante, la plus merveilleuse des inventions? Me croirez-vous si je vous dis qu'il a fallu aux hommes des siècles et des siècles, des milliers d'années d'étude, de travail, des efforts de génie, pour en arriver à trouver cette chose toute simplette, la première chose qu'on apprend aux enfants de cinq ans à l'école : Valj)habet?Tcnez, pour mieux vous le faire comprendre, laissezmoi vous raconter une curieuse histoire : cela s'appellera, si vous voulez, Y Histoire de l'A B C.
Mais d'abord, qu'est-ce qu'écrire? Écrire, c'est communiquer sa pensée par le moyen de signes tracés. Communiquer une pensée, cela veut dire : faire venir à l'esprit de quelqu'un, à l'aspect de signes tracés, une idée, l'idée qu'on a soi-même dans l'esprit. Or, pour en arriver là, il y a deux manières de s'y prendre tout à fait différentes. Je veux, par exemple, faire venir à votre esprit l'idée d'un certain personnage que vous connaissez; j'ai un moyen simple, direct : je vous dessine son portrait. En l'apercevant, le souvenir vous revient, et vous dites : « Voilà monsieur un tel, en peinture! i Mais j'ai un autre moyen aussi : j'écris son nom... Ces lettres assemblées ne représentent pas du tout ce monsieur, n'est-ce pas? Que représentent-elles? Tout simplement le bruit que fait son nom quand on le prononce. Les lettres ûgurenl les sons de ce nom, et le nom nous fait pensera la personne. C'est une façon indirecte el détournée d'appeler votre pensée, un procédé à deux degrés, en deux temps, pour ainsi dire.
Autre exemple. Voici un petit trait doublement courbé : 3. Ce simple signe entrevu fait arriver à notre pensée une idée, l'idée du nombre trois. Il rappelle, il représente directement cette idée. Mais si je vous écris en cinq lettres trois, 'je t, cet r, ceto, etc., par eux-mêmes n'ont aucun rapport avec trois unités. Ces lettres groupées figurent seulement les sons du mot 'parlé, qui est le nom du nombre. Donc deux manières de traduire la pensée par des signes tracés : deux sortes d'écritures en un mot. La première, c'est l'écriture dont les signes, de même que nos chiffres, représentent directement les idées : c'est ce qu'on nomme V écriture idéographique (figurant l'idée). La seconde, c'est l'écriture dont les signes représentent, comme nos lettres, les sons du langage parlé : on l'appelle V écriture phonétique (figurant les sons). Vous comprendrez mieux encore ceci tout à l'heure : je viens à mon récit.
Donc c'était en Egypte, il y a bien longtemps, cinq mille cinq cents ans ou six mille ans au moins, peut-être davantage. — L'Egypte alors était déjà une grande nation, civilisée pour ce temps-là, au milieu des autres peuples barbares ou sauvages; ayant de riches cultures sous un ciel magnifique, des villes populeuses, des chefs, des lois, une religion, des prêtres — qui étaient à peu près les maîtres, — des savants. C'est là que nous trouvons la plus ancienne connaissance de l'écriture, c'est là sans doute qu'elle fut inventée. Mais elle ne fut pas inventée d'un seul jet, en un seul jour, par un seul homme. Qu'avait-il fait le premier inventeur de l'écriture? Une chose très simple : il avait imaginé de dessiner grossièrement, au simple trait, la chose dont il voulait donner l'idée et conserver le souvenir. Vous est-il arrivé de charbonner sur un mur un profil grossier, avec des bras, des jambes?... L'esquisse était bien maladroitp, les proportions n'y étaient guère ; pas de détails non plus... Pourtant tout le monde reconnaissait ce que vous aviez voulu figurer; on se disait en passant :
a Ceci est un bonhomme! » Trop mal fait pour être un vrai dessin, c'était tout au moins un signe qui rappelait à l'esprit la chose signifiée : cela voulait dire : un homme. Ainsi fit-il, notre inventeur. Chose naïve, n'est-ce pas? « Eh! vous ditesvous, je lirais bien une écriture comme celle-là! » Sans doute, vous lisez sans hésitation ces signes idéographiques égyptiens:
Il y a ici écrit bœuf, lion, oie, poisson, serpent, arbre, vase, œil, jambe, étoile... On représentait de môme un chef par un petit homme portant le bâton de commandement; un roi, par un petit homme assis, ayant entre ses mains le signe de sa puissance : un fouet... Ils n'étaient pas tendres, les rois de ce temps-là! Voulait-on donner l'idée du pluriel, on représentait trois fois le signe; et vous lisez ici : des oiseaux, des arbres :
Tout va donc très bien, tant qu'il s'agit de rappeler à la pensée des objets matériels, des choses qu'on peut dessiner. Ces petits dessins qui les représentent, sont des signes figuratifs, que tout le monde peut reconnaître. .Mais comment ûgurer des choses qui n'ont pas de tonne visible 1 Comment représenter, par exemple, le vent, le pour? Comment donner à entendre lajote, le courage? Ne pouvant représenter directement l'idée, figurer la chose même, il faut bien prendre un moyen détourné : on représentera un objet qui ait quelque rapport, dans notre pensée, avec l'idée qu'il s'agit d'exprimer. Ce moyen détourné, ce terme intermédiaire, c'est ce (pion appelle un symbole. Ainsi pour dire le vent, nos anciens
L'ÉClïiTURE ET LE LITRE EN ORIENT. 39
Egyptiens figuraient une voile gonflée, effet du vent; pour exprimer le jour, ils représentaient le disque du soleil, cause du jour. Veulent-ils écrire le courage, la vaillance, ils dessine-
Vent Jour Vaillance Joie
ront un lion, animal courageux; ou, par abréviation, une tête de lion seulement. Pour dire la joie, le plaisir, ils représentent un petit homme qui danse. Ces signes sont des signes symboliques. — Or ce n'est pas tout : on ne peut pas faire des phrases avec des substantifs seulement; il faut surtout des verbes. On représenta, le mieux possible, les actions, soit di-
zv — 2 » U U
Marcher Voir Manger Prier Briser Régner
rectement, soit par un symbole. Marcher s'écrivait par une petite paire de jambes ; voir, par deux yeux; manger, par un homme portant la main à sa bouche; prier, par un homme à genoux, les mains tendues; briser, détruire, par un bras armé d'une massue; régner, par un bras portant un fouet... Mais pour les actions intellectuelles, pour ces actes qui se passent seulement en nous-mêmes, la difficulté est plus grande encore : comment figurer par un dessin aimer, haïr, croire, vouloir? — Et ce sera bien autre chose s'il faut exprimer non seulement les actions, mais les temps, les personnes du verbe, etc., etc.. Oh! alors, n'est-ce pas, la question se complique énormément! D'ailleurs la même idée peut être représentée par des symboles différents, et par contre le même symbole peut être compris, interprété de différentes manières.
Voyez-vous comme tout devient obscur, ardu! Chaque ligne d'une pareille écriture est une énigme à deviner. Or le
simple bon sens ne suffirait pas pour deviner tous ces symboles, trop peu clairs, trop peu parlants ; il faut convenir que tel signe représente telle idée, comme il est convenu chez nous que tel chiffre représente tel nombre. Mais puisque chaque signe représente une idée, autant d'idées à exprimer, autant il faut de signes différents : c'est-à-dire des milliers! Et pour lire, pour écrire, alors il faut apprendre et retenir de mémoire la valeur de tous ces signes, la façon convenue de les grouper. Ah! savoir lire, dans ces temps-là, savoir écrire, c'était une science difficile et rare; apprendre à lire, c'était le labeur de toute une vie d'études ! C'est que le système d'écriture idéographique, qui vous a paru si simple en principe, dans la réalité est effroyablement compliqué : un vrai chaos à débrouiller. Encore ne peut-on exprimer ainsi d'une façon bien nette, bien précise, tout ce qu'on voudrait dire : ce ne sont que des à peu près. — Il fallait trouver autre chose.
Or voici ce qu'on imagina plus tard. Il fut entendu que chaque signe représenterait désormais, non plus la chose dessinée elle-même, mais la première syllabe de son nom : de son nom en langue égyptienne, bien entendu. Voulait-on écrire un mot de deux ou trois syllabes, on réunissait deux ou trois signes. Convenons entre nous que si je dessine, par exemple, une abeille, cela représentera la première syllabe du mot abeille, qui esta; que si je dessine un miroir, cela voudra dire mi... En figurant l'un près de l'autre l'abeille, le miroir, j'écris le mot a-mi... Voilà, arrangé à la française, le système de nos Egyptiens. N'est-ce pas une idée très amusante? C'est une combinaison toute semblable à ce jeu que nous appelons rébus, où les mots sont figurés par des chose» qu'il faut deviner : avec cette différence que dans nos rébus le nom de la chose doit se dire tout entier, tandis qu'ici c'est seulement la première syllabe qui compte El voyez les conséquences de cette trouvaille ingénieuse : récriture, d'idéographique qu'elle était, est devenue phonétique; elle ne re-
présente plus des idées, mais des sons. Maintenant il ne sera plus besoin d'avoir autant de signes distincts que d'idées différentes à exprimer; il suffira d'en choisir autant qu'il y a de syllabes différentes dans le langage parlé : et avec cela, on pourra écrire sans difficulté tous les mots possibles. — Voici quelques exemples de ces signes syllabiques égyptiens :
me» sou
On fit môme plus; on choisit certains signes pour représenter, non pas une syllabe complète, mais un seul son, une seule articulation de la parole : le son ou l'articulation, la voyelle ou la consonne qui commençait le nom de la chose représentée. Ces derniers signes étaient donc de véritables lettres, toutes semblables aux nôtres quant à leur emploi, quoique d'une autre forme:
\ il <?j ?
Mais les Égyptiens, qui avaient eu cette idée ingénieuse, ne surent pas en tirer le meilleur parti, le plus simple. Ils ne surent pas se débrouiller. Ainsi, au lieu de consacrer, pour représenter chaque syllabe ou chaque son, un seul signe, toujours le même, ils en adoptèrent plusieurs, qu'on pouvait employer indifféremment. Pour désigner une seule et môme syllabe, la syllabe sa par exemple, ils avaient jusqu'à six
SA •,ft-«.lJsfV,%.
signes différents : ainsi des autres. Enfin ils conservèrent un grand nombre de ces anciens signes idéographiques auxquels
ils étaient habitues, et qu'ils mêlaient parmi tous les autres. Cela Taisait, en tout, plus de 500 caractères différents habituellement employés. L'écriture ainsi formée était donc encore compliquée, difficile à déchiffrer, lente à apprendre. Les prêtres seuls, quelques savants et les scribes qui faisaient le métier d'écrire, la lisaient couramment. C'est ce qu'on a appelé l'écriture hiéroglyphique, c'est-à-dire V écriture sacrée; car, chez les anciens, toute chose qui paraissait précieuse et admirable était toujours tenue pour divine, pour révélée par les dieux. Les monuments des Egyptiens étaient tout couverts de œs hiéroglyphes, taillés dans la pierre avec un soin extrême. — Voulez-vous avoir une idée de l'aspect qu'offre aux yeux cette écriture, toute formée de petits dessins? Examinez ces caractères d'une inscription vieille de plus de trois mille cinq cents ans :
INSCRIPTION ÉGYPTIENNE EN HIÉROGLYPHES LAPIDAIRES, C'EST-A-DIRE GRAVES SUR LA PIERRE.
€ Je suis venu; je t'accorde d'écraser les chefs du j> de Tsahi (Canaan); je les jette sous tes pieds avec leurs provinces... »
Dans ces lignes gravées par son ordre sur un monument élevé par lui, le conquérant égyptien se vante de ses succès. C'est son dieu qui parle... vous entendez : on le fait parler. Chaque nation, dans ce temps-là, avait ses dieux à elle, qui étaient censés la protéger, etqui toujours lui promettaient La victoire. Ktait-on vaincu — cela arrivait quelquefois! — c'est que le dieu était mécontent de ses adorateurs et voulait les punir...
Si vous habitez Paris ou s'il vous arrive de le visiter, vous n'oublierez pas d'aller voir l'énorme, le magniûque ol>c!is<juc que l'on a l'ait venir à grands Irais de L'Egypte, pour orner
PROPYLONE OU PORTE MONUMENTALE DE FIGURES GRAVÉES ET D'iNSC RIPTIO N S
r (. -> PT i 1: N N i . GO ! V il". i E I I ÉROG I. Y PII in l ES ( K.\ Il MA K)
la belle place de la Concorde. Tout en levant les yeux pour mesurer la hauteur de cette pyramide élancée, taillée dans un seul bloc de fin granit rose, et qui pointe dans le ciel comme une immense aiguille, vous remarquerez, gravées sur ses quatre faces, les inscriptions hiéroglyphiques dont l'aspect est si curieux; et vous vous direz, en contemplant cette masse de pierre et ces caractères étranges : « Voilà comment on construisait, comment on écrivait en Egypte, il y a trentetrois siècles! »
Ici je m'arrête, pour répondre à une question qui déjà s'est présentée à votre esprit. Comment les traçait-on, ces caractères? Avec quoi? sur quoi écrivait-on à cette lointaine époque? — On écrivait, en somme, sur toute surface pouvant recevoir les caractères. On écrivait, tout d'abord, ainsi que je viens de le dire, on gravait plutôt les signes sur la pierre, à l'aide d'un outil tranchant. Mais ces inscriptions, nous ne pouvons pas les comparer à des livres : c'était plutôt comme des affiches, mais des affiches faites pour durer des siècles, exposées aux murs d'un palais ou d'un temple, pour être vues de tous, et lues... de tous ceux qui savaient lire. C'étaient, le plus souvent, ou des invocations aux dieux, ou l'histoire des rois, les récits de leurs batailles. On gravait aussi, avec un poinçon d'acier, sur des lames d'or, d'argent, de plomb, les lois et toute chose que l'on tenait à conserver; pour les simples notes, on les écrivait sur la première surface venue, lisse et plate, sur de larges feuilles d'arbres souvent. Puis Yencre fut inventée; c'était une sorte de couleur noire liquide; on traçait les caractères non pas avec une plume, niais avec un pinceau, comme le font encore les Chinois;on peignait l'écriture. On la peignait sur des tablettes de bois, planchettes minces et lisses; sur des peaux de moutons ou de chèvres, préparées comme une sorte de cuir léger; sur des bandes de toile line, que l'on roulait pour les conserver.
Dans les marais d'Egypte, au bord du Nil, croît en abondance une plante aquatique, qui offre à peu près l'aspect d'un roseau. Sa tige, allongée, ronde, verte, lisse et molle porte à son extrémité un bouquet de feuLiage grêle. C'est la plante qu'on nomme papyrus (voir le frontispice). Les Égyptiens coupaient la tige au pied; enlevant l'écorce verte, ils trouvaient dessous plusieurs couches superposées d'une sorte d'écorce blanche, mince, fine, et qui se détachait facilement en feuillets déliés, semblables à des bandelettes légères, assez larges. On étalait sur une table ces bandelettes encore humides de sève; on en couchait plusieurs les unes près des autres et se joignant, de manière à former une certaine largeur; puis sur ces bandelettes on en étendait d'autres en travers, pour réunir et maintenir les premières. Puis on les dressait, on les collait; il en résultait une sorte de feuille mince, légère, assez large, blanche : une véritable feuille de papier enfin; car c'est du nom de la plante, du papyrus, que nous est venu notre mot de papier. Sur cette mince et fragile matière, le scribe égyptien, l'écrivain ouïe copiste, traçait ses caractères déliés à l'aide d'un pinceau, d'un mince et léger roseau semblable à une frêle tige de jonc, effilé à son extrémité. Avec son roseau, il avait pour instrument principal une palette de bois, une planchette de forme rectangulaire, dans laquelle étaient ordinairement creusés deux petites cavités rondes en forme de godets. L'un de ces godets contenait une tablette d'encre noire solide, l'autre une tablette semblable d'encre rouge : ces tablettes étaient absolument pareilles aux pastilles de couleurs de nos boîtes à couleurs pour l'aquarelle. Une petite fiole, de verre le plus souvent, contenant de l'eau, complétait son attirail. Le scribe trempait son pinceau dans l'eau, puis délayait un peu de couleur sur Tune ou sur l'autre des deux tablettes. D'autres délayaient à l'avance leurs couleurs et les conservaient liquides dans de petits encriers, où ils trempaient leurs roseaux pour écrire. — Le signe hiérogly-
phique qui représente Faction d'écrire figure la palette, la petite bouteille et le pinceau liés ensemble. — Les signes peints sont un peu plus simples de forme que les hiéroglyphes gravés, et plus sommairement dessinés; on les appelle hiéroglyphes linéaires. — Alors surtout on put avoir des livres, de véritables livres 1 — On roulait avec précaution la feuille de papyrus écrite, qui avait par- 2« colonne. t*« colonne. fois une grande longueur. Chaque livre se composait de plusieurs rouleaux précieusement serrés dans des éluis. C'étaient des livres d'histoire, des livres de science : astronomie, géométrie, médecine; des livres de morale, de poésie; des livres religieux surtout. Un de ces livres de prières est resté célèbre : le Livre des morls ou Rituel funéraire. — 11 me semble voir l'antique auteur du livre.
sacré, le vieux prêtre à la tête pensive, dans sa chambrette de briques, près de la fenêtre ombra-.'.' de trois palmiers. Une tablette de bois lui sert de pupitre; L'encrier est suspendu près de lui, il tient en main le pinceau. Penché sur la feuille de papyrus à demi déroulée, il trace les lignes solennelle^ que pendant des milliers d'années toute l'Egypte lira, répétera, qui seront recopiées des milliers et des milliers de fois — et don! aujourd'hui nos savants ont U retrouver le sens longtemps perdu.
Mu voici deux rolonnes, avec leur traduction. C'est d'un mort qu'il s'agit : <>n dit de lui qu'il a été
rr^rs
CAR A CT K II ES Il I K II 0 G L Y P 11 I- QUES LI Ni Al RIS DISPO- SÉS EN COLONNES.
« Il a donné des pains .i l'affamé, de IV m à celui qui avait soif, des
vêtements à celui qui
était un.... »