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« un don du Seigneur ! — & même ceux des
« autres régiments viennent me dciier par a jalousie. Le i^'^ juillet dernier, avant de quit- « ter Valenciennes, l'ëtat-major du régiment « a parié pour moi, contre ceux du régiment tt de Conti (infanterie). Le mattre d'armes « Bayard, un petit brun du Midi, disait tou- « jours : « L'Alsacien ! » Ça m'ennuyait ! J'entt voyai deux prévôts lui demander raison.
« C'était entendu d'avance, & le lendemain « nous nous sommes alignés dans le parc. Il « sautait comme un chat ; mais à la troisième « reprise, je Vai pincé tout de même sous le a teton droit, un peu proprement. Il n'a pas a seulement dit : pipe! & c'était rini. Tout le « régiment s'est réjoui. On m'a donné qua- « rante-huit heures de salle de police, parce « que j'ai la main malheureuse ; mais le major, u chevalier de Mendell, a fait passer un panier « de sa table pour Nicolas Bastien, un panier tt de vins fins & de viandes : c'était ça ! Nicolas « avait fait gagner Royal-Allemand, on pouvait « bien le régaler. Depuis, j'ai l'estime de mes « supérieurs. Et si vous savez ce qui se passe tt ici, comme cette canaille de bourgeois se tt remue, principalement les robins, si vous tt savez ça, vous devez comprendre que Tocca^ tt sion de se distinguer ne manque pas. Pas
« plus tard que le 27 août dernier, le commana dant du guet, Dubois, nous a fait charger (X la canaille, sur le Pont-Neuf; & tout ce u jour, jusqu'à minuit, nous n'avons fait que « lui passer sur le ventre, à la place Dauphine, « à la place de Grève & partout. Si vous aviez « vu le lendemain, quel massacre nous avonsfait d dans la rue Saint-Dominique & la rue Meslée, « vous auriez dit : Ça va bien ! — J'étais le (t premier sur la droite de l'escadron, au20 rang; « tout ce qui passait à la hauteur était rasé. « Le lieutenant-colonel de Reinach, après la tt charge, disait que les robins n'auraient plus « envie de piper. Je croîs bien , ils en ont vu ' « de dures ! Voilà ce qui montre la beauté de « la discipline ; quand Tordre arrive, il faut « que tout marche ; vous auriez père & mère,
u frères & sœurs devant vous, on passe dessus
« comme sur du fumier. Je serais déjà maré-
<( chai des logis, s'il ne fallait pas savoir écrire
« pour faire son rapport. Mais soyez tranquilles,
« f ai mon petit compte à régler avec Jérôme
a Leroux ! Un jeune homme de bonne famille,
« Gilbert Gardet, du troisième escadron, me
« montre les lettres, & je lui donne des leçons
« de contre-pointe; ça marchera, je vous en
u réponds. A la première vous recevrez démon
« écriture, & sur- celle-ci, en vous embrassant
Histoire â^tm paysan.
« & VOUS souhaitant tout ce que vous pouvez « dcsirer dans cette vie & dans l'autre, je fais « ma croixi