‹ Histoire d'un Peau-RougeChapitre 3 sur 5 · LES QUATRE VENTS · texte numérisé non relu

LES QUATRE VENTS

E , père d’Hiawatha s’appelait Mudjekéwis. Sa tribu l’avait choisi comme chef pour l’avoir délivrée du Grand Ours des montagnes, si cruel, si fort et si dangereux, qu’il répandait partout la terreur. Cet événement était arrivé après qu’il eut tué l’animal terrible. Alors, son peuple l’avait acclamé, disant : « Gloire à Mudjekéwis ! Qu’il règne sur les Quatre Vents! Qu’il soit lui-même à jamais le Vent de l’Ouest! »

Mudjekéwis avait trois fils avant qu’Hiawatha vînt au monde, et avec eux il commandait aux vents. A l’aîné, qu’il nommait Wabun, il avait donné en partage le Vent de l’Est; au second, Kabibonokka, le Vent du Nord; au dernier, Shavondasé, le Vent du Sud. Il s’était réservé le Vent de l’Ouest.

Wabun se levait chaque matin avec le soleil. Il était puissant et beau. C’était lui qui mettait en fuite la nuit et les ombres et qui apprenait aux peuples que le matin était revenu. Il était toujours debout avant tout le monde et, bien que les

HISTOIRE d’un PEAU-ROUGE

oiseaux se missent à chanter dès qu’il paraissait et que les fleurs sauvages parfumassent l’air en son honneur, il vivait triste et solitaire. Un matin, alors qu’il chassait les brouillards et qu’il se désolait de sa solitude, il aperçut une exquise jeune fille qui marchait sur le bord du fleuve, en cueillant des fleurs d’eau.

Chaque matin, à partir de ce jour, Wabun épia sa venue.

11 l’aimait si tendrement qu’il la nommait « l’Etoile du Matin ». Et ils furent désormais l’un par l’autre très heureux. Ils cheminaient à travers la prairie en parlant. Et à partir de cet instant Wabun ne se sentit jamais seul.

Kabibonokka était aussi différent de son frère qu’il était possible. Il était sauvage, orgueilleux et parfois cruel. Il vivait au milieu des glaces et des neiges. Quand l’été s’en allait et que l’hiver arrivait, il couvrait la terre tout entière de frimas, gelait les étangs et les rivières et envoyait le Vent du Nord glacer tous les hommes.

Un jour, un plongeur nommé Shingebis était en train de pêcher dans le fleuve pour son dîner quand Kabibonokka se lança à sa poursuite, essayant de l’attraper dans ses mains froides. Mais Shingebis était trop rusé pour lui et avec adresse il gagna une hutte qu’il s’était aménagée dans la forêt où il avait, avant d’aller à la pêche, allumé un feu. Rapide comme l’éclair, il se précipita dans sa cabane et referma sa porte avant que Kabibonokka ait pu l’atteindre. Mais ce dernier

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