‹ Histoire d'un regimentChapitre 109 sur 135 · AVRIL 1881. NOVEMBRE · texte numérisé non relu

AVRIL 1881. NOVEMBRE

Le 3 mai 1881, le 2e bataillon du Régiment, sous les ordres du commandant Duchaplet, s’embarque pour l’Algérie.

Il s’agit de réprimer l’insurrection fomentée par Bou-Amema dans le Sud-Oranais. Nous nous bornerons à transcrire l’ordre du jour, certifié conforme à l’original par les membres du Conseil d’administration éventuel :

« Les troupes de la colonne de l’Est viennent encore une fois de prouver ce que peuvent faire des soldats pleins de courage, d’énergie et de discipline. Après avoir été engagées contre le marabout Bou-Amema, dans la journée du 13, depuis une heure de l’après-midi jusqu’à huit heures du soir, elles sont reparties à onze heures, sans avoir pris une heure de repos. Elles ont poursuivi le marabout sans relâche, jusqu’au lendemain midi, lequel, fuyant devant elles avec son convoi, n’a pas voulu accepter le combat, mais a reçu, pendant toute cette poursuite, des feux de salve et d’artillerie qui lui ont fait subir de grandes pertes, et l’ont forcé à laisser sur sa route l’honneur de son nom et de son prestige.

LA 52e DEMI-BRIGADE.

Rentrées au camp le lendemain 15, à huit heures du matin, elles avaient fait 80 kilomètres en 50 heures, par une chaleur accablante, sans eau, et n’ayant pris, pour toute nourriture, que le biscuit et la viande de conserve qu’elles avaient emportés.

« Je n’ai plus à faire l’éloge de la Légion étrangère, qui, sous le commandement du capitaine Flambeau, a été aussi admirable qu’à Madéna, mais j’y joins celui du bataillon du 52 e de ligne, commandé par M. le commandant Duchaplet; il est impossible à de jeunes soldats de montrer plus d’énergie, de discipline et de dévouement.

« La cavalerie, sous l’habile direction du commandant Dincourt, et l’artillerie, sous celle de l’adjudant Gallien, ont été à la hauteur de leur belle réputation et de leur passé.

« Quant au résultat de votre admirable conduite, je veux vous dire : vous avez sauvé toute une contrée du plus grand des désastres, peut-être anéanti, pour toujours, le prestige du chef d’une insurrection formidable, et ramené, parmi les populations, le calme et la tranquillité. Je ne sais les récompenses qui vous seront accordées et que je vais demander pour vous; mais ce que je peux vous dire, c’est que votre éloge est dans la bouche de tous les indigènes, que leur cœur est rempli de reconnaissance, et que moi, je suis fier et heureux d’avoir été placé à la tête de pareilles troupes.

« Le colonel,

« Signé : Brunetière. »

« Aïn-Médrissa, le 15 juillet 1881. »

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