‹ Histoire d'un regimentChapitre 110 sur 135 · II. — LES OFFICIERS ET LES SOUS-OFFICIERS DU 52 e AU TONKIN · texte numérisé non relu

II. — LES OFFICIERS ET LES SOUS-OFFICIERS DU 52 e AU TONKIN

Combien vous êtes enviés, mes camarades, vous qui fermez la marche de notre glorieux défilé, quand, dans une revue, vous paraissez avec la Croix et ces médailles de Chine, du Cambodge, de l’Annam et du Tonkin, gagnées dans une guerre rude et lointaine! Tous vous regardent, tant nous aimons le panache et les rubans, mais beaucoup ignorent ce que vous avez fait pour mériter ces décorations; nous trouvons juste de le dire.

Vous avez dignement tenu le drapeau de la France et du Régiment ; mais, parce que cette guerre du Tonkin n’est pas populaire, parce que les faits sont encore mal connus, on se borne à plaindre ceux qui sont morts là-bas, quand il faudrait admirer ce que, tous, vous y avez fait. Vous y avez souffert

avec patience, combattu avec courage, dignes enfants des soldats d’Égypte et d’Afrique. C’est une justice que l’histoire rendra un jour au « régiment des électeurs1 ».

« Notre devoir était de dire à vos soldats : Ave? confiance, voici ce qu’ont fait vos chefs. Ils sont dignes de prendre place dans l’histoire du Régiment.

Digne également d’y figurer, à votre tête, le chef regretté qui va nous

Au Tonkin. (Dessin de L. Sergent.)

quitter, avec le chagrin d’une belle carrière terminée, mais la fierté d’avoir commandé ce 52e, dont il nous a prescrit d’écrire l’histoire.

Chauffeur (Eugène), colonel du 52e le 15 janvier 1887, né à Valence le 12 juillet 1850, sorti de Saint-Cyr au 10e bataillon de chasseurs, le 51 janvier 1855, compte dix campagnes, dix blessures et une citation à l’ordre du corps expéditionnaire du Mexique. Le 10 janvier 1865, il a fait preuve d’une énergie au-dessus de tout éloge, à l’affaire de Veranos, où il a reçu

1. Le régiment de marche formé de quatrièmes bataillons appartenant aux 23e, 111e, et 145e de ligne, arrivait dans la ville d’Hanoi, en février 1884. Quelques-uns des plus jeunes soldats, très fatigués par une longue et pénible traversée, reprenaient, sans grand entrain, leurs sacs et leurs fourniments. Les vieux lascars de la Légion et des turcos, déjà anciens au Tonkin, les regardaient avec des sourires vainqueurs. Ces petits nouveaux, courbés sous leur « installation » gigantesque de campagne, ne leur semblaient pas des camarades bien redoutables. Un blondin maigriot — un Parisien — traînait particulièrement la jambe : « O c’t électeur! » s’écria un joyeux des bataillons d’Afrique. Le surnom de « régiment des électeurs » resta aux trois bataillons commandés par le lieutenant-colonel Defoy. Quelques jours après, ils étaient au feu. Aucuns, dans les colonnes, ne firent ni mieux ni plus, et les généraux durent convenir qu’ils avaient un grand fonds de bravoure, de discipline et d’obéissance.

quatre blessures. Il a eu l’honneur d’entrer le premier dans Mexico. Il avait mérité la Croix de chevalier en Crimée (16 avril 1856), celle d’officier,

Drapeau de 1890.

en France (5 septembre 1870), et il part en retraite avec la Croix de Commandeur, juste récompense de longs et bons services.

De Carre y de Dellemare , capitaine à l’état-major du corps d’occupation.

Blessé à la prise delà citadelle d’Hué (5 juillet 1885), décoré sur le champ de bataille par le général de Courcy, commandant en chef.

Camper (Louis-IIenry), capitaine, est cité à l’ordre du jour du corps expéditionnaire du Tonkin (12 mai 1885). Au combat du 4 février, à Thai- Hoa, il s’est porté au secours d’une compagnie du 1er régiment étranger, sérieusement engagée, et dont la situation allait devenir critique; il a soutenu, pendant toute une nuit, une lutte acharnée contre des forces très nombreuses, et a dû repousser, à la baïonnette, plusieurs attaques tentées à la faveur de l’obscurité.

Bi mseur (Ferdinand), lieutenant, cité à l’ordre du jour, le 5 février 1885, parle Vice-Amiral commandant en chef l’escadre de l’Extrême-Orient; après la mort de son capitaine, il a conduit sa compagnie avec bravoure et intelligence, et est entré, un des premiers, dans les ouvrages ennemis.

Baudin (Auguste-Marins), lieutenant, cité le 22 janvier 1887, à l’ordre de la division d’occupation du Tonkin et de l’Annam, pour son énergie lors de l’attaque de Deo-Go, dans laquelle il fut grièvement blessé (2 janvier 1 887).

Jouvin (Camille-Joseph), adjudant, engagé volontaire au 52e, le 27 octobre 1880. Passé volontairement au 2e bataillon pour aller en Afrique (1881), part au Tonkin, sur sa demande, le 20 août 1885, et se distingue par une action d’éclat qui lui vaut la Médaille militaire, le titre de chevalier de l’ordre impérial du Dragon de l’Annam, une médaille de première classe du roi d’Annam (sapèque royale) et une citation dont voici les termes.

Brillant coup de main du sergent Jouvin, du 32e régiment d’infanterie, détaché au 1er bataillon de chasseurs annamites.

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