‹ Histoire d'un regimentChapitre 14 sur 135 · DISCIPLINE ET PUNITIONS · texte numérisé non relu

DISCIPLINE ET PUNITIONS

Le soldat incorporé et habillé était logé par l’État ou chez l’habitant. Grâce à leurs privilèges, les grandes villes de l’intérieur ne recevaient pour ainsi dire point de troupes. Les régiments étaient presque tous envoyés dans les forteresses des frontières. Aunis est à Belfort en 1776, et Bassigrnv se forme à Metz. En 1779, il est à la Rochelle; il reviendra à Metz, puis ira en Bretagne, à Brest, Port-Louis, Nantes, etc.... Le soldat ne peut s’éloigner d’une lieue de sa garnison, sous peine d’être accusé de désertion. Sous Louis XVI, les casernes sont la règle pour le logement des troupes; les soldats « en quartier » chez l’habitant, c’est l’exception. En Bretagne, ce seront quelquefois des logements dans les églises ou dans les cloîtres, sous les toits ouverts au vent et à la neige.

Dans les casernes, les chambrées renfermaient dix, douze, quatorze ou dix-huit lits. Elles étaient éclairées « par une méchante petite lampe, dont l’huile puante infectait ». Le mobilier, fourni par les villes, se composait, outre les lits, d’une ou de deux tables sur lesquelles les hommes mangeaient, de deux bancs et de planches pour mettre les vêtements.

Les lits avaient 4 pieds8 de large sur 5 pieds 9 pouces de long. Ils devaient suffire pour trois hommes. Aussi, les anciens soldats mettaientils quelquefois, comme une des conditions de leur rengagement, qu’on ne les ferait pas coucher trois dans le même lit. Sous le ministère du maréchal de Ségur, ils ne coucheront plus que deux ensemble. Les cadetsgentilshommes seuls avaient le privilège d’un lit séparé.

Gamelle et solde. — Sans doute, il y avait loin de la réalité de la gamelle aux levrauts et aux dindons que promettaient les racoleurs; mais

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