JUIN 1791 — 10 JUIN
La composition du 52e, relevée sur les états militaires de 1791 et de 1795, marquera les transformations que fait subir au Régiment la loi de 1791 \ Une étude comparative et attentive confirmera la sincérité des documents et mémoires auxquels nous avons emprunté le préambule de l’histoire militaire de celte époque.
Dès son arrivée à Tours, le corps d’officiers du 52e, ci-devant Bassigny, fait sa visite au Directoire.
« Le soldat redevient peuple, se mêle au peuple, fraternise avec le peuple. » Trois causes principales contribuèrent rapidement à propager l’esprit de rébellion : 1° les comités que les. soldats furent autorisés à former entre eux pour s’occuper de leurs droits, et l’affiliation générale de ces comités; 2° le contact avec les gardes nationaux, qui cherchèrent à persuader aux soldats que leur obéissance à leurs chefs était incompatible avec l’indépendance de la nation; 5° le droit concédé aux muni-
1. D’après les documents dus à l’obligeance deM. Duboz, conservateur de la Bibliothèque Municipale de Tours, l’ouvrage du poète anglais Wordworlh, qui vécut à Blois dans l’intimité des officiers de ci-devant Bassigny (traduction de M. Bussière, descendant du général Beaupuy), et le Mémoire historique de Vimeux, prêté par la famille Vast-Vimeux.
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cipa I i tés de commander à la force armée dans les limites de leur commune, et celui qu’elles s’arrogèrent d’intervenir dans la discipline intérieure des corps. C’est ainsi «pie M. Yiollet-Vauquer, premier officier municipal, donne, en l’absence de M. le maire, l’ordre'. Il porte : « Mois, Saint-Antoine »,pour les journées des 15 et 14 juin 1701 ; — « Saint-Pierre, Laval », pour le 50 juin. Le 29 juillet, l’assemblée municipale supprime les deux postes dont le 52e est chargé; mais, dans sa délibération, elle assure le Régiment de sa confiance dans son civisme. Le 6 avril 1702, M. de Ronsenac, commandant le Régiment, reçoit une réquisition qui lui est adressée par le Directoire de Loir-et-Cher, et en vertu de laquelle deux compagnies doivent partir pour Blois où l’ordre est troublé.
C’est au Directoire d’Indre-et-Loire qu’il faut que ce même officieldemande des munitions (poudre et balles) dont son bataillon se trouve avoir le plus pressant besoin.
On conçoit aisément l’irritation des officiers; d’autre part, sous l’influence des idées égalitaires, l’esprit des sous-officiers s’était modifié; du jour où ils avaient eu en perspective l’épaulette d’officier, ils avaient montré une tendance sans cesse grandissante à lutter contre leurs chefs.
Voici la physionomie du corps des officiers du 52% telle que nous la dépeint le poète anglais Wordworth qui vivait avec eux : « Quelquesuns d’entre eux portaient des épées qui avaient servi avec honneur dans les guerres, et tous étaient des hommes bien nés; c’était la chevalerie de la France. Différents d’âge et de caractère, ils avaient cependant dans leur cœur une même aspiration maîtresse : tous ensemble (excepté un seul qui sera nommé plus tard) étaient décidés à défaire ce qui avait été fait; c’était là leur consolation et leur unique espoir.
« Cependant, mes principaux compagnons se préparaient à
s’enfuir, pour augmenter la troupe des émigrés en armes, réunis sur les bords du Rhin et ligués avec des ennemis étrangers prêts à déclarer la guerre. C’était là leur intention non déguisée, et ils attendaient, de toute l’ardeur de leur désir, l’heure du départ....
« Parmi ces officiers, il s’en trouvait un, auquel j’ai déjà fait allusion, et d’un caractère bien différent. C’était un patriote, et, pour cela même, tenu à l’écart par les autres, qui l’accablaient d’un dédain tout oriental, comme étant d’une caste différente. Jamais il n’exista d’homme plus doux et meilleur, doux malgré son enthousiasme. Les affronts ne le rendaient que plus noble.... Par sa naissance déjà, il était des plus