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I. Notre mot d’aujourd’hui

nobles... Mais homme, il aimait l’homme et était attaché au service des pauvres, comme par quelque lien invisible.... »

Tel était Michel Beanpuy : « Que son nom, ajoute Wordworth, soit rangé parmi les plus beaux de l’antiquité1! » Son enthousiasme est légitime; mais de la gloire qui illustre le nom de Beanpuy, à Mayence et en Vendée, il doit rejaillir quelque chose sur Bassigny dans lequel il servit dix-huit ans.

Il fut de ces hommes nombreux qui ne purent impunément « traverser une heure de fermentation universelle, où les hommes les plus doux étaient agités, et les chocs de passions et d’idées emplissaient les murs des plus humbles demeures. «

Cet état d’âme explique, sans l’excuser, l’échauffourée du 25 juin 1791, dans laquelle des soldats de Bassigny osèrent porter la main sur le colonel de Saint-Tropez et l’arrêter au moment où, déguisé, il s’apprêtait à gagner la frontière. Il dut donner sa démission, et le lieutenant-colonel de Baussancourt, qui commandait le 2e bataillon, à la Martinique, le remplaça.

Le 10 juillet, les « dames citoyennes de Tours » offrent au régi-1 ment ses nouveaux drapeaux. Ils avaient pour inscription, d’un côté : « Discipline, obéissance à la loi »; de l’autre, le numéro du régiment. Le drapeau du 1er bataillon était aux couleurs nationales, à ces trois couleurs qui firent le tour du monde, suivant la prédiction de Lafayette. 11 était porté par un sergent-major choisi par le colonel. Le drapeau du 2e bataillon était aux couleurs de runiforme du régiment. Une grande solennité eut lieu à la cathédrale Saint-Gatien, en présence du Directoire du département et du district, et des autres corps constitués. L’abbé Suzor, évêque constitutionnel, procéda à la bénédiction des emblèmes.

Le 9 août 1791, un nouveau brevet de civisme est donné au régiment dans une pétition signée par cent cinquante citoyens, les plus notables de Tours : « Le 52e d’infanterie, y était-il dit, est assez connu; il s’est assez distingué par son dévouement à la Constitution pour captiver

J. Michel Bacharetie de Beaupuy, né le 14 juillet 1755, sous-lieutenant dans Aunis le 2 mars 1775; lieutenant dans Bassigny le 27 mai 1785, capitaine le 15 janvier 1792, mort général de division, à Emmendinghen, le 19 octobre 1796. — Il écrivait, le 13 nivôse an ii, au représentant du peuple Carrier : « Tu n’as pas encore tonné, brave et terrible montagnard! Le pain et les cartouches sont arrivés pour nous; mais Haxo en manque. Envoie-moi promptement les 2000 hommes que tu m’annonçais hier; il faut que d’un trait ils se rendent à Machecoul; alors, et de ce point seulement, nous donnerons le pain et la main à Haxo.... Adieu.... Mort aux brigands!... Mort aux tyrans! » Il est curieux de comparer le style et la pensée de cette lettre avec les termes dont se servait Kléber pour apprécier Carrier (Voir Guerre de Vendée, page 48).

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l'estime des habitants et mériter de leur ]>ai*t une confiance absolue -

Pendant toute la durée de son séjour, le Régiment, gagné aux idées nouvelles, maintient cependant l’ordre et la tranquillité dans la région*. Il détache à Blois quatre compagnies qui rendent à la ville sa tranquillité. Be fait mérite d’être relaté en des temps où l’indiscipline provoqua de sanglants désordres, indignes de l’uniforme, où des soldats n’eurent pas bonté de massacrer leurs généraux. Et cette désorganisation était due aux infâmes libelles politiques qui proclamaient que ce serait rendre le plus grand service au pays que de massacrer ses chefs.

Aussi, tous émigrent; le mouvement gagna le régiment, qui ne conserva que sept officiers. Parmi eux, Michel Beaupuy, Yimeux et Saint- Sauveur. Le premier va organiser et commander un bataillon de volontaires de la Dordogne, qu’il conduira à Mayence. Les deux autres partent de Tours avec le 52e, le 5 juillet 1792, pour se rendre au camp de Lauterbourg, sous les ordres du général Kellermann.

Un règlement du 15 mars 1792 avait augmenté d’une compagnie, et porté à dix compagnies le 1er bataillon de chaque régiment mis sur le pied effectif de 812 hommes. 152 grenadiers du 2e bataillon partirent de la Martinique pour renforcer le 1er. Yimeux avait été nommé lieutenantcolonel. Il commanda le Régiment à l’attaque de Spire et prit part aux opérations de Custine à Mayence et à Francfort.

Le 1er bataillon du 52e formait, avec le 1" bataillon du 82e, le 2e bataillon de la Haute-Saône, et le 5e bataillon du Jura, la 2e brigade de l’armée des Vosges. En décembre, notre 1er bataillon couvre la retraite de l’armée du Rhin et mérite les éloges du général en chef. Yimeux est nommé colonel le 11 janvier 1795. Le 2e bataillon est en révolte, à la Martinique; tous les officiers, colonel Baussancourt en tète, émigrent. Les débris de ce bataillon rentrent en France vers la fin de 1792, et sont employés à l’armée de la Rochelle (1795), à l’armée de l’Ouest (1794), à l’armée de Brest et de Cherbourg (1795). C’est un vrai bataillon de volontaires, avec quelques soldats de ligne, constitué en Vendée même, à l’effectif moyen de 850 hommes. 11 est commandé par Jean-Baptiste Penant; ce jeune commandant de vingt-six ans conduit avec bravoure son bataillon de jeunes gens, parmi lesquels nous avons relevé un enfant de quatorze ans, Claude Douin, tué par les chouans le 26 pluviôse an ni. La guerre est .rude et sanglante, les pertes par le feu sont de huit pour cent dans la seule année 1794. C’est avec regret que nous négligeons les opérations,

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