‹ Histoire d'un regimentChapitre 36 sur 135 · mètres · texte numérisé non relu

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Tout à coup rions entendons des hurlements épouvantables; 4000 hommes à cheval sortaient de leurs retranchements. Leur charge fut un acte de fureur, de rage et de désespoir. Ils attaquèrent Desaix et Itevnier les premiers. Les soldais de ces divisions les attendirent avec assurance, à demi-

portée de fusil, et les accueillirent par un feu de file terrible. La charge eut tant d’impétuosité que la première colonne des mameluks faillit renverser le front de la division Reynier. Mais l’artillerie vomit la mitraille; plusieurs mameluks brûlaient dans leurs vêtements incendiés par les bourres.

Les rangs rompus tourbillonnent, fuient et reviennent à la charge.

Valeur désordonnée, efforts inutiles que brise le courage discipliné de nos soldats. Rebutés, ils se rabattent sur notre aile gauche.

Mais le succès de notre droite encourage Bonaparte. Les mameluks avaient fortifié à la hâte le village d’Embabeh, qui est sur la rive gauche du Nil, et y avaient placé trente canons avec leurs valets et quelques janissaires pour en défendre les approches. Le général ordonne la charge sur ces retranchements. Il est cinq heures du soir.

La 52e formait le front du carré de la division Bon. Notre général ordonne aux lre et 3e divisions de chaque bataillon de se ranger en colonnes d’attaque; les 2e et 4e divisions conservent leur même position,

Plan de la bataille de Chebreiss (13, juillet 1798).

forment toujours le carré qui n’offre plus que trois hommes de hauteur, et s’avancent pour soutenir les colonnes d’attaque.

Celles-ci, malgré une canonnade terrible, s’élancent au pas de charge, précédées de leurs flanqueurs. C’est Rampon qui les commande. Tout à coup les mameluks sortent des ouvrages; iis sont renforcés par ceux qui fuient du champ de bataille. Ils investissent nos pelotons et tentent de nous sabrer. Nos colonnes font halte, font front de tous côtés et les reçoivent, baïonnettes au bout du fusil, par une grêle de balles. L’élan est rompu; les retranchements sont enlevés. Nos soldats ne font pas un prisonnier; ils tuent! Beaucoup de janissaires, voulant s’échapper, se précipitent dans le Nil et y périssent tous.

Ainsi linit cette journée, au désavantage d’un ennemi r] ni croyait nous hacher, et prétendait qu’il est plus facile de couper les têtes de mille Français que de couper une citrouille et un melon.

Nous restions maîtres de leur camp et de plus de quatre cents chameaux chargés de bagages.

Les dépouilles des mameluks sont très riches. Outre un sabre, un poignard, quatre pistolets garnis en argent, ils ont une bourse bien garnie. Nos soldats ont trouvé jusqu’à 200 louis sur plusieurs. Leurs armes, et surtout leurs sabres de Damas, sont très recherchés et se vendent fort cher. J’ai compris comment tout cavalier qui tombe de cheval est perdu, tant leur habillement est pesant. Ils portent un pantalon de drap cramoisi très épais, extrêmement large et montant jusqu’aux épaules; deux robes de soie ou de drap, dont les manches très larges dépassent le bout des doigts, enveloppent, pour ainsi dire, leur corps entier. Ajoutez à cela une cotte de mailles, des bracelets d’airain et leur armement. Parmi les morts, j’ai remarque des figures superbes; l’audace était encore peinte dans leurs traits altérés par les douleurs ou la mort.

L’armée poussa le soir même jusqu’à Giseb, demeure de Mourad-Bey, le premier des mameluks.

À la suite de cette victoire, Dupuy, qui avait déjà été nommé général de brigade en Italie, et qui avait refusé ce grade pour ne pas se séparer de nous, dut accepter sa nomination et le commandement de la place du Caire.

Voici les instructions qu’il reçut de Bonaparte : « Vous prendrez les compagnies de grenadiers de la 52e; vous franchirez le Nil ce soir, et vous profiterez des ténèbres de la nuit pour entrer au Caire. Vous pénétrerez jusqu’au quartier dit des Francs, et vous vous y retrancherez. Darmagnac, le nouveau chef de la 52e, vous accompagnera. »

Infortuné Claude! J’avais quitté mes grenadiers ce même soir pour prendre le commandement du 5e bataillon. Avoir manqué semblable expédition! T’imagines-tu 500 soldats qui vont occuper une ville de 500 000 âmes, séparée de l’armée par un fleuve sans ponts!

Vois-tu cette poignée d’hommes parcourant en bon ordre et sans crainte les rues étroites et silencieuses? Pour éviter que les hommes de la queue de la colonne ne s’égarent, un tambour bat la marche.

Cependant l’obscurité ne permet pas aux négociants français qui guident la colonne de la mener par le chemin le plus direct au quartier où elle devait s’arrêter et passer le reste de la nuit.

Il est une heure du matin. Les soldats sont fatigués par une marche difficile sur le sol inégal, rocailleux et sablonneux des rues du Caire. La

LA 52e ÜEMI-IiltlGADIi.

chaleur et un besoin impérieux de sommeil commandent un repos nécessaire. Le général Dupuy fait enfoncer la porte d’une grande maison, et les grenadiers y entrent pour se reposer et attendre le jour.

Tel fut le premier acte de la prise de possession du Caire.

Cette ville est abominable; les rues y respirent la peste par leurs immondices : le peuple est affreux et abruti. On marche dans le tourbillon d’une poussière suffocante qui s’élève de dessous les pieds. Ue distance en distance, on rencontre des cadavres infects, placés exprès par

les différentes mosquées pour servir de pâture aux innombrables chiens de la paroisse qui, sans cela, risqueraient de mourir enragés. Les Européens ne sauraient les approcher de cent pas sans se boucher le nez; mais les Turcs, qui souvent ne sentent pas trop bon eux-mêmes, n’v font pas attention.

Ni voitures, ni carrosses. Des chevaux richement harnachés pour les mameluks; leurs valets, qui les précèdent armés de longs bâtons, frappent impitoyablement quiconque ne se prosterne pas devant leur maître. Des mules et des ânes sont les montures des prêtres et des dames.

Honneur et prospérité aux ânes du Caire! Grands, forts, vifs et

adroits, ils nous ont rendu les plus grands services. C’est sur un âne

que nos soldats allaient en ordonnance, sur un âne que les Monge, les Berthollet et l’officier courent la ville, et le savant les environs, partout où les appellent leur service et la curiosité. Ils vont toujours au galop, quoiqu’ils aient à porter un homme souvent lourd, et à traîner celui qui les loue et qui se tient à leur queue pour les suivre.

Les chameaux portent tous les fardeaux, ou Ires pleines d’eau et bagages; ils encombrent les rues et répandent une odeur de soufre et de graisse dont ils doivent toujours être frottés.

Les seules maisons des mameluks offrent dans l’intérieur de l’aisance et même de la magnificence.

Dupuy a son quartier général dans le plus beau sérail du Caire, celui de la sultane favorite d’Jbrahim-Bey, Soudan d’Égypte. Il nous disait en riant : « Me croirez-vous? Je respecte, au milieu de ces nymphes, la promesse que j’ai faite à ma bonne amie d’Europe, et j’espère que cela tiendra. »

La 52e, ainsi que les officiers, est logée à la citadelle du Caire. Je n’y suis pas resté longtemps, c’est ce qui t’expliquera que je n’aie pu encore parvenir à me reconnaître dans cette immense cité, plus grande que Paris, mais bien différente.

Le 1er août, le général Rampon a reçu l’ordre d’aller occuper et organiser la petite province d’El-Fiély, située au sud et à deux ou trois

journées <le marche du Caire, sur la rive droite du Nil. Il emmena mon bataillon, quarante hussards à pied du 7e régiment et quatre dragons montés. Deux avisos armés d’artillerie avaient ordre de remonter le Nil et d'appuyer les opérations de notre colonne.

Nous avons pu réquisitionner en route dix-sept chevaux.

Le 5, nous arrivions dans notre capitale. Pas une maison logeable : celle que j’habite avec le général Uampon tremble si fort que je crains,

Plan de la bataille des Pyramides (2 1 juillet 1798).

à chaque instant, de voir le plancher s’écrouler sous mes pas. C’est là que le général a organisé un divan ou administration départementale, d’après les instructions de Bonaparte.

Admire la reconnaissance des Égyptiens pour les bienfaits de notre civilisation : trois jours après notre arrivée, ils se révoltent!

Les cheiks convoqués pour la constitution du divan ont organisé le coup. Ils nous donnent assurance de soumission et de fidélité, et sont exacts à tout fournir pour la troupe.

La veille de la révolte, ils nous avertirent que le lendemain ils avaient une fête générale, et qu’ils feraient des processions dans la campagne. En conséquence, le 9 août au matin, nos gardes virent, sans s’inquiéter d’abord, s’avancer dans la campagne quelques bandes d’habitants à pied et à cheval.

Quand on vit qu’elles étaient en armes, Rampon fit prendre les armes et on marcha à leur rencontre. Il était sept heures du matin. D’autres bandes s’étaient avancées sur les derrières du bourg où était le logement du général, gardé par la compagnie de grenadiers. Le combat s’engagea entre elles et les grenadiers. Le factionnaire est tué à la porte même de la chambre du général; tout le bourg en armes se joint aux insurgés. Nos bagages, qu’on chargeait précipitamment, sont pillés.

Nous étions 400 hommes, mais bien armés, tandis que les paysans, au nombre de 5 000 à 0000, n’avaient la plupart que des bâtons, des lances et quelques fusils ou carabines.

Les grenadiers se rallient au commandement de Rampon, qui se retire sur la rive droite du Nil, où les deux avisos qui nous reliaient avec le Caire étaient mouillés.

Devant les habiles dispositions que nous avions prises, l’ennemi n’ose attaquer. Il nous cerne et tire de loin. Nous manquions presque de cartouches et ne leur répondîmes que faiblement. A dix heures, la colonne ne trouvant pas de vivres dans sa position, marcha en descendant le Nil pour s’en procurer. Les ennemis, qui nous suivaient dans notre marche, s’étaient jetés dans Salhadé. Nous les en chassâmes et mîmes le feu à ce village qui, le premier, avait marché sur El-Fiély. Cet exemple de sévérité fit effet, et, quelques instants après, ces bandes d’insurgés se dispersèrent. Nous bivaquâmes à une heure et demie d’El-Fiély, et nous continuâmes ainsi notre retraite jusqu’à 6 lieues du Caire.

Quelques jours après, nous reçûmes un bataillon de renfort, avec les munitions qui nous manquaient, et l’ordre de reprendre notre première position. Nous y sommes revenus sans obstacle. Tout est rentré dans l’ordre; le divan est installé; l’arbre de la Liberté planté. Mais je n’ai retrouvé ni mon cheval, ni mes effets. Je suis à pied, et n’ai d’autres habits que ceux que j’ai fait faire depuis un mois.

Malgré cet accident, je me porte comme une pyramide. Seule la poussière commence d’affecter mes yeux. En revanche, que de privations morales !

En Italie, du moins, et même en Allemagne, nous causions avec nos hôtes; si l’on ignorait la langue, on s’entendait par signes. Mais

ici, que trouve-t-on? Un peuple abruti, fanatique, ignorant, qui fuit à notre approche comme les loups des Alpes, ou qui répond à toutes nos demandes par ces horribles mots : « Ma fich, je n'en ai pas. » Je crois que ce mot est le fond de la langue arabe, comme, suivant Figaro, fjoddam est le fond de la langue anglaise. Voilà pourtant ce peuple célébré jadis par ses découvertes dans les arts et les sciences les plus sublimes; tel est l’effet de son gouvernement et de sa religion nouvelle.

Mais ne va pas croire que je condamne le plan de notre expédition. L'Egypte, malgré sa misère et sa pauvreté actuelles, peut et doit devenir une admirable colonie pour la France. Outre les richesses de son sol, elle occupe une position géographique merveilleuse; ayant également des ports sur la mer Rouge et la Méditerranée, elle doit devenir l’entrepôt général des marchandises de l’Inde. Quelle source de richesses pour la France! Quelle atteinte funeste au commerce de l’Angleterre! Mais il faudra du temps et des hommes. Je me suis aperçu que ce n’est pas avec des soldats que l’on fonde des colonies, les nôtres surtout. Ils sont terribles dans les combats, terribles après la victoire, sans contredit les plus intrépides soldats du monde, mais peu faits pour les expéditions lointaines1. L’Angleterre est la seule puissance qui ait le génie de la colonisation. Que dis-tu de cette réponse d’un consul anglais à la réclamation d’un bey : « S’il passait ici, devant vous, un chien avec le passeport anglais pendu à son oreille, vous devriez le respecter. » Et on le respecte. On nous craint aussi et on nous respecte; mais cela ne dure pas. Nous manquons de persévérance et d’esprit de suite.

Adieu, le courrier qui part m’oblige de briser là, sans quoi j’aurais encore babillé une heure ou deux. Je t’embrasse ainsi que ton espiègle de frère, et je suis votre ami,

Claude.

P. -S. Puissions-nous, dans un an, réunis au sein de notre patrie, lire dans les journaux les progrès de la civilisation de l’Egypte, en buvant du vin de Curson autour d’une table immense, où nous verrons rassemblées toutes les personnes qui nous sont chères!

1. Ces appréciations sont curieuses et prophétiques; elles méritaient une place ici, bien qu’elles fussent un peu en dehors de notre sujet. Nous avons voulu montrer notre héros tel qu’il était : un esprit fin et distingué.

Malheureusement pour la patrie, le commandant Claude Nugues ne devait -pas revoir la France. 11 repose en cette terre d’Égypte qu’il rêvait française et qui est anglaise aujourd’hui. Il fut tué à la bataille d’Aboukir; il avait vingt-neuf ans. Bonaparte, qui se connaissait en hommes, écrivit à son père une lettre de condoléances.

Nous lui devions dans ce livre une place d’honneur, car il fut grand par le caractère, la pensée et ses qualités précoces de commandement1.

Révolte du Caire (21 octobre 1798). — Le 5e bataillon de la 52e rentra au Caire dans les premiers jours d’octobre, et rejoignit dans la citadelle le reste de la demi-brigade.

Il arrivait pour prendre part à la sanglante répression de la révolte du Caire et venger un chef aimé, le général Dupuy.

Depuis deux mois, -l’armée française occupait la capitale de l’Égypte, et sa population avait paru indifférente et étrangère à toutes les trames ourdies par les agents secrets des beys, des Turcs et des Anglais. Quelques fanatiques ministres des mosquées, prenant prétexte d’une mesure administrative qu’ils présentèrent comme vexatoire, réussirent à égarer toutes les tètes. Ils comptaient sur la faiblesse numérique de la garnison et l’éloignement des différents postes.

Le 21 octobre, à la pointe du jour, des rassemblements se forment dans les divers quartiers du Caire. Le général Dupuy, moins alarmé qu’il n’aurait dû l’être, se contente d’ordonner quelques patrouilles. 11 apprend bientôt le massacre des deux ingénieurs Thévenot et Duval. Alors il donne l’ordre à la 32e de prendre les armes. Mais, emporté par son bouillant courage, il ne veut pas attendre l’arrivée de l’infanterie dont le feu eût été nécessaire pour ébranler, au préalable, la masse qu’il veut charger. Suivi de son aide de camp, le capitaine Maury, du négociant Baudeuf, son interprète, et d’un piquet de dragons, il s’élance. Le premier choc fait reculer les assaillants, mais, dans ces rues étroites, le groupe en retraite ne peut s’écouler. Dupuy est bientôt entouré et couvert de blessures. Un coup de lance l’atteint au-dessous de l’aisselle gauche et lui coupe l’artère. Le capitaine Maury cherche à parer les coups portés à son général ; il est renversé de cheval. Dupuy, quoique blessé à mort, voit le danger de son

1. Le récit de Claude a été complété avec les documents de la correspondance intime de l’armée d’Egypte, interceptée par la croisière anglaise, et les notes prises aux archives du Dépôt de la guerre.

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aide do camp el se baisse pour lui tendre la main et l’aider à se remettre eu selle; ce mouvement fait sortir à gros bouillons le sang de la plaie, el le général tombe évanoui. Les dragons le dégagent, mais ce héros expire entre leurs bras.

La nouvelle de cette mort se répand en un instant dans toute la ville. Le canon d’alarme se fait entendre; le général Bon prend le commandement des troupes qui se rassemblent de toutes parts, et la répression commence, terrible, impitoyable. Elle dura deux jours. Des batteries d’obusiers eiililaient les rues principales. Dans la grande rue, dite du Pet i t- Thouars1, nos grenadiers enfoncent à coups de hache les portes d’une mosquée, chassent dans la rue les rebelles qu’elle renferme, et, à coups de fusil et de baïonnette, les maintiennent sous le feu des canons qui balayent la rue.

Plus de 15 000 insurgés s’étaient réfugiés dans la grande mosquée et refusaient de se rendre. Bonaparte les fait bombarder du haut de la citadelle et cerner par des colonnes d’infanterie qui bouchent toutes les rues. Aux envoyés qui apportent la soumission, Bonaparte répond : k L’heure de la vengeance est sonnée; vous avez commencé, c’est à moi de finir. » Et le massacre continue jusqu’à huit heures du soir. La leçon fut dure, mais profitable. 4 000 cadavres jonchaient les rues de la ville.

Le 4 janvier 1800 parut le décret suivant : « Les Consuls de la République, considérant que le chef de brigade Dupuy, mort les armes à la main, au Caire, a commandé pendant cinq campagnes la 52e demi-brigade qui, dans chaque bataille où elle adonné, a décidé la victoire par sa bravoure, arrêtent ce qui suit : le Ministre de l’Intérieur fera élever une des colonnes de granit, qui ont été apportées de la Grèce, au milieu de la grande place de la commune de Toulouse, lieu de la naissance du chef de brigade Dupuy. La colonne portera cette inscription : « A Dupuy et aux braves de la 52e demi-brigade morts au champ d'honneur. »

Occupation de Suez. — 11 restait à reconnaître et à occuper un poste essentiel encore inconnu de l’armée. C’était le port de Suez, à la pointe de la mer Rouge. Un désert d’environ trente lieues le séparait du Caire. Une colonne dont fait partie la 52e est mise en route le 1er décembre. Le général Bon et Eugène de Beau harnais, aide de camp de Bonaparte, conduisent les troupes et occupent la ville, après quatre jours d’une marche très pénible. Bonaparte vint visiter le poste avec les principaux ingénieurs

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