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LA 5‘i0 DEMI-BRIGADE
l’argent peuvent payer un remplaçant. C’est très bien en temps de paix, mais je n’aimerais guère céder mon tour de feu à prix d’or.
Je fus bientôt l’orgueil du sergent Besson, qui me disait : « Tu as de
« Tu as de l’honneur, tu as des principes, tu seras un héros!... peut-être. » (D’api’ès une lithographie de Raffet.)
l’honneur, tu as des principes, tu seras un héros!... peut-être. » C’était un habile instructeur. Nul ne savait mieux que lui mettre un soldat au port d’armes et faire décomposer le pas oblique en maintenant la carrure
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des épaules, chose fort essentielle dans ce cas. D’un naturel doux, il ne permettait pas à sa bouche pudibonde ces expressions grossières, ces jurements de corps de garde que ses pareils employaient toujours. Lorsqu’il était bien en colère, il appelait ses recrues des candidats : « Voyez donc ces candidats, ils sont mous comme des chiffes; ils manœuvrent comme des couturières qui ont mangé des choux. »
En résumé, j’étais parfaitement heureux. J’ai calculé que bien des rentiers ne vivent pas à leur aise, et surtout sans soucis, comme le soldat. Est-il malade, ses médecins ordinaires, ses chirurgiens en habit brodé se font un plaisir de le soigner pour rien; l’apothicaire fournit gratis l’émétique et le quinquina; les sangsues arrivent à grands frais de la Hongrie et lui prodiguent leurs piqûres bienfaisantes. Et puis, pardessus tous ces avantages, comptez encore les béatitudes du sou de poche. Nouveau Juif-Errant, le soldat trouve perpétuellement le sou de poche au fond de son gousset.
Camp de Montreuil, 25 septembre 1804.
Par arrêté des Consuls du 24 septembre 1805, la dénomination de demi-brigade est supprimée et celle de colonel rétablie.
Le Régiment comprend toujours trois bataillons. Deux sont ici avec le colonel Darricau. L’effectif de chaque bataillon a été complété à 800 hommes. Le 5e bataillon, sous les ordres de notre major1, M. Chasséraux, est resté à Paris. Avant de partir de Saint-Denis, le colonel m’a nommé caporal à la même compagnie. Je suis enchanté à l’idée de faire campagne avec des officiers que je connais. Un nouvel adjudant-major est nommé à mon bataillon; c’est le lieutenant Yigo-Roussillon. Il est des vieux de la 52e; c’est un volontaire de l’Hérault, engagé en 1792. Il a trente ans et dix campagnes.
Nous faisons partie de l’armée des Côtes de l’Océan. C’est le maréchal Ney qui commande le camp. Il a trente-cinq ans; c’est le fils d’un tonnelier. Les généraux, dit-on, ont très peur de lui, car il est très violent. Mais il est bon et toujours juste, quand il n’est pas en colère. Le 52e forme la brigade Marchand avec le 96e, et appartient à la lre division commandée parle général Dupont.
Notre camp devrait s’appeler le camp d’Étaples, car nos baraques sont près de cette petite ville, sur la rive droite de la Canche, à 12 kilo-