‹ Histoire d'un regimentChapitre 66 sur 135 · PRISONNIERS DE GUERRE · texte numérisé non relu

PRISONNIERS DE GUERRE

Officiers

Troupe

Officiers

Troupe

LA 52e DEMI-BRIGADE.

sans nombre, marcher droit à ces ennemis, les battre le jour, s’avancer la nuit, triompher de tous l’un après l’autre, remplaçant la force par l’audace, le nombre par le génie du chef et le dévouement des soldats, ils ont tout oublié, ils lui sont revenus, trop tard sans doute pour empêcher sa chute, mais à temps pour l’entourer d’une popularité qui ne périra plus, pour en faire un dieu, le dieu des bonnes gens, soit; mais, en tout cas, le dieu des braves!

« La popularité de Napoléon, ce n’est ni le Consulat prospère, ni les grandeurs de l’Empire qui l’ont faite, c’est. 1814, c’est la défense du sol envahi. Ils ont besoin d’aimer, les humbles, ils ont besoin d’admirer1 2! »

Le bataillon du 52e a pour chef le commandant Gérard, âgé de vingthuit ans, officier de la Légion d’Honneur. A cette époque, les années comptaient double, et les hommes de trente ans étaient presque des vieillards. L’adjudant-major, le lieutenant Bonsirvin, a quarante ans et vingt et une campagnes. Un lieutenant, M. Boissièrc, était chirurgien aide-major en 1815. Sur sa demande, il passe lieutenant dans une compagnie, le 26 décembre 1815L Napoléon a dû ramener l’effectif des bataillons à 400 hommes environ. Ces conscrits de vingt ans « fondent comme neige3 » dans ces marches forcées, au feu de ces bivouacs continuels, dans ces combats de chaque jour. Deux hommes sur trois en moyenne étaient habillés; l’uniforme ne consistait plus qu’en une capote grise et un bonnet de police de forme féminine, d’où le nom qu’on donnait à ces braves jeunes gens : les « Marie-Louise ». Chose autrement grave, un homme sur deux était armé. Napoléon les armera sur le champ de bataille avec les fusils de l’ennemi. La plupart des pelotons étaient sans officiers et sous-officiers, et pourtant ces jeunes levées de 1814 et de 1815 sont, en tous points, dignes de leurs aînées.

Sous les ordres du maréchal de Bellune4, puis du comte Gérard, ils luttent à Nogent, Montereau et Nangis. Le commandant Gérard y est blessé d’un coup de biscaïen au bas-ventre, mais il reste à la tête de son bataillon. Après ces victoires, Napoléon put dire : « Mon cœur est soulagé, je viens de sauver la capitale de mon Empire ». Mais au prix de quelles fatigues et de quelles pertes!

Un officier, envoyé au quartier général pour prendre les ordres du

1. Lettres d’un jeune officier à sa mère (1805-1814), par II. Faré.

2. Il fut décoré, le 25 février 1814, pour sa brillante conduite au combat de Nogent.

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