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Discours du général Ricard

2. Il existait, dans la masse delà nation, une profonde antipathie pour la conscription

LA 32e DEMI-BRIGADE.

à 240 000 hommes, par des levées annuelles qui ne pouvaient dépasser 40 000 hommes. Le contingent était formé au moyen d’un tirage au sort

Drapeau de la Légion du Pas-de-Calais.

entre les jeunes gens de vingt ans; le minimum de la taille était de lm. 57. Les engagements devaient être gratuits, les primes étaient proscrites, et les rengagements ne donnaient droit qu’à une haute paye. Le remplacement était autorisé sans intervention administrative, sauf pour constater

HISTOIRE h’UN RÉGIMENT.

l’aptilude du remplaçant; le remplacé restait responsable pendant un an pour le cas de désertion. La durée du service était de six ans.

« .... Le titre IV instituait les vétérans, réunissait, sous ce nom, les sous-officiers et soldats libérés, et leur imposait, eu temps de guerre, uu service territorial de six ans; même en cas de guerre, il fallait une loi pour qu’ils fussent requis de marcher hors de la division militaire*. » « Le titre VI de la loi était consacré à l’avancement, et posait des règles fort équitables. Nul ne pouvait être officier, s’il n’avait passé dans les rangs un temps suffisant, ou traversé l’épreuve des écoles militaires, ouvertes seulement au concours; un tiers des sous-lieutenances était réservé aux sous-officiers des corps : pour les promotions aux autres grades, une limite était posée au favoritisme par la part faite aux droits de l’ancienneté.

« La Restauration, après la violente réaction des premiers jours, malgré quelques retours fâcheux et de regrettables exceptions, se montra généralement équitable dans la distribution des emplois militaires; mais elle ne put échapper à tous les embarras. Les grandes promotions de 1809 et de 1815, le retour des émigrés, les fournées de sous-lieutenants qui avaient rempli la Maison rouge de 1814, chargeaient les cadres d’un poids assez lourd : il existait un véritable encombrement. Le contre-coup s’en faisait ressentir encore après la Révolution de Juillet, et ce n’est qu’au bout de vingt ou de vingt-cinq ans que la France put recueillir tous les avantages de la loi de 1818 et des ordonnances subséquentes1 2. »

Le général de la Motte-Rouge écrit dans ses Mémoires : « L’historique des caractères est l’historique même des régiments qui ont eu pour origine, en 1816, l’organisation en légions départementales, et sont, par leur composition, la transition la plus vraie des armées de la République et du Premier Empire aux armées actuelles.

« Ces types ont marqué jusqu’en 1850. Passé cette époque, ils ont disparu. Tout ce que cette Révolution ramena dans les rangs de vieux cadres laissés par la Restauration dans leurs foyers, était usé et ne valait rien. » Nous allons esquisser quelques silhouettes d’officiers et sous-officiers de la Légion du Pas-de-Calais.

Le colonel, vicomte du Tertre, est né le 24 février 1774. Ancien page de S. A. R. Madame, en 1788, il a servi dans la brigade hollandaise de 1795 à 1802; il compte neuf campagnes contre la France et trois blessures.

1. D’après les Institutions militaires de la France. (Duc d’Aumale.)

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