Institutions militaires de la France. (Duc d’Aumale
J1 est chevalier de Saint-Louis, et chevalier de l’ordre royal de la Légion d’Honneur'.
Le lieutenant-colonel avait fait les guerres de la République et de l’Empire. 11 avait quarante-sept ans. C’était sur lui que roulait le service. Il était du petit nombre des officiers de ce temps qui étaient décorés de l’ordre de la Couronne-de-Fer, fondé à Milan par Napoléon, ordre dont il était extrêmement avare.
Les trois chefs de bataillon avaient quarante-sept, quarante-cinq et trente-deux ans. Le premier était un vieux soldat que ses campagnes avaient amené à ce grade. Il avait la direction de l’instruction. Le plus jeune était sorti de l’École militaire en 1806.
Le major, vieux soldat d’Austerlitz et de Wagram, avait quarante et un ans. Les capitaines avaient quarante ans en moyenne. Le plus âgé avait cinquante ans, et le plus jeune vingt-sept. Tous ces hommes, plus vieux par les services que par l’âge, représentaient fidèlement l’esprit des corps dans lesquels ils avaient servi. Réquisitionnâmes, engagés volontaires ou appelés par le sort, ils étaient tous la preuve que, pendant la longue période de la tourmente révolutionnaire, l’honneur français s’était réfugié dans les camps.
Ceux qui, sous la République, avaient fait partie des armées du Nord, de Sambre-et-Meuse, de Rhin-et-Moselle, du Rhin, sous Pichegru, Custine, Jourdan, Moreau, étaient aussi fiers, aussi glorieux de leurs campagnes que ceux qui, sous Bonaparte, avaient fait les campagnes d’Italie, d’Égypte et de Marengo. Pour les premiers, Moreau, le rival de Bonaparte, était le premier général de la République. Les seconds exaltaient le génie du vainqueur de Lodi, d’Arcole, du Caire, des Pyramides.
Tous avaient un langage simple, familier, naïf, très peu orné, souvent heurté, avec des liaisons impossibles. Ils cumulaient dans leurs compagnies les emplois de capitaine, de sergent-major et de caporal d’ordinaire. Il ne se passait pas de jour qu’ils n’allassent visiter les soldats dans leur chambrée, et là, assis sur un lit, ils faisaient des récits de guerre. Droits, loyaux, honnêtes, ils étaient des modèles de tenue et de simplicité militaire en même temps.
1. D’après le 5e paragraphe de l’art. 32 delà loi du 11 avril 1851, les années de service et les campagnes dans les armées des États en guerre contre la France ne furent pas comptées pour la pension de retraite.
Conformément à la décision du 6 juillet 1851, on déduisit aussi le service fait hors de l’armée nationale, après le 20 mars et jusqu’au 8 juillet 1815. Le vicomte du Tertre avait fait partie de l’armée royale en Belgique (1815).
Sur 24 lieutenants, 8 seulement avaient au-dessous de vingt-cinq ans. Le chef de calotte du grade avait cinquante ans. La moyenne d'âge des sous-lieulenants était de vingt-cinq ans. Le plus jeune avait dix-neuf ans. L’un d’eux, Agé de trente-huit ans, avait servi la France «le 1793 à 1801; blessé deux fois, il avait été licencié comme sergent. Il entra au service de l’Autriche en mars 1801, et revint le 24 décembre 1813, avec l’armée autrichienne; il portait les cicatrices de trois blessures faites par une arme française.
Sur les contrôles ouverts le 10 novembre 1813 jusqu’au 18 juin 1821, nous avons relevé 39 sous-officiers, 9 caporaux, 27 soldats rengagés, et 9 chevaliers de la Légion d’IIonneur. Quant aux soldats, 5 pour 100 environ avaient fait campagne. Chacun, à cette époque, avait, pour son régiment, cette susceptibilité d’amour-propre, d’honneur, qui en faisait toujours le premier régiment de l’armée et ne permettait pas qu’on en doutât. Le soldat fréquentait beaucoup les salles d’armes, n’entendait pas raillerie sur le point d’honneur, et ne permettait pas qu’on enfreignit les usages reçus. Ainsi, si au cabaret on vous versait du vin de côté, en renversant la main la paume en dessus, c’était considéré comme une insulte, et il fallait aller sur le terrain. Telle était à peu près la physionomie du Régiment au début de la campagne d’Espagne.
Il nous reste à décrire l’uniforme de la Légion dont les trois bataillons, à huit compagnies chaque, sont à Metz en 1820.
Habit blanc, collet bleu céleste et passepoil blanc, revers, parements et pattes de parements bleu céleste, boutons jaunes ; pantalon blanc ; shako de feutre noir, avec plaque aux armes de France, portant le numéro en jaune. Les ornements et galons de distinction pour les officiers et sous-officiers sont de la couleur du bouton.
Le 5e bataillon est un bataillon de chasseurs. L’uniforme se compose d’un habit de chasse vert, boutonné sur la poitrine, avec collet et passepoil bleu céleste; épaulettes en laine verte; pantalon vert; le shako porte un cor de chasse dans l’écusson.
52e RÉGIMENT d’infanterie DE LIGNE (23 OCTOBRE 1820.)
Par ordonnance royale du 23 octobre 1820, la Légion du Pas-de-Calais a été organisée à trois bataillons, sous le titre de 52e régiment.
Le 5e bataillon a été formé d’un tiers du 1er et d’un tiers du 2e.
LA 32e DEMI-BRIGADE.
Le bataillon de chasseurs a été versé par tiers dans les trois autres.
Le Régiment a reçu un nouveau drapeau peu différent des anciens, et portant la désignation du Régiment. Les drapeaux de bataillon sont supprimés et remplacés par des fanions dont la décision ministérielle du 1er mai 1826 fixe les couleurs : 1er bataillon, écarlate1 2; 2e, blanc; 5e, miblanc, mi-écarlate.
Les régiments d’infanterie ayant été augmentés d’un bataillon, le 18 septembre 1850, le fanion de ce bataillon fut : mi-garance, mi-bleu, la garance à la partie supérieure.
L’habit bleu de roi était le nouveau vêtement adopté pour toute l’armée. Il boutonnait droit sur la poitrine et avait : passepoil écarlate le long des devants, collet écarlate et passepoil bleu de roi, parements bleu de roi et passepoil écarlate; retroussis bleu de roi, passepoil et ornements écarlate; les boutons étaient jaunes avec le numéro du Régiment. Le pantalon bleu de roi, avec passepoil écarlate, était large. Le shako de feutre noir portait une plaque jaune aux armes de France avec le numéro du Régiment. Une décision royale d’août 1 822 fixe la couleur garance, comme distinctive du 52e2.
Au début de 1821, le Régiment est encore à Metz. Le 1er novembre de la même année, 19 compagnies sont détachées sur la frontière en cordon sanitaire. L’état-major et les autres compagnies sont à Perpignan.
Campagne d’Espagne.
Le 18 avril 1825, le Régiment fait partie de la 5e brigade (baron Vasserot), de la 5e division (comte Curial), du 4e corps (maréchal duc de Conegliano). L’effectif des 5 bataillons de guerre est de : 65 officiers-