‹ Histoire d'un regimentChapitre 8 sur 135 · La Confession cl'un enfant du siècle. (Alfred de Musset · texte numérisé non relu

La Confession cl'un enfant du siècle. (Alfred de Musset

INTRODUCTION

nos ruines, toujours honoré, relevant, comme une promesse, les courages; abattus dans un jour de détresse, cl jalonnant la route du devoir devant les générations qui se succédèrent à son ombre. »

La cravate de notre drapeau, pieusement dérobée par le colonel Merle; est dans notre salle d’Ilonneur, colique sacrée, objet d’orgueil et d’espérance.

Sixième Période. — La jeune Armée.

À la jeune armée, la nôtre, la seule que nous ayons connue, celle qui s’ignore elle-même, celle qui n’a pas le droit de se mépriser, nous consacrerons quelques pages.

Notre grand crime, dit-on, c’est notre jeunesse. Mais quel âge avaient donc les soldats d’Italie, d’Égypte, de 1815 et de 1814, ceux dont Napoléon disait : « Mes jeunes soldats, l’honneur leur sort par tous les pores! »

Combien restait-il de vétérans après la campagne de Russie? N’est-cc pas avec des conscrits, presque avec des enfants, disait M. de Metternich, que furent gagnées les batailles de Lutzen, de Bautzen et de Dresde?

Nous n’avons plus l’expérience de la guerre, gémissent quelques esprits chagrins. Ils semblent oublier qu’en 1792 l’ennemi était à trente lieues de Paris, et que la paix fut conclue à trente lieues de Vienne. N’est-ce pas après quinze ans de paix que nos régiments ont conquis l’Algérie et produit les Blandan et les défenseurs de Sidi-Brahim? La Prusse est restée en paix de 1815 à 1864: Sadowa et Sedan ont fait ses rois empereurs d’Allemagne.

Plus près de nous encore, notre colonie du Tonkin n’a-t-elle pas permis à ces soldats qui s’appelaient Rivière, Dominé, Bobillot, Normand, et à tant d’autres héros obscurs qu’enfante, sans se lasser, notre pays, d’affirmer l’inépuisable valeur de notre race?

INTRODUCTION

Haut les cœurs! nous avons été et devons rester la première nation militaire du monde.

Mais, puisque les temps ont changé, restons sur le qui-vive, debout, l’arme au pied, calmes et résolus, soldats d’un peuple qui ne veut point conquérir, mais qui saurait se défendre.

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