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LES SIX DERNIÈRES ANNEES DE COLLABORATION

Cette lettre, pour ainsi dire imposée, faisait le plus grand honneur au désintéressement de Maquet et le plus grand tort à sa clairvoyance.

Les raisons d'intérêt invoquées par Dumas visà-vis des journaux étaient destinées à disparaître, le collaborateur masqué étant découvert.

N'importe, Maquet devait attendre du temps ce qu'il avait espéré d'un mouvement spontané de Dumas. Jusque-là, pour les premières œuvres de la collaboration, les plus belles, l'anonymat serait maintenu.

Trois semaines après sa lettre du 4 mars i845,

MaqueL dut liypothéquer l'avenir en acceptant l'anonymat pour les œuvres à paraître.

Voici, en effet, les nouvelles conventions que Maquet précise dans une note du 25 mars i845 :

25 mars i845.

Il a été convenu entre Dumas et moi rue Joubert, dans son cabinet :

Qu'il me reviendrait douze cents francs pour six mille lignes publiées sous son nom dans un journal et résultant de noire collaboration, soit 20 centimes par ligne de feuilleton ordinaire ;

Que moitié de la somme me serait payée à la livraison au journal, moitié lors de la publication en volume ;

Que par chaque nouvelle édition quelconque de ces ouvrages faits en collaboration, j'aurais droit à •200 francs par volume in-8" ordinaire comme les nôtres des Mousquetaires ou de La Fille du Régent ou de Margot.

Que je fournirais le tiers des lettres à peu près, soit 25o de mes pages de i4 à i5 lignes, par six mille lignes de feuilleton. »

C'est en vertu de ces conventions que furent publiés pendant les six dernières années de col-

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laboration : Joseph Balsamo, Le Bâtard^ de Mauléon, Monte-Cristo, Le Collier de la Reine, Le Vicomte de Bragelonne, Ange Pitou, Olympe de C lèves, La Tulipe noire. Ingénue.

Maquet devait fournir le tiers des lettres. Ahl il ne se renfermait guère dans les limites du contrat, il les dépassait, donnant bien au delà, ainsi qu'on le verra plus loin dans la correspondance.

Pendant ces six années, de i845 à i85i, Maquet se livre à un effort colossal et anonyme. 11 devait être rétribué et c'est tout. Gloire? Point. Arguent? Peut-être.

Les nouvelles conventions, qui semblaient devoir laisser à Maquet plus de liberté que les anciennes, entraînent les mêmes exigences. Dumas ne cesse de réclamer de la copie, et quelle copie 1 Ahl ce n'est pas de la préparation, comme on l'a affirmé, mais bien un grand luxe de récits et d'inventions.

Témoin ces billets de Dumas :

Avec vos soixante-deux pages, j'en ai fait vingt-cinq.

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mais me voilà comme Bilboquet, manquant de tout.

Songez qu'il nous faut encore faire deux volumes, Monte-Cristo, et un volume espagnol, ce mois-ci.

Qu'allcz-vous faire après la scène de Fernand ?

Ne craignez rien, il n'y a pas de longueurs.

Faites dans tous ses détails la scène du premier assaut, de l'arrivée du légat, etc.

Vite, vite, cher ami, envoyez-moi tout cela : il faut, ce mois-ci, faire des choses impossibles.

Du Bâtard, du Bâtard, du Bâtard. La semaine ne se passera point sans une combinaison financière.

Plus rien que du Balsamo, je vous prie, nous sommes rejoints.

En effet, la Presse réclamait de la copie; mais les deux collaborateurs étaient écrasés de travail; Dumas avait si^né tant de traités, pris tant d'engagements, qu'il ne savait plus à quel saint se vouer, et Maquet était débordé.

Par grâce, de la copie, écrivait-il à Maquet; nous voilà rejoints par la Presse; ne pouvons-nous tous les

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jours faire trente-cinq pages de Balsamo et trentecinq pages de Bragelonne ?

Emile de Girardin s'impatiente, il lui faut le feuilleton pour la Presse.

Nefï'tzer écrit à Dumas :

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