L ASSIEGEANT SE LOGE DANS LA BARBACANE
que l’ennemi eût pu occuper l’ouvrage. Il n’en resta pas moins installé autour de la barbacane, se mettant à couvert derrière des fascines et des mantelets, et accumulant contre ses murs des troncs d’arbres, des mottes de gazon, des paillasses prises dans les maisons isolées, pendant qu’un trébuchet ne cessait d’envoyer des pierres sur le terreplein de la défense. Les assiégés l’avaient abandonnée dès le milieu de la nuit et avaient fait tomber le pont donnant entrée dans la baille.
Au lever du soleil (26 mai), les Bourguignons purent donc franchir sans résistance les murs de la barbacane ; mais ils se trouvaient exposés directement aux projectiles lancés des défenses de la baille garnies de hourds. Ce ne fut pas sans perdre du monde que l’assiégeant put se loger dans cette barbacane, dont il fit tomber un grand pan de mur.
Puis, après avoir déblayé la brèche, il se mit en devoir de faire avancer un chat qui avait été charpenté à l’avance, hors de portée de trait, à quelque distance de la contrevallation, pendant qu'on élevait deux terrasses extérieurement aux murs de la barbacane et s’appuyant sur ceux-ci (fig. 41 ).
Les Bourguignons ne pouvaient entreprendre une nouvelle attaque avant d’avoir complété ces ouvrages. Le baron Guy voulut employer utilement ce répit. Derrière la courtine de gauche de la porte de la baille, il fît établir sur une plate-forme de charpente les deux trébuchets qui lui restaient, puis réunir par une bonne palissade avec fossé l’angle de la chapelle à l’angle du batiment D des écuries1. Les trébuchets étaient montés en dedans de cette palissade formant retranchement intérieur. Les bois des hourds furent bien mouillés et enduits, autant que le tir de l’ennemi le permettait, de terre détrempée. La précaution