‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 10 sur 48 · Voir fij. Ifi · texte numérisé non relu

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II1ST0II1E D'UNE FOItTEHESSE. [07

gés n'avaient pas eu plus de vingt hommes mis hors de combat. Ce début mit la joie dans la cité, et ceux qui, du haut des remparts, voyaient leurs maisons en flammes, prenaient leur mal en patience, en songeant à la vengeance qui leur semblait promise.

En homme de guerre consommé, Clodoald ne voulut pas laisser refroidir cette ardeur. Dès le matin qui suivit cette nuit funeste aux Francs, il forma deux corps de deux mille liKimio chacun, bien armés d'aucuns, de francisques et de scamasjXiS car alurs dans toute la Gaule ces amies étaient communes aux Francs, aux Gaulois et aux Huiirguignous, à quelques variâmes près!. 11 prescrivit à cinq cents hommes environ de sortir par la porte Est de

mine de vouloir traverser la riv ière en aval du pont de pierre de la vallée, au mol en de barque.- légères et que quatre hommes pouvaient porter sur leurs épaules. (Les barques avaient été mises eu réserve dan- la place d'armes. En même temps, une des deux troupes se masserait dans l'avancée du Nord qui n'avait pas encore été attaquée, et ferait une vigoureuse sortie. Lui, Clodoald, avec un millier d'hommes, franchirait la porte de l'Est Je la cité, langerait les remparts, l'avancée, viendrait soutenir l'attaque et prendre l'ennemi en liane. Les cinq cents hommes munis de barques devaient se contenter de simuler un passage sans l'effectuer, de manière cependant à attirer les Francs sur ce point; alors la seconde troupe franchirait la grande tète de pont et agirait suivant l'occurrence, soit en atta-

contenant les Francs venant de la ville basse. Un millier d'hommes devait couper la troupe qui se serait rendue sur les bords de la rivière, la tailler en pièces et la noyer.

r. Voir le plu, lij. 16.

troupes Ciinipcus au NurJ; taniaire, du cnrps campé à l'Ouest dons la ville basse. Un pont de radeaux avait été établi dès le matin à cinq cents pas en amont de l'île de Siible, pour mettre les deux corps en communication.

rapports qui leur allient été laits, que CionJoninr avait été tué, que ses meilleurs soldais composaient ]:> garnison d'Autun, et que les autres villes fortes ne seraient défendues, si elles l'étaient, que par des yens inexpérimentés. L'événement de la nuit précédente leur donnait à pen-

pontparun vigourc l'avancée du Nord.

Les Francs, plus encore que 1

es Gaulois, ont l'esprit

porté à prendre pour vrai ce qu' rois se persuadaient que la gar

ils désirent; or, les deux nison enfermée dans la

cité était peu nombreuse et que c

.-. deux attaque-; -invaka-

nées la déconcerteraient. Les ch

qu'on vint prévenir les clicfs fran

Cs que la ligne d'inves-

tissement du Nord était attaquée.

Quand nous dis-. 'ils lijr.e d'i;ive^i's;:n,-nt, il ne faudrait

pas croire que ce fut là une dispo:

■ition ayant une coir.p'ète

analogie avec ce qui se pratique

de nos jours. Cette ligne

se composait d'une troupe d'un

millier d'hommes assez

confusément groupés derrière un abatis d'arbres et de liiTiussiilles, à quatre cents pas du saillant du Nord. Puis, un second corps, composé en grande partie de cavalerie,

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première ligne et manquait le campement de Childebcrt, entouré du gros d e ses troupes.

A kl première alevin, les deuï rois montèrent à cheval, et entraînant tout d'abord les hommes prêts à combattre, ils se hâtèrent d'arriver sur le lieu de l'action. La cavalerie de la seconde ligne si; précipitait en même temps au secours de la première ligne, se divisant en deux troupes pour attaquer l'ennemi sur ses flancs.

Remis de la première surprise, les Francs, quelque peu protégés par les abatis, soutenaient l'attaque et ne reculaient pus. On en éui( venu à cninb;mre corps à corps;

francs, qui à lai" t''iir se jelèrenl sur le-- deux ailes il- l\u> taque. Force fut aux Bourguignons de reculer et de profiter des barricades de branchages et de broussailles pour ne pas se laisser déborder. Ils n'auraient pu toute!" és tenir là longtemps, quand arriva (HoJeiaU sur !e 11, nu: gauche de l'ennemi. Celui-ci fut alors pris de panique, caria troupe

l'instar des Homains, par pelotons en échelons. Je manière à ne pas permettre à la cavalerie de déborder son aile droite. La gauche des Francs lâcha pied et successivement toute la !i«ue. Ah: ~ le- l!ouiLU:ie,!io:is s'éia:icè:'ei'.t à leur poursuite ; mais Clodoald, prenant la tète, fit arrêter sur place tout son monde, non sans peine.

l'arniécdcCliildebert. Celui-ci, plein de colère, leur reprochant leur lâcheté, les força de rebrousser chemin, et une dizaine de mille hommes se préfeiucrcm bientôt à la vue de; Bourguignons à travers les bois. La retraite était commandée et se fit en bon ordre, non point en rentrant par l'avancée, mais en longeant le front Est, sous la protection des remparts. L'irritation de Childebert était (elle qu'il

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envoya aussitôt un millier d'hommes pour s'emparer de l'avancée, pensar.i qu'elle Mirai: faiblement gardée, puisque les de faiseurs étaient dehors; mais l'attaque était prévue,

pa-sai;e Je la rincte pour les déborder sur leur droite avaient enVi>vé e:i lace .les !'■ >u:-L;i!i!;:io;i~ un mil! le:' d'hom-

puyée à la tète du pont, il avait envoyé au pas de course l'autre inoilié contre les troupes des l'ïar.cs parties pnur s'opposer au passasse.

Cette troupe, prise à revers et criblée par les traits que lui envoyaient en face les liuur^ui^no:!? montés dans leurs bateaux, se débanda, fuyant comme elle put. Les Francs resrés dans la \ ille basse, apprenant à ce moment que l'armée de ChilJcbert était allaqtiée au Nord, ne savaient s'ils devaient se diriger vers le Sud pour soutenir la troupe détachée en aval sur la rive droite, ou se porter au pont de radeaux pour prêter la main à l'armée de Childebert. Cette indécision fut cause que l'attaque contre les Bourguignons placés en equerre prés de la grande tête du pont fut molle et permit aux deux mille hommes c. imposant cette sortie de rentrer sans avoir fait de pertes sérieuses. I,a sortie du Nord fut plus éprouvée: elle avait lais.sé dans les bnis plus de deux cents morts et etla ramenait autant de blessés.

Les I-'rancs, dans ces deux combats, avaient perdu plus de six cents hommes sans compter les blessés. Loin de se livrer au découragement cependant, chefs et soldats étaient

pleins de rage, croyant prendre la cité en quelques jours et n'avoir devant eu* qu'une garnison toute disposée a capituler, tant ils supposaient que la prise d'Aucun avait altéré les Bourguignons; en vingt-quatre heures, ils avaient

lieu, on résolut Lie s'emparer Je la grande tére de pont. Il ne resterait plus dora à l'assiégé que le val du ruisseau pour communiquer avec les dehors; niais ce val était peu praticable, couvert de marais et île fond ri ères, les gens de la cité ne pourraient rien tenter de ce côté. Des secours du dehors? on ne croyait pas qu'ils en pussent attendre ; en tout cas, pinir empêcher l'assiégé Je sortir par la porte de l'Est, on établirait devant elle un ouvrage bien gardé; puis, pour qu'il ne pût se pourvoir de vivres, on dévasterait le pays sur la rive gauche de la rivière. Quant â -l'aqueduc, il fut découvert et coupé.

Cela décidé, les assiégeants se mirent à l'œuvre, sans perdre de temps. Mais Clodoald, qui avait assisté il plus d'un siéiic, pavait par- expérience qu'une garnison n'ayant point a compter sur une armée de secours du dehors, ne dispose que d'un moyen de salut, savoir : de ne laisser à l'assiégeant nul répit, surtout au commencement d'un in-

nt, quand l'ennemi n'a pas pu encore compléter es et serrer la place de près. Sans savoir exaetcu'allait tenter l'armée des Francs, il connaissait

d'Autun. Clodoald divisa donc ses troupes en huit corps. L'enceinte ' étant défendue par quarante-quatre tours, il fallait donc pour les garder onze cent quatre-vingts hommes, en comptant vingt-cinq hommes pour chacune des trente-sis tours de cette enceinte, et trente-cinq hommes pour chacune des huit tours des portes ou Boteante-dii

poste d'une tour était chargé de la garde de la courtine voisine. 11 fallait pour garder l'avancée du Nord, deux cents hommes ; pou:' a\tr Jet' la place d'armes du Sud el les têtes de pont, cinq cents hommes; pour tenir garnison du ils le réduit (casieilum.' cent hommes-, pour surveiller le rem-

le's bords île celle-ci, six cents hommes. Total pour la garde ordinaire des défenses, deux mille cinq cent quatrevingts linmmes. 11 disxibea ce premier corps de manière que le-: meilleurs suldat* fussent placés dans la place d'armes, les tel es île pnnt, cl i!a;;s l'av.ucéo du NmJ, ainsi que sur le front de ce cùtc. Clodoald composa un second corps

pour être porté au besoin sur un ou plusieurs des points ■ attaqués. Il lui l'est ail environ six mille hommes dont il lit six cm'ps de mille li.enmj-i chacun, distribués ainsi : deux

deux dans le voisinage de la porte du Nord, et deux dans le voisinage de la porte de F Est. Ces six corps devaient être

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