IÎ2 HISTOIRE D'UNE FORTERESSE
ordres de Secondin, et aussitôt, celui-ci les mit il l'œuvre, en leur promenant une large part du butin, lorsque la cite serait prise.
On a vu que le saillant du Nord clait reste au pouvoir des Francs. Secondin fit élever sur ce point un agger devant la porte de la cilé, puis, sur le penchant du plateau, un autre j^er en ficc et sur la contrescarpe du fossé de la muraille rampante (fig. 27). La crfte de ces ouvrages
h '.f.tt-i^iLait pas le niveau de- chemins de ronde des murs de la cité, mais avait cependant assez, de relief pour permettre d'envoyer de grosses pierres sur les crénelagcs au moyen d'onagres, et d'en rendre l'occupation périlleuse. Cela était fait surtout pour occuper l'assiégé. A l'abri de ces deu* terrassements, Secondin fit commencer deux trous de mine, l'un au point A, l'autre au point B, lesquels dirigés sous le fond des fos~é> secs, devaient arriver jusque
sous les murs. Clodoald, assez grièvement blessé, avait été forcé de confier la surveillance de la défense à ses lieutenants qui lui rendaient compte des travaux des assiégeants et croyaient que les Francs allaient, sur les deux terrasses, élever des ouvrages i caïu-peute pour doi; jiiii;:- !es murailles, détruire les crénelâmes et jeter des ponts. Rien ne faisait supposer cependant que telle fut l'intention des Francs qui se boi n ;! iLtH à liarnir ies ten'a-sement- Je mantclets pour garantir leurs machines. Celte inactivité apparenle ne laissait pasque d'inquiéter Clo(ioa!d,qui savait, par ses espions, que les assiégeants avaient reçu des renforts; il n'osait, ne pouvant diriger de nouvelles sorties, en ordonner à ses lieutenant, et se contentait Je recommander la surveillance la plus minutieuse. Se fiant d'ailleurs à la solidité des murs romains et à l'assiette rocheuse du plateau, il ne croyait guère à l'efficacité des mines ; toutefois, prévoyant cette éventualité, il ordonna que l'on mît des hommes sûrs au* écoules Jaus les étapes inférieurs des tours et à la base des murailles, en face le front d'attaque; puis il fit dresser des plate-formes en arrière du rempart pour recevoir six machines qui lançaient force pierres sur les terrassements des assiégeants (fig. ï8).
De leur côté, les Francs travaillaient activement à leurs deux galeries de mines, non sans de grandes difficultés, car ils avaient, sur bien des points, à percer une roche très-dure. Les déblais étaient amoncelés en dedans du terrassement et ne pouvaient être vus de l'assiégé. Tant qu'ils n'atteignirent pas le fossé, on ne pouvait de la cité entendre le travail; mais quand les mineurs furent arrivés sous ce fossé, les surveillants de la ville entendirent résonner la nuit sourdement les coups de pic. Clodoald, aussitôt averti, ordonna de contre-miner, en partant du pied intérieur du rempart et dans la direction du bruit. De pan et d'autre travaillaient donc les mineurs, ce qui
voisine de la porte du Nord (tiji. îtj), tandis que la contre-mine des as.iépis si; dirigeait de A en B.
Il crut rcoj]ni;uliV aii-si ;]ise la ijiileiij des ennemis était percée à un niveau supérieur à celui Je ia galerie des siens. Cela lui parut favorable au plan qu'il se proposait de suivre, et pour plus de sûreté, il lit encore approfondir le sol de la galerie de contre-mine.
S'étant transporté à la base de la muraille rampante, il n'entendit aucun bruit sur ce point, quoique ses licute-
liants prétendirent avoir, les jours précédents, entendu miner ver? le tiers supérieur du mur. La galerie de cont:cmmc él:àt étalement iimn: :ei:céc en I": 1 ce de l'endroit où
l:i galerie i e :"'];: re-oir.c croisait c J!e de l'ennemi; car on eniciidi::! les pas des pionniers au-dessus iiu plafond.
Clodoald lit alors éla'-'er ce p!a:ond le hum des parois de la galerie ei, au muyen de leviers el île pinces, donna l'ordre de faire tomber sans bruit les plaquettes de pierre qui formaient ce plafond, de manière à l'amincir le plus possible sous le point où on eii:end;,ïi marcher.
Quand cela fut fait et qu'il parut ne plus rester qu'une couche très-mince de rodie, C.lodnald fi; amonceler dans la galerie de contre-mine des fagots secs, de la résine, du goudron et Ce qu'on put trouver de matières inflammables; puis promettant une bonne récompense au plu? adroit de ses mineurs, il lui dit de faire tomber celte croûte et dès qu'il apercevrait une ouverture, si étroite qu'elle fût, de mettre le feu aux fagots en se retirant vers
En effet, quelques minutes après que l'ordre eut été donné, le mineur se présentait à i"eu:rée du puits suivi d'une épaisse fumée. Il remonta promptement et cette ouverture fut bouchée avec des madriers et de la terre.
Du trou pratiqué sous le sol de la galerie des assiégeants, la fumée montait dans cette galerie et suffoquait les
flamme surgit bientôt, le trou établis:
chaleur faisait éclater les pierres et Foi sait. Bientôt la galerie de mine fut tellement envahie par la
r 3G HisTnrnE d'ckb fobtebesse.
fumée qu'il ne fut plus possible d'3" demeura, et quelques hommes tombèrent asphy\ius avant de pouvoir regagner l'issue assez éloignée.
Au mouvement qui se produisît parmi les assiégeants au delà du terrassement, Clodoald comprit que la mine élai: ■ éventée, intenable. Il fit alors déboucher l'entrée de la galerie de contre-mine et quand la fumée fut dissipée, il voulut voir par lui-même l'état des choses. Lus fayots brûlaient activement par suite du courant d'air, et la II anime passait bruyamment par le trou qi:i s'aurar.dis.-ait du plus en plus. De nouvelles bourrées furent jetées sur le feu à l'aide du fourches ; la roche calcaire éclatait à chaque instant et tombait en larges plaques.
Secondin avait entendu le travail dcscontrc-mincurs,mais n'avait pu se rendre compte exactement de sa direction, ceux-ci p incluant snus le banc calcaire, dans un sable argileux. Il pensait que les galeries se rencontreraient à un moment donné et qu'alors ce serait un combat de mine à soutenir. Dans cette prévision, il avait fait préparer des mantelcts, espérant ainsi rester maître de sa galerie et s'emparer même de la contre-mine.
L'événement déjouait ses projets; il n'y avait sur ce point qu'à attendre. Le long du mur rampant, les mineurs de Secondin avaient atteint le sable, et c'est pourquoi on ne les entendait plus. Il porta donc tous ses travailleurs de ce côté et fit creuser profondément ses galeries conformément au plan (%. 3o). Cela fut terminé, grâce au peu de consistance du sol, dans la nuit qui suivit. Ces galeries étaient bien étançonnées et étayées avec du bois sec enlevé des maisons de la ville basse. Des fagots enduits de goudron furent disposés au milieu de ces étalements et, à l'aube, on y mit le feu.
Clodoald inquiet, était de nouveau venu visiter ce front de la défense, quand un craquement se fit entendre....