L'ATTAQUE
HISTOIRE D'UNE FORTERESSE. l?Ç|
ouverte à la gorge cl non relire aux remparts, fut évacuée.
Les Francs ne connai-saL-nt pas Clndnald et ne surent que par des prisonniers, que ce brave capitaine avait été tué pendant l'assaut. Ils firent rechercher son corps, et s.i tète, liehée sur une longue perche, lui placée devant la porto du Nord. Celle fuis, les prisonniers furent épargnés et envoyés comme esclaves dans les domaines royaux.
La cité Juliana était désormais enserrée de tous côtés et réduite à ses murs, lesquels pouvaient lon^tempi délier les attaques des Francs. Mais la mort de Clodoald enlevait aux assiégeants toute confiance, et le roi liourgui^nnn n'était pas assez énergique pour remplacer son habile lieutenant. Le soir de cette malheureuse journée, il réunit les chefs des défenseurs afin d'aviser sur les mesures à prendre. Habitués aux entreprises hardies de Clodoald, Ceuxci furent d'avis que l'on était assez nombreux encore pour tenter une sortie sur deux points, par la place d'armes du Sud et par la porte de F Ksi, que la cité n'aurait plus de vivres dans quelques semaines, puisqu'on ne pouvait pins rien tirer du dehors et qu'on ne devait pas attendre cette extrémité pour se rendre honteusement. La sortie de la place d'armes du Sud serait appuyée par un corps sortant par la porte du Sud-Ouest.
Ainsi, pourrait-on refouler les Francs jusqu'au mur qu'il-, vendent de franchir. La sortie de la porte de l'Est les occuperait pendant ce temps sur le liane gauche du plateau.
Mais pendant qu'on délibérait ainsi, Sccoudin entendait bien profiter de l'avantage si chèrement acheté. Pendant la nuit, il fit élever un retranchement à quelque distance de la porte de la place d'armes, couper la route et garnir les rampes de la cité d'abatis d'arbres, puis il fit commen-
cer immédiatement une galerie de mine sous la descente du château à cette place d'armes, afin de détruire cette muraille fortifiée.
Donc, quand ie matin, les I>.ii;r£u:;;r.ons se disposaient à franchir la porte Nord de la grande place d'armes, ils
dj pieux :iiti,L:Is-is et d.i brandies d'arbres entrelacées. Cependant, comptant sur l'attaque du corps qui dev;iil sortir par la porte Sud-Ouest, ils s'avancèrent avec résolution contre le retranchement dont les défenseurs pouvaient ainsi être pris à revers. Mais le cas avait été prévu par Secon-
d'abatls. Après avoir perdu une centaine d'hommes, l^s deux troupes rentrèrent donc sans avoir pu exécuter leur dessein. L'initiative, la promptitude dans l'exécution, manquaient désormais à ces braves gens, bien décidés à ne pas caïuiuler cependant.
Trois jours après, la descente à la place d'armes était mince et s'écroulait en partie. Les défenseurs du poste et de la tète de pont étaient coupés et n'eurent que le temps de se retirer à la hâte par la route montant à la porte de l'Est. Un certain nombre d'entre eux resta aux mains des
La cité était ainsi complètement entourée à portée de traits. Toute sortie ne pouvait aboutir à un résultat sérieux; car Secondin avait fait élever autour des remparts des postes appuyés à des retranchements.
Voyant le succès de ses derniers efforts, les chefs Francs accordaient plus de confiance à l'ingénieur latin et exécutaient ses ordres.
Alors Secondin reprit son attaque du front Nord, et fit commencer quatre galeries de mine, en se servant de celle qu'il avait été forcé d'abandonner. Trois étaient dirigées
sous la tour carrée du coin Nord-Ouest' (fig. 33). Lcsassiégés entendirent bientôt les coups de pics des mineurs et tentèrent de fuire une contre-mine dont l'ouverture partait de la tour même en A, mais Clodoald n'était plus là pour diriger les travailleurs qui, voulant renouveler la mauceu-
vre adoptée prêté Joliment, crcusèrcrit trop profondément, croisèrent les galeries des ennemis en contre-bas et ne surent plus exactement où diriger leur sape.