Vojtl b figure jS
cirent alors à lancer sur le toit du chat des poutres et des pierres, puis encore des barillets ,1e feu grégeois, des boues de paille et des fagots.
Malgré les efforts des Bourguignons, la galerie toute remplie d'une fumée suffocante n'était plus tenable. Il leur fallut l'abandonner, et ce fut à grand peine qu'ils purent, en faisant la part du feu à coups de haches, en conserver trais toises. De leur coté, les assiégés n'avaient pu empêcher partie des restes des liourds, au-dessus du chat, de prendre feu ; mais ces liourds étaient déjà hors de service, et leurs efforts se bornèrent à empêcher l'incendie de se propager à droite et à «anche. Toute la tête du chat contre la muraille et sur une longueur de vingt pieds était brûlée, Le travail des mineurs était peu avancé, cependant ils avaient déjà enlevé assez de matériaux pour que deux hommes pussent être à couvert des projectiles tombant des ramparts. A la faveur de la nuit, des pionniers
écoutes, et bientôt il vint prévenir le baron que l'on minait de nouveau. « Eh bien! dit celui-ci, recommençons la manœuvra d'hier, fais passer des hommes par la bouche d'égou, .(De ces f-îourgLiigr.uns sont assez suis pour n'avoir pas cherchée, et que Je bons coups de couteau nous débarrassent de ces fouilleurs de murailles, mais pas de bruit! » La bouche d'égout fut de nouveau démurée, et frère Jérôme, ave; [es [roi. hoi'imes Je la veille, armés Je longs couteaux, se glissant le long du mur, arrivèrent au trou démine. Trais pionniers, tout occupés de leur travail, furent égorgés sans bruit, un quatrième qui était en dehors, caché dans les débris du chat pour guetter, s'était endormi, n'entendit rien, et resta là sans que frère Jérôme et ses compagnons l'eussent aperçu. Réveillé peu après,
il appela à voir basse ses camarades.... rien; il avança les mains, loucha un cadavre, puis un deuxième, puis un troisième. Kpouvamé, n'osant revenir vers les ]înura.tiijinul'i dans la craint-.- assez fondée d't-tru pun Ju, il [nii^sra
datte sur les travailleurs que l'un pouvait ape-ceu.er p:Lr
comprit et prit aussitôt son parti.... * Transfuge! dit-il à vois hasse par l'ouverture. — Ta main.... répondit hère Jérôme. La main su ni' 'Dira a l'entrée du trou, et bon gré, mal gré, non sans écorchui-cs, tout le c.rps passa comme par une filière, tiré par le frère et un de ses comptions. Le nouveau venu fut désarmé et conduit devam Anscric et le baron, dis que la bouche J eyotit eut été bien fermée. Le pauvre diable demeura tremblant devant les deux sires et raconta naïvement ce qui lui était arrivé. C'était un garçon de Semur en Auxois, qui ne manquait pas d'esprit, comme la plupart de ses compatriotes. Il donna tous les détails qu'on lui demandait sur l'armée du duc : t Écoute bien ceci, dit le baron : Si le château est pris, tu seras
eus. certainement. Si tu nous sers fidèlement et que les troupes du duc soient obligées de lever le siège, le sire de la Roche-Pont te prendra à son service; quel est ion état! — Bourrelier. — Eh bien! tu seras attaché à ses écuries, n'est-ce pas ; beau neveu. — Certes, et s'il nous aide ell'i-
Cettc dernière parole délia tout à fait la langue du bourrelier, qui dit tout ce qu'il savait sur le nombre des engins, sur les dispositions des assiégeants, sur les postes
iSï HISTOIRE D'USE FORTERESSE.
qui gardaient les tour', de ce nt rêva! ht i un : après quoi, on l'envoya à l'oriicc nù il eut bicnn'.t fraternisé avec les gens d'Anscric. Toutefois, frère Jérôme recul l'ordre de ne pas le perdre de vue.
Ce ne fut qu'au moment où on allait relever les mineurs, que les lîourguignons s'aperçurent de ce qui était
Le bourrelier disparu, fut véhémentement soupcur.né
fit chercher, vainement, bien entendu.
Avant le lever du soleil, le baron Guy fit commencer un trou de contre-mine au point indiqué par le transfuge, en dedans du mur de la baille. « .Si tu te trompes d'une demitoise, dit le baron au bourrelier, tu seras pendu !... »
De part et d'autre on travaillait, et vers la fin du jour, les mineurs et contre -mineurs se rencontrèrent et s'attaquèrent dans cet étroit espace à coups de pinces et de pics. Les Bourguignons et le châtelain cnvoyaicnidcs hommes, chacun de leur côté, pour s'emparet de la mine. Un barillet de feu grégeois lit lâcher pied aux gens du duc; mais la m lu; mine rie Je la muraille dont les moniers'n'avaicut pas encore pris toute leur consistance, se lé/arda au-dessus de la mine. Ce que voyant les Bourguignons, la nuit suivante, se servant du tronçon du chat resté intact, ils établirent une sorte d'avancée composée de pièce-.: de bois, et amenèrent le matin un btisst.n on bélier à roue-:, :fig. 4.3;, avec lequel ils se mirent abattre le pied de la muraille. A chaque coup, la maçonnerie était ébranlée et des moellons trmbaient en dedans et en dehors.
Les assiégés essayèrent de briser le bosson. eu laissant tomber sur sa téte de grosses pièces de bois ou de mettre le feu aux bnis-, mais ccu\-ci avaient été mouillés, couverts de boue et garnis de fumier à la base ; le parapet était si bien battu par les mangonnaux du duc et par les arbalc-
triers, qu'il n'était guère possible de s'y maintenir. Puis les hommes, sur ce mur ébranlé et vibrant à civique coup du bélier, n'avaient pa- leur saeg-li'oui; iU m- pvui : ;iil-;u pus bien leurs mesure? e 1 . le bos-ur. re-i-tait. d'autant uue l'assaillant avait posé de grosses pièce. île buis inclinées contre la muraille qui faisaient glisser les poutres ietées par les
Au bout de trois heurts d'efforts, le mur céda et un pan de deux toises de longueur environ s'abattit sur le bosson. Apportant aussitôt des madriers, des échelles, les |{i'Ui!;ui^nous se précipitèrent à l'assaut par celte brèche
aussi, sur les ruines du mur, combattaient bravement, ne se laissant pas entamer.
Des courtines restées debout et des tours, les défenseurs couvraient la colonne d'assaut, .le trait- et de pierres. Les trébuchets en dedans du rempart ne cessaient d'envoyer des pierres qui, passant par-dessus la léle des défenseurs
mes qui se groupaient autour des restes du chat, et faisaient au milieu d'eux de larges trouées. Quand vint le soir, les l!oui!;u^r.(ms étaient maîtres de la brèche, mais eoyant devant eux le rempart intérieur, iis n'usèrent descendre et se logèrent sur cette brèche, couverts par des mantelets et des fascines.
Ils attachèrent cette même soirée des mineurs entre h tour d'angle Nord-Oue-st et sa voisine, comptant ainsi délvrder !e [ci:ancbcine::t en passant par une deuxième brèche '.Ils s'em parère:'.] également des deux chemins Je ronde de la courtine entamée, mais la tour de la porte et celle de gauche tenaient encore à huit heures du soir. Une
J. Voyc! Il tlflurc ^5.
heure après, les assaillants, maîtres de ce chemin de rondo de la courtine, mirent le feu aux combles de ces tours (lîg. 44) qui durent être abandonnées par les défen-
I.cs defcr.sours tenaient encore le chemin de ronde à l'est et à l'ouest de ces tours incendiées, les avaient barricadées cl étaient disposés à ne les abandonner que pied à
Les assaillants comme les défenseurs avaient besoin de repos. Malice leurs progrès, les liourguipnons perdaient beaucoup de monde, tandis que les "eus du château ne comptaient qu'une centaine de morts et blessés. Par une sone d'accord laeiie, la journée qui suivit cet assaut se passa sans combat. Le duc. citravé des pertes qu'il avait déjà subies, voulait ne poursuivre l'attaque qu'en prenant toutes les mesures de prudence; car ses hommes murmuraient, prétendant qu'on les faisait toujours combattre à découvert contre des soldats soigneusement cacfiés, et que, si on parvenait jusqu'au donjon, il n'y aurait plus un homme dans l'armée du doc pour y entrer.
paré-, et à iV.ire au débouché intérieur de la porte une sorte de bretèclie munie d'une seconde arbalète à tour. Du côté des défenseurs, on lit un deuxième retranchement de l'angle .lu b.'uiiaent D' des écuries. ;'» la courtine de l'ouest, et une bonne barricade de l'aiieje .lu cl'.ii-uv île la chapelle K à la
cas de retraite, i. était évident que la lendemain, û juin, une I. VoyuU lifiur^sfi.
DlgilizBdBy ("'fwg le
action décisive rendrait les Bourguignons maîtres de la baille, pour peu qu'ils agissent avec vigueur, mais il fallait leur faire p;t\er cher ce succès.
Anscric, bien détenr.ir.é à résister jusqu'à la demiére extrémité et à périr sous les ruines de son donjon, se félicitait de l'absence d'Êlïenor et regrettait que ses enfants ne fussent pas avec elle.
La noble dame n'était pas loin cependant.
Le soir de cette journée tout employée en préparai ifs pour l'attaque et la défense de la bailie, eiie éiak arrivée avec son escorte chez le vavasseur Pierre Landry. Aussitôt celui-ci avait dépêché un messager sur vers le châ-
A la base du donjon était percé un trou oblique d'un pied si.* pouces de côté qui, donnant dans la salle basse, aboutissait sur le chemin de ro.nie laissé entre la grosse tour et sa chemise extérieure. De ce chemin de ronde, un s.jtitcjTair, établi le îcuis de- fondations du mur romain, descellait la rampe du plateau sur une longueur de dix toises et débouchai: dans une vieille cf.rriêrc tout encombrée de broussailles. Deux bonnes grilles de fer fermaient le souterrain. Des guetteurs étaientnuit et jour postés dans ce souterrain ; on les faisait couler et on les remontait par la trémie du donjon au moyen d'un charriot mù par un
Anscric avait, à plusieurs reprises, fait sortir et rentrer des espions par cette voie, lesquels, la nuit, s; glissaient entre les pusies u"ii:vestissc;nci',t des Bourguignons. Or, à la nuit close, le messager de Pierre Landry se présenta au débouché du souterrain, fit l'appel convenu et remit au guetteur une petite boite, disant t ;u'i[ attendait la réponse, caché dans la carrière. La boite fut aussitôt transmise à Anseric. Élienor le prévenait de son retour, et qu'elle ferait en sorte la nuit suivante de rentrer au château par la
poterne du donjon avec ro:i monde. Anseric r.c -avait trop
baron lui lit observer qu'Kiionor avait joint au bout du velin une Heur qui était un signe de bonne nouvelle.
Le matin. G juin, !cs liou [guignons ne se pressaient pas d'attaquer, ils se contentaient d'envoyer des traits en dedans du retranchement, avec leur arbalète à tour et force carreaux et sujettes du haut des tours abandonnées. On leur répondait du haut de l'église, du bâtiment des écuries et des gros-.es tours Je la porte eliàteau. Vers trois heures après midi, les mineurs attachés à la courtine Nord-Ouest, ainsi qu'il a été dit, firent tomber un pan de cette courtine. Leduc avair ainsi trois débouchés pour entrer dans la baille-, celte dernière brèche, celle ouverte l'avant- veille, et la porte. Le baron Guy conseilla de ne pas perdre son temps et du monJe pour Jél'enJre cette seconde brèche puisqu'on était retranché en arriére, maïs grâce à la tour du coin, il put s'opposer à ia prise immédiate du chemin de ronde. des courtines de ce côté. Les défenseurs occupant la tour Y 1 étaient ainsi coupés. Anseric, au moyen d'une flèche, leur fit envoyer un billet, recommandant de tenir ferme, aus-t longtemps que p>i-'ib!c. I leureusemenl.
vnir des gens Ju château, les Bourguign 'il ; ne possédant qne le-. délfnsi.s de lis pariie centrale Ju front. Vers cinq heures, le signal Je l'assaut l'ut demi-.é. Trois colonne, débouchèrent en bon ordre par les deux brèches et la porte, et se ptvc;p:tere:il, garanties pur les écus et pavois, contre la palissade, se jetant résolument dans le petit fossé, maigre les traits que leur envoyaient par derrière les dé-
i. Vciyc! ]a ligure 3fi.
fenscurs, possesseurs encore de la tour Y et de ses cour- Une issue avait été laissée à la fonc barricade qui réunissait l'angle du chevet de la chapelle avec la tour voisine. Anserîe, avec une troupe de ses meilleurs hommes, sortit par cette issue et se jeta sur le liane de l'attaque, qui recula en desordre.
Alors d'autres issues bien masquées s'ouvrirent sur le front du retranchement et les défenseurs reprirent l'offensive Peu s'en fallut qu'ils ne s'emparassent des brèches et de la porte. Mais le duc, à la vue Je ses gens en dés-
quatre fois plus nombreux que les défenseurs, ï>l!l!:.;è; , e;ii
incni;. Alors vers sept heures du soir — car ce combat se prulungeiili -an- p-mul succès ni d'une part ni de l'autre et les jours suiit loiîas à cette époque de l'année, — les deux arbalète* à luur lancèrent force traits nantis d'ét nipes enflammées sur les combles du bâtiment des écuries et de la chapelle. Les gens du château, tout occupés de la défense du retranchement, ne pouvaient songer à éteindre l'incendie, d'autant que les arbalétriers, postés sur les défenses de la baille au pouvoir des ISmii^uigiions, touchuciit ions les défenseurs qui se démasquaient sur ces bâtiments. Le feu gagna, dune bientôt la charpente. Pendant l'attaque du retranchement, le duc voulut en finir avec les défenseurs restés sur ses derrières dans la tour Y, et qui inquiétaient les assaillants. Il leur lit crier, par un héraut, qu'ils ne pouvaient plus espérer de secours, que
ponsc au héraut un carreau d'arbalè:e qui le blessa. Alors le duc irrité, commanda d'accumuler en dedans de la baille et dans le fossé extérieur îles fascines, de la paille.
cl tous les bois qu'on aurait sous la main, et J'y mettre le feu, afin d'enfumer eus rebelles. Bientôt, en ellet, de;; i^jrbillnii-i de il;: milice lirait la tour Y, communiquèrent le feu aux débris des hourds et nu comble. Pas
souterrain qui, de cette tour, communiquait à la porte du château — c'était un ouvrage romain, conservé sous l'antique courtine '. — En se retirant, ils avaient bouché l'issue de ce couloir qui, d'ailleurs, fut bientôt encombrée par les débris lumants des planchers de la tour. Le duc
Aux dernières lueurs di: jnur succéda, pour les combattants, la lumière de ces trois incendies.
Le ciel sembla vouloir .ajouter à l'horreur de celte scène. L;t journée avait été bri'ilaïUe ; un oviisje éclata bientôt, ac- CciiMVUtiO tît LcuTirsques de ve:it du Sud-Ouest i\u: poussaient 1c fumée et semaient des lisons enflammés sut les combattants. '
Tamût Anselme reptcnaii riilTcr.suc avec -es meilleurs soldats p.i- !.i iv.tric.idv de h ;h.ipcl c; i-ntui se transportant à (a palissade opposée, il débouchait le !ong du rempart de :'0:iesi sur les assaillants, qui de ce côté, essayaient de tourner le bâtiment des écuries. La direction du vent était des plus défavorables aux Bourguignons; ils recevaient en plein visage et la fumée et les flammèches du bâtiment de l'Ouest. L'attaque mollissait, malgré les efforts du duc pour obtenir un avantage décisif et pousser son monde sur un point, avec ensemble. Une pluie torrentielle et la fatigue arrêtèrent les combattants vers neuf heures du soir.
lisse touchaient pr,-qoe. n'éiant séparés que par ii; retranchement. La pluie limitait si dru, que de part et d'autre , assaillants et défenseurs cherchèrent des abris et qu'il ne resta plus que les guettes en dedans et en dehors de la palissade.
A la nuit tombée, Klienor et son escorte, revêtus d'habité de soldats bourguignons, sortirent à cheval de la maison du vitvasscur Jeun Landry et conduits par lui. Ils
éclairé par les incendies. Tons, le cieur serré, n'osaient su i"! mini ii nkpier leurs craintes.... Qu'est-ce qui hn'ilait i 1 L'ennemi était-il déjà dans la baille? Était-il parvenu à mettre le feu aux défenses Nord du château? Arrives à deux portées de traits de i i tour de N'is élevée par le duc,
celui-ci, le traversèrent à gue au-dessous du moulin! laissèrent là leurs montures sons la s-arde des gens du vavasseur et gravirent à pied la rampe du plateau, se dirigeant vers la carrière. .Mais à quelque distance de l'ouverture, à travers la pluie, Jean Landry, qui marchait en avant, aperçut des hommes, occupant la p.iintc dit plateau, sous la chemise du donjon. Le duc avait envoyé en effet des compagnes pour surveiller les alentours du château pendant le combat, e: surtout la bas; du donjon, supposant avec rai-on que cette défense pos-éd iit une poterne, sui-
avuntage, la garnison, désespérant de se défendre plus longtemps, après la prise de la baille, ne tentât de s'échapper par des issues cachées,
Jean Landry revint vers l'escorte d'Élicnor «lui fit part de cette fâcheuse découverte. Il n'y avait pas à songer à entrer par la carrière. Que faire?...
Le vavasseur fit cach;r du mieux qu'il put Élienor, ses
dcuï femmes, les trois mittti et les uVu/c hommes d'armes, y compris leur capitaine, et se dirigea le long de l'escarpement en rampant dans les broussailles. Quelques éclairs lointains lui permettaient de découvrir parfois le pied des murs de l'Est du château. Aucune troupe ne paraissait Je ce côte ; il s'avança donc peu à peu jusqu'au pied dit rempart.
Après le combat, Anseric, plein d'inquiétude et sans perdre le temps d'ôter son habillement de guerre, couvert de bouc et de sang, avait couru vers la poterne du donjon. Là, il avait appris par ses guuuus *]<.w: lu* alentours de la chumise étaient occupés par les Bourguignons, à petite portée de trait, qu'ils étaient nombreux, bien pavaisés et correspondaient avec un autre p. ■■lu établi au-dussuus du rempart de l'Oau-t, et i:n troisième sur le Hanc oriental.
mais il se dit que le vavas~ear é:ai: prudent et ne viendrait certes pas se jeter tc.e liai— ée d;ins lu piège. Il pensa un instant sortir avec ses plus braves par la poterne pour tomber sur cette troupe, mais à quoi bon; Celle-ci serait liieutôt soutenue, le poste de la tour de bois prendrait les
venir? Impossible de h ire passer un messager. Il remontait donc, rO'iquus.. les degré-, Lie la poterne ; le baron venait de ce côté, Anseric le mit au courant de tout. <■ Rien n'est perdu, beau neveu, nous ferons rentrer Élienor, car il est nécessaire que nous sachions d'ul!u-mûi:iu le résultat du ta mission; ce!a doit intiucr dans un sens ou dans l'autre sur la suite de notre défense.... Laissez-moi faire.... Frère Jérôme est un grand clerc, nous allons nous concerter...
En attendant, allez guetter les debors du haut des remparts de l'Est; car, si Jean Landry vient seul ou avec
HISTOIRE D'UHE E-'OKTERESSE. 191
notre monde, ce ne peut être que par ce côté, puisqu'il ne peut passer la rivière dont les ponts sont gardes. Il a dû traverser le ruisseau pour se rendre au débouché de la poterne. Alle/.:regarde/.ct écoute/ bien!... » Ansuric, monté sur les défenses de l'Est, recommanda à ses gens le plus grand silence e: se mil au* écoutes, dans une tour, puis dans ia suivante; mais il n'ente 11 Au i que le grésillement Je la pluie su:' les combles et les plaintes du vent. Bientôt le
va d'abord faire une reconnaissance .Mais appelons à
nous (plaire hommes pour nous aider. »
Une planchette était :i.\ée transversalement à un bout de la corde, (le bnut fut jeté ei: dehors par lui créneau, lundis que lacordeétait mainlcnue par les quatre hommes. Frère Jérôme, son vêtement gris retroussé, un large couteau à la ceinture, mil les pieds sur la planchette, empoigna le filin des deux mains et on laissa aller doucement. Quand la corde fut lâche, le frère était au pied du rempart; on at-
Au bout d'une demi-heure qui parut un siècle à Anscric, un léger mouvement, imprimé à la corde, lit connaître que frère Jérôme revenait. La corde se tendit et les quatre hommes eurent bientôt hissé le frère jusqu'aux merlons. • Eh bien? dît Anscric. — Le ravasscur est là, j'ai failli le tuer, le prenant pour un Bourguignon, car il en a l'habit;
— Eh bien! Eh bien! Élienor? — Tous sont là, cachés, car les Bourguignons ne son: guère lui il; par ce temps du diable, ils sont terrés comme des lapins. Il ne faut pas perdre de temps. Descendons une barquette au bout de la corde, nous remonterons dame Élienor et les autres après, si les Bourguignons nous laissent faire. •
La barquette fut bientôt apportée et solidement fixée à
la corde, puis descendue. Une secousse imprimée au câble fil connaître que Jean Landry était en bas. Peu après, une seconde secousse avertit que la barquette était chargée On hissa, et dame Élienor montra bientôt son visage au créneau. Toutes les mains l'enlevèrent dans les bras de son époux. Les deux femmes, le capitaine, les onze hommes d'armes et les trois niuir.es tarent ainsi hissés, sans encom-
Malgré la perte de la baille et la mort d'un bon nombre des leurs, les gens d'Anserîc étaient dans la joie au château lorsque, au petit jour, on lit savoir aux de Se liseurs qu'ils allaient être secourus par une armée du roi de France; qu'il ne s'agissait que Je se bien défendre encore quelques
La mission d' Élienor avait pleinement réussi. Le roi Philippe-Auguste, qui semblait hésitant d'abord, s'était prompte m en! décidé, lorsque le messager Jean One était venu apprendre à Hliciior le hrnleuicnt de l'abbaye. Le roi avait voulu voir ce messager et celui-ci, qui snvait son monde, avait raconté comment les gens du duc, sans sommation, sans provocation aucune, s'étaient emparés du moustier. v avaient mis le feu, avaient massacré .|uelques moines et chassé ceux qui restaient. Peu après, une lettre de l'abbé de Cluny vint confirmer le fait en implorant la justice du roi.
Élienor, en femme avisée, n'avait pas manqué de faire
d'elle-même, depuis longtemps, était de mettre le fief de la Roche-Pont entre les mains du roi, qu'ils n'auraient pas cependant décliné l'hommage rendu au duc pour ce fief, si ce seigneur n'avait, par ses violences et les pillei les Je ses gens, provoqué celte décision de leur part. Que, loin d'être le protecteur de ses vassaux, ledit duc ne pensait qu'à les ruiner, et que si lui, roi de France, se présentait
sur les terres de la Roche- Pont, il y serait accueilli comme le souverain el puissant justicier, seul digne de gouverner. L'occasion était trop belle pour (juc Philippe- Auguste
projets pour qu'il ni; mit pas en Cette a luire l'activité et la fermeté qu'il savait si bien déployer. Kliemtr i;ult:a la cour avec l'assurance que peu de jours après son retour à la Roche- Pont, l'armée du roi se présenterait devant les troupes du duc de Hourgogne.
Il s'agissait donc de soutenir éuergiquement les attaques
millier d'hommes en état de résister efficacement, mais le périmètre de la défense était sensiblement réduit, car il n'était plus possible de reprendre l'enceinte de la baille. Il fallait s'en tenir aux murailles du château, en arrêtant les progrès des Bourguignons, l.e bamnGuy faisait bon marché du retranchement élevé entre le bâtiment îles écuries et la chapelle; mais il tenait essentiellement à conserver le plus longtemps p.is^hle la partie occidentale de la baille, car le Hane nord de la porte du château présentait évidemment un point faible, bien qu'il fut défendu par trois tours. Le baron, convaincu que le duc ne ménageait pas la vie de ses hommes, ne doutait pas qu'en sacrifiant un millier de soldats, on pût, en quarante-huit heures, éventrer ce front; il fallait donc, atout prix, entraver les travaux d'approche sur ce point. Le bâtiment D' des écuries était brûlj. .Mais he ère us émeut le mur huera! du bâtiment, donnant vers l'Ouest, était un reste de la courtine romaine, épaisse et solide construction, lintre ce bithnent et le fossé du château, l'ennemi ne pouvait passer. Il ne pouvait at-
taquer que par la brèche pratiquée à cù:i Je la tour Y, Ou par l'intervalle l*is~é uni:-.- cette tour et le bâti ment incendié D. La tour \' de l'antde o:ciJent:d é'aii restée au pouvoir des défendeur-., Klle était large, solide, appuyée sur l;i substruction romaine et couverte par une plate-forme sur voûte. A la fin de la nuit, le baron avait hâtivement fait démonter le; dci;\ trébuchets demeurés tu dedans Je la palissade. Les bois avaient été portés dans la cour du château, car, prévoyant que le retranchement palissade ne pourrait tenir longtemps, il ne voulait pas que ces engins restassent au pouvoir Je- lloui guignons. Dans la tour occidentale V dit ci lin. une forîe arbalète à tour avait été réservée. Le baron la lit dresser au jour, sur la plate-forme',
et l'état des défenses lig, p, '.
Les défenseurs occupaien! encore le 7 juin, au mutin, le retranchement C, celui A A et la barricade It ; en H, avait été élevée dès le commence. lient Ju siège, une bonne palissade devant l'entrée, avec bretechc. Kn U, une autre palissade se dressait en avant du fossé; en K était un deuxième retranchement, devant Te urée de la poterne, et en Ci une forte barricade. Le bâtiment t\ reste de la construction romaine, surmonté d'un couronnement crénelé, pouvait résister longtemps. Les tours V, M, m. m' et V étaient en-
corc au pouvoir des défenseurs et prenaient à revers les assaillants, prétendant entrer dans la chapelle I et dans le bâtiment des écuries D, incendiés.
Il fut résolu entre Anseric et son oncle qu'on abandonnerait le retranchement AA. Il était inutile de perdre des hommes pour le défendre, l'ennemi ne pouvant s'aventurer dans le rentrant formé par les deux tours de la porte et le bâtiment P. Il était préférable de porter tous les efforts de la défense en C, car, évidemment, c'était le point d'attaque.
Vers cinq heures du matin, le retranchement AA fut donc abandonné et, en effet, les Houi-guignons se contentèrent d'y pratiquer des tmuées vin-, aller plus avant.
Le duc, dès l'aube, ava l l'ait jeter furie traits enliammés sur les combles de la tour M ; mais l'arbalète à tour montée sur celle du coin V p lr les défenseurs, gênait beaucoup les assaillants groupés en dehors et se préparant à faire un vigoureux effort par la brèche C.
Ce fut vers midi que l'ordre fut donné par le duc d'attaquer à la fois sur deux points; alors le comble de la tour M avait pris feu. La premier; attaque a-saillit
s'einp;n\:r J- la pali-saJe K. Kn înèir.i: temps, Jeu\ arbalètes à tour, mises en banerie en dehors, couvraient les combles des tours ;n, >i et V de traits enflammés pe idant qu'un trébuebet brisait à coups de pierres les hnurds et créndages.
Les défenseurs, postés au sommet de la tour V. en lançant des pierres et des carreaux d'arbalètes sur les flancs des assaillants qui s'acharnaient à l'attaque du retranchement C, leur faisaient beaucoup de mal; leurs pavois ne pouvant les garantir de face et de flanc et, du relit front du château, de btins archers envoyaient, par-dessus la tête
Jtl6 1HSTOJRE O'UME FORTERESSE.
des leurs, force sajeues aui assaillants t| uï -e pr.Nc niaient à la brèche C , car on étai: à porc; Je flèches.
Voyant qu'on ne pouvait mordra, le duc fit retirer ses gens et amener des mantelets qui furent établis perpendiculairement à la muraille et faisant face à la tour du coin, puis un petit bosson sur roues, solidement armé à sa tète d'une grosse pointe Je fer. Les roues de ce bosson ciaieut pavaisées (lis;. 40 pour préserver les pe:is chargés de le mari ceuvrer. Puis une vingtaine d'hommes, avec de lourdes pinces de fer, couverts, attendaient l'effet du bosson. Au
quatrième coup contre la palissade, une douzaine de pieux étaient fortement ébranlés et les Traverses brisées. Alors les pionniers, armés Je pinces, se mirent en devoir de faire tomber les pieux ébranlés ou tout au moins les écarter. La Colonne d'assaut se rua sur ces ouvertures. On se battit là corps à corps et si bien serrés que les gens postés dans la tour du coin n'osaient plus tirer dans la crainte Je blesser leurs camarades.
Du côté opposé, les Bourguignons étaient parvenus à faire un larçe trou dans le mur sud de la chapelle, et masqués par ses ruines, attaquèrent l'angle du retranche-
ment E '. De la courtine de l'Est, les défenseurs, toutefois, leur envoyaient des pierres et des traits par derrière, et cette atlaque était molle, le duc étant tout occupé à diriger l'autre.
Anscric défendait ce point d'après le désir du baron qui lui avilit iiit île reprendre l'oiïensive eu s'appuyant sur le bâtiment V, pour peu que la chose fût possible.
Un des hommes pnsis» sur tes défenses de la porte descendit rapidement, et, passant par la poterne, vint lui dire que le retranchement C était forcé et son monde très- compromis sur ce point. Anscric alors, enlevant deux centcinquante hommes qu'il avait avec lui, sortit du retranchement par son extrémité Est, se jeta avec fureur contre les assaillants, lus mit en désordre, et laissant une quarantaine de braves gens p 0ur défendre le trou de la chapelle et la barricade 13 restée presque intacte, il traversa obliquement le terre-plein de la baille, franchit le retranchement A détruit en partie, et tomba sur le flanc gauche des assaillants, poussant le cri de guerre : Rochepontl Rochcpont!... Les Bourguignons surpris par cette attaque imprévue, ne suchau J'uù vuiaiur. ;i> ^cn-.-!à, iibiiiklniuièrent le retranchement, le bosson et même la brèche C.
tuant tous ceux qui étaient restés en dedans de la baille, iiCLupL-reiii de nouveau la brèche c, pendant qu'Anseric occupait la barricade C. Le bosson fut brisé à coups de haches et les mantelets, laissés par l'ennemi, disposés pour réparer les palissades renversées.
Le duc était hors de lui, il avait brisé son épie sur le dos des fuyards. Mais il n'y avait plus rien à tenter pour
était compromis. On voyait les défenseurs barricader les
i. Voir 11 li 6 iin!45.
brèches, et on entendait les cris des malheureux resiésdans l.i baille. iJi;t>r^iJs sans quartier.
Depuis le commencement du siège, les Bourguignons avaient perdu plus de deux mille hommes, et l'arain du duc ne comptait, au 7 juin, que quatre mille cinq cents ou cinq mille hommes au plus. Les assiégés étaient réduits au nombre de mille coniba;tanis environ: mais ils étaient pleins d'esp.'ir, assurés du succès, tandis que les assié-
nicre affaire pouvait achever de les démoraliser.
T.c duc avait cru enlever cette place en un mois tout au
perdu le tiers de son armée -luis è:re beaucoup plu - a\a:icé que le surlendemain de son arrivée. La suite, la métln'Je avaient fait défaut dans les diverses phases du siège, il le reconnaissait un peu tard. Si, au lieu de poursuivre Lui s avances au centre du front de la baille, les assiégeants s'étaient confinés de la prise de la barhicane pour empêcher toute sortie de ce côté, et, si avec de hons terrassemite occidentale de ce front sur la tour Al', en ponant tous leurs efforts sur ce point et en établissant un beffroi roulant, ils prenaient possession de la cour occidentale, dé- - truisaient successivement les ouvrages a leur droite, pouvaient se garantir contre un retour offensif sur leur gauche et entamaient 1j château par son colé faible; c'est-à-dire entre les tours de la porte et celle Q. Ainsi pouvaient-ils prendre à revers toutes les défasses orientales en cheminant le long de la courtine occidentale par des brèches suc-
Lc duc, il est vrai, ne connaissait pas la place et croyait