HJ5T0IRE D'UNE FORTERESSE
château), avait été de la part de Charles le Téméraire l'objet d'une attention particulière. Reconnaissant la bonne nielle du lieu et l'importance de sa position stratégique, ce prince avait fait approprier les anciennes défenses au nouveau mode d'attaque. Le vieux château de !a Rochc- Pom, plusieurs fois réparé, laissait encore voir quelquesunes de ses défenses de la fin du douzième siècle, notamment le donjon; mais l'abbaye et le plateau tout entier avaient de nouveau été renfermés dans une enceinte par le duc Philippe, vers i38o, et la ville s'était rebâtie dans celte enceinte en abandonnant complètement la rive droite du grand cours d'eau. Il n'existait plus, à la fin du qua-
tcau, le long de la rive gauche, et ce faubourg n'était défendu que par une muraille sans importance vers lu nord. L'arri ère-petit-fil s d'Anseric, arc de la Roche-Pont, étant mort sans hoirs mâles, le fief de la Roche-Pont était revenu au duc Philippe, qui nommait ainsi que ses successeurs les gouverneurs de la ville et du château, domaine ducal.
L'enceinte de cette ville avait été rebâtie en grande partie sur les fondations romaines. Elle consistait en une bonne muraille de quatre toises de hauteur environ, audessus du sol extérieur, .sans miîchicoLilis, renforcée de tours cylindrique do six toises d'élévation, couronnées de mâchicoulis et couvertes par des combles coniques. Des mâchicoulis formaient aussi la défense supérieure des courtines et tours du château, dont le plan n'avait pas été modifié.
Cette place n'avait eu à subir aucune attaque depuis ces nouveaux ouvrages, et elle était intacte sous Charles le Téméraire. Celui-ci, pendant ses luttes dans le nord contre les Gantois et les gens du Hainaut, craignant les intrigues de Louis XI, avait cru nécessaire de mettre la ville
de la Roche-Pont en bon étal de défense. Or, si bien close qu'elle fût, l'artillerie du roi de I-'ran ce prenait déjà dans les sièges un rôle assez important pour qu'il fallut se prémunir contre ses effets. Le duc fit donc faire plusieurs boulevards pour remplacer les murailles et recevoir de l'artillerie (fig.48).
Ainsi que l'indique notre plan, la baille du château n'existait plus. Un large fossé A, peu profond, la remplaçait; son fond était de plaiu-picd avec les deux boulevards. B et C. Un troisième boulevard entourait extérieurement la base du donjon, à la place de l'ancienne chemise. Ce boulevard commandait le pont de pierre rebâti au quatorzième suide sur les piles romaines. lin avant du front Nord, 0:1 avait élevé un boulevard de terre D, isolé, ayant peu de relief, mais commandant la route du plateau. Aux angles de ce front Nord deux grosses tours li, F, propres à recevoir du canon, flanquaient les angles et pouvaient battre le boulevard D. En retraite, du côté de l'Est, une tour semblable G, commandait le val du ruisseau. Deu\ boulevards H et I , formant saillie au-dessous des défenses du quatorzième siècle, commandaient le cours de la rivière et pouvaient croiser leurs feux avec le boulevard B et la tour E. Au saillant oriental en K, s'élevait aussi un boulevard.
Le faubourg avait conservé ses deux paroisses et un couvent de Jacobins avait été hiti en f ,, sur des terrains achetés par le roi saint Louis, alors que le fief de la Roche-Pont relevait encore directement de la couronne de
L'abbaye de Saint-Julien O avait réduit son enceinte et cédé une partie des terrains dont elle jouissait. Dans sou
ancien verger, dont le périmètre avait été quelque peu modifié, s'élevaient des maisons. Ces habitations étaient encloses et dépendaient de l'abbaye qui les: cédait à bail.
En M, une paroisse, sous le vocable de Notre-Dame, avait été construite vers la fin du treizième siècle,alorsque le seigneur de la Roche-Pont, ayant besoin d'argent, concédait des terrains dépendant autrefois du château, pour y bâtir des maisons. En N, était la place du marché. Trois portes donnaient entrée dans la ville : une au Nord, désignée sous le nom de porte Saint-Julien, une vers l'Est
porte des Moulins, et la troisième vers le Sud-Ouest, dite du Château.
Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails tvkui ventent à ces nouvelles défenses élevées sous Charles le Téméraire. La figure 4<) pïéfc::ii: la vue à vol d'oiseau du boulevard du Nord I), avec le front en arrière, sa porte du quatorzième siècle et les deui grosses tours d'angles.
La ligure 5o en A donne le plan d'une de ci au niveau de la batterie basse et en B, sa coupe si
Ces tours avaient -vingt toises de diamètre c: ment et se composaient d'une batterie basse dont le sol était placé à une toise en contre-bas du niveau supérieur du plateau. On descendait dans cette batterie basse par une pente, aboutissant à une salle octogone dont les voùies portaient sur quatre gros piliers cylindriques. Sur celte
trois gros canons. Far les couloirs C, on communiquait de deux île ces chambres à tkn\ autres plus petites percées d'embrasures pour des coulcuvrines. De la descente D, deux couloirs E donnaient accès à deux chambres F, également disposées avec embrasures pour recevoir deux gros canons.
Les voûtes en berceau de ces chambres élaient percées d'ëvents, pour laisser échapper la fumée. De petits magasins à poudre G s'ouvraient pris de chacune des pièces, cinq larges lunettes percées dans les voûtes de la salle Centrale- donnaient de Pair cl de la lumière à l'intérieur. En H, un puits aboutissait à une citerne construite sous la salle centrale ainsi que l'indique la coupe B. Cette citerne était
les murs intérieurs. Deux escaliers à vis mettaient en communication la batterie basse avec la plate-iorme, avec les courtines du quatorzième siècle I, I, et permettaient de descendre au moyen de deux poternes K, dans la fausse braie L, défendue par un épaulement, une palissade et un pelit fossé. Des flancs /, enfilaient le saillant de cette fausse braic. La courtine, dont le chemin de ronde dépassait d'une loise le niveau de la plate-forme, fermait la gorge de la tour, ainsi que l'indique la coupe B en N. Deux échauguettes P étaient construites dans l'épaisseur du pa-