‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 4 sur 48 · HISTOIRE D'UMB POSTE* ESSE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UMB POSTE* ESSE

creujl s'élevaient en outre, deux tours de charpente cl de clayon nages.

De graves événements avaient été la cause de ces changements.

L'assemblée annoncée dans le précédent chapitre s'étak tenue sur le plateau. Très-bruyante, confuse, on avait pu craindre qu'élit se terminât par une clfusion de sang. Les

Les chefs des irions ne ieniendaierii pnint ainsi. On avait consulte les Ovales, les plus sages parmi les Druides. Mais leurs réponses, quelque peu ambiguës, ne satisfaî-

vaient pouvoir paître paisiblement sur le plateau et que si quelque péril menaçait les habitants de la vallée, eux les Druides, sauraient prévenir assez à temps les défen seurs pour qu'on pût aviser. Le beau Si^ild. à ce- discours souriait comme toujours et branlait doucement la tête suivait: son habitude, mais ne disait mot. Les Druidcssc:

coucher du soleil. La faim, la soif comm vivement sentir et les femmes disposaient vivres qu'elles avaient apportés. Ce fut Druidesscs, sollicitée par ses compagnes, de l'assemblée. Elle était jeune, grande, gue robe blanche, sorte de dalmalique s bras nus étaient ornés de braceleis de ver

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on se lut, et elle, entourée de ses compagnes qui l'avaient

« Vous tous, qui vivez en pais, qui croyez n'avoir aucun ennemi à craindre, vous nu savez, délibérer et prendre une sa^u résolution. Que sera-ce donc quand on viendra vous attaquer : l-Ili bien, il est pi oche, cet ennemi, il prépare ses armes, il compte s'enrichir en emmenant vos troupeaux et en pillant vos maisons, et il se réjouit déjà d'une victoire qu'il croit assurée parce qu'il sait que vous êtes hors d'état de vous concerter pour lui résister.

« Abandonne/ ce lieu que vous ète- incapables Je .lé rendre puisque vous ne -avez préparer la déi'.nse; rentre:', dans

Autour de la jeune lenîme, pal.- d'émotion . et qui parlait sans un geste, sans un mouvement, Comme si les mots qu'elle prononçait lentement tussent sortis d'une statue, la foule s'était rassemblée compacte. Une sorte de frémissement courut sur toute- k> tète- comme la bris- sur les épis, l'uis, par un de ces rnoin eiiiems instinctifs qui dirigent la multitude, tous les yeux se tournèrent vers Sigild. Celuici. debout devant la Druidesse, restée toute droite sur la pierre qui lui servait de tribune, avait, contrairement à son habitude, les yeu\ baissés comme s'il eût senti la flamme de tous ces regards dirigés sur lui.

A travers le frémissement de la foule, m: distinguait vaguement le uni il de Sigild. ( Que Si:;'.ld suit notre lirenn ! » dit une vois. Aussitôt des milliers de bouches répétèrent ■ que Sigild soit notre Brenn ! » Il semblait alors que tous ces hommesqui, quelques minutes auparavant étaient d'avis opposés, n'eussent plus qu'une seule pensée, une seule âme, une seule voix.

Sigild lut donc proclamé lireiio ei la nuit se passa en joyeux festins.

Soit que la jeune Druidesse fût instruite des projets ira-

més contre les heureux habitants de la vallée d'Avon, soit inspiration, soit hasard, quelques mois s'étaient écoulés depuis I';: -semblée, lorsqu'on lit roder sur les coteaux des hnmmes inconnus, qui s'empressaient Je (uîr dès qu'on les voulait interroger, puis, arriva dans la vallée un nombre plus considérable que d'habitude de marchands. Ils étaient insolents, suscitaient des dilHcultés et menaçaient ceux qui opposaient des raisons à leurs prétentions; on

En effet, un jour, les coteaux qui enveloppent la vallée furent couronnés successive mu m de troupes armées.

Cependant Sitjild, élu Brenn, n'avait pas perdu de temps. 11 s'était d'abord entouré de tous ses anciens compagnons d'armes; auprès de lui étaient venus se ranger beaucoup de jeunes gens qui préféraient le métier des armes à ceux de pasteur et de cultivateur.

Le nouveau Brenn avait de l'or, il payait des hommes au besoin pour travailler à l'oppidum. Plein de respect et Je déférence pour les Druides, il avait embelli le NémcJe; il semblait ue l ien l'aire qu'après a\ o:r consulté les Ovales. Il leur donnait les produits de ses chasses, et avait l'ait dé-

Le camp prenait chaque jour un aspect plus formidable, mais le lire in et ses hommes ainsi que le cl lèse des Druides seuls y pouvaient séjourner. Comme autrefois, chaque homme de la vallée devait donner une journée sur quatre aux travaux de fonitîcation, et de plus, les habitants dti Val d'Avon fournissaient les vivres au\ guerriers. On commençait ccpcnJam â murmurer, ù -e plaindre de. exigences Je ceux-ci, et les choses n'auraient probablement pas duré sur ce pied longtemps, quand i'ennemi annoncé parut.

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Le bruit des trompettes se fit entendre nussîtôl dans te camp, le signal était convenu et l'on vit les malheureuses familles du Val se précipiter en désordre vers le pont, poussant du van i cLcs leur? bc'-ti;iin, e; emportant sur leurs

précieux, des provisions, des vêtements et jusqu'il des ustensiles de ménage. I,e pont ne pouvant suffire à écouler cette multitude elliirée qui se pressait il Sun entrée, des

bas. P P

Lus partis armé- qui avaient apparu sur les coteaux, -oit prudence, -oit qu'ils attendissent un ordre, ne se pressèrent pas Je descendre Jau- la '.allée el la nuit tomki sans qu'un seul ennemi quittât ses postes d'observation.

Ce,te nuit fut cruelle pour les habitants du Val. C'était à l'automne, il faisait déjà froid. Ils arrivaient haletants dnns 11- camp, couverts de sueur-, la fraîcheur du soir les glaçait. On s'appelait, on se cherchait, et bien que la place ne manquât pas, il semblait que jamais celle ioule ne par- \ tendrait à -e caser sur le plateau. On allumail des leu\; le- guerriers, compagnon- Je Si^iKl, couraient :'i cbcvsl.au milieu de la foule mlulée. e—ayaient de se faire entendre et de mettre un peu d'ordre dans cette confusion, car, chaque tribu avait son quartier tracé d'avance par les soins du Brenn. .Mais jeux qui éiLiicn: arrivés les premiers sur un point, ne le voulaient point quitter ut reprendre leur baillée pour le porter ailleurs. Les bestiaux munissaient ou bêlaient, les enfant-, pleuraient, les femme-, -c lamentaient. La vallée présentait un tout autre spectacle ; animée la veille, éclairée par les feu\ des maisons qui scintillaient à travers lus arbres, remplie des bruils du soir, à cette heure elle était silencieuse et déserte, on n'y distinguait ni une lumière, ni la moindre apparence de vie. Un pâle brouillard s étendait doucement sur les prés. A la nuit tombée,

ÎO HISTOIRE M'USE FOBTEBESSE.

SigilJ fît fermer les barrières du camp, avec défense, sous peine de la vie, de les ouvrir devant qui que ce fût. Aussi beaucoup de familles retardataires Jurent rester en dessous des remparts en attendant le jour.

Le visage souriant, le Hrenn parcourait au pas de son cheval les quartiers Ju camp; il parlait à mus et sa voix douce et pénétr.uite -cmhlai: rétablir l'ordre et le silence partout où elle -e lakiU entendre. Sus paroles, ses avis, la fatigue curent bientôt fait succéder une apparence de calme à la confusion du premier moment. Alors le Brenn rentra dans la case qu'il avait fait établir pour lui, sur la pointe du promontoire, en avant du Néméde, et il appela Tomar.

Tomar était un de ces guerriers éxanqcrs à \o vallée, que Si;;ilJ uv.iii miiiiiicmis prés de lui, apiv- l'assemblée dont il a été précédemment parlé. Ces guerriers étrangers avaient- ils été forcés du quitter leurs pi-ovinces par suite de h dévastation de leurs biens et de la ruine de leurs familles, ainsi que l'avait affirmé 1 le Brenn, ou avaient -ils été expulsés par leurs compatriotes pour quelques méfaits? nous ne saurions le dire. Toujours est-il qu'ils étaient dévoués corps et àme à Sigild qui, d'ailleurs, savait rc-

hérissc de cheveux durs et fournis, sert difficilement. Son visage conservait de d'immobilité, et, n'étaient ses veux gris,

longs, tombant toujoi lourdes et pliées. Toi

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tudc, l'ordre le plus parfait, de ses observai: on s. il parlait plusieurs dialectes gaulois, mais personne, pas même Sigild ne savait sa vie passée. Tomar riait rarement. Un marchand avait apporté dans la vallée un singe; devant les grimaces de ce quadrumane, T. ■inar partit d'un éclat de rire. C'était à peu prés le seul qu'il se fût permis, et si l'on voulait trouver quelque apparence de sourire sur ce visage épais, il fallait parler du singe.

Suivant son habitude, Tomar entra dans la case du Urcnn sans plus faire de bruit qu'un chat, et se plaçant deïant SigHo 1 : i Me voici, dit-il. — Tomar, je compte sur toi'.

— Oui. — Tu va- sortir du camp sans que personne, tu cr.tcud> I personne! ne soupçonne ton départ. — Oui. — Tu iras sur la limite des Séquancs, tu sais? — Oui. — Tu parleras a Ditovix, tu sais? — Oui. — Tu lui demanderas du.] cents guerriers.... qui n'ont rien à perdre. — Oui. — Tu lui diras que ce- guerriers trouveront ici des terres et l'abondance. — Oui. — Tu les Ci induiras par les forêts en t'éclairant bien. — Oui. — Pour aller il te faut trois journées; pour l'entendre avec Ditovix, une journée; pour réunir les cinq cents nucnïers, si\ jours ; pour les amener ici, quatre jours; total : quatorze jours. Le soir du quatorzième jour, à dater de demain matin, tu seras avec les cinq cents guerriers à trois milles du camp, vers le Nord, dans les bois. Au coucher du soleil, tu dresseras une perche sur un des arbres les plus élevés ; quand finira le premier quart de la nuit, tu hisseras un fagot allumé au sommet de la perche. Tes guevi iers seront sous les armes et au-sin'a, avec Je grands cris, vous vous préc : .piiere/. sur les ennemis qui seront entre vous et nous. Nous sortirons en meule temps et tomberons sur eus.

— Les ennemis seront là ?— Les ennemis seront là, parce que s'ils veulent assiéger le camp, ils ne peuvent se pos ter ailleurs.... Ils seront là. — Bien, je pars. — Écout: !

Si voua rencontra, dm partis ennemis, dites que vous avez des griefs contre nous et que vous venez, vous venger, sachant que nous sommes sur le peint de succomber. On acceptera ou on refusera votre concours. Si on l'accepte, les guerriers de Dhovix occuperont une partie du camp ennemi, et au signal, jetteront la confusion de tous côtés pendant que nous sortirons des remparts pour tomber sur .eux; si un le refuse, vous feindre/ un vif mécontentement, vous ferez toutefois semblant de vous retirer et à la tombée du jour vous reviendrez au lieu indiqué. — Mais si les ennemis occupent ce point ; — Ils ne l occuperont pas parce que nous les obligerons bien de se concentrer autour de nous. Tiens, voici de l'or et cet anneau bien connu de Ditorix.... Écoute encore; pendant l'attaque, au milieu de la nuit, les guerriers que tu amèneras et nos hommes ne se cunr.ai-sant pas. pourraient s'entre-luer. Fais poser à tous tes hommes, avant le combat, un collier d'herbes autour du col. et mette/, le feu à tout ce qui peut

de branclisges; nous aurons au.si des collier- d'herbes et

crient : Siyild! en attaquant. Les nôtres répondront par le même cri.... Pour mettre le feu sûrement, ayez des charbons allumés dans des vases de terre ; qu'il y ait au moins un vase par cinq hommes. Si on accepte votre concours, tenez autant que possible un quartier séparé ; là, il ne sera pas difficile de former vos colliers d'herbes, et vous aurez vus Jeux allumés dont v.ius pourrez vous servir, comme vous utiliserez aus-i le- ieux de l'ennemi. Mais si par devance vos signaux d'attaque, et au lieu de colliers d'herbes, ayez la jambe droite nue.... Quatorze jours! — J'ai

Sigild avait fait entourer le camp d'un certain nombre

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