HISTOIRE D'USE FORTERESSE
de tours de charpente posées sur ['aneien rempart renforcé, ("es tours, don: l'aspect eii donné par la figure !■, éuicui (ailes de troncs d'arbres empilés ei assemblés ;'i leurs extrémités. Elles formaient saillie sur le rempart. A leur sommet, était disposé un plancher de bois entouré de clayonnages servant de parapet, et on montait sur ce plancher au moyen d'une échelle placée dans l'intérieur de la tour. Le rez-de- chaussée abritait les hommes chargés Je la défense des tours et qui veillaient au sommet. S'ils
apercevaient au dehors quelque mouvement suspect, ils devaient donner l'alarme en soufflant dans une corne. SiaMd avait fixé le nombre des hommes pour chaque tour à vingt. Deux de ces vingt hommes se tenaient jour et nuit sur la plate-forme. Le jour étant divisé en quatre parties ainsi que la nuit, c'était huit hommes de faction pendant le Jour et huit pendant la nuit. Des quatre hommes restants, le premier remplissait les fonctions de chef de la tour; !e deuxième veillait aux approvisionnements et à la distribu-
à la di-po-nion ilu chef pinir porler des messages ut réclamer dus secoure au besoin, et le quatrième avait pour mission de réparer les dommages causés aux défenses en cas d'attaque.
L'enceinte mesurant quatre mille cinq cents pas et les tours étant espacées de cent pas. il y avaii donc quaramccinq tours, v compri- celle- plus furies el p:us hautes établies des deux côtés des entrées. Neuf cents hommes suffisaient à leur garde. Sigiid avait tu la précaution du faire apporter, dan- Pence: nte de rnppidum, des approvisionnements de bois et de branchages. Par ses soins, les puits avaient été approfondis, un fos-é était creusé en dehors des remparts, vers le Nord. Indépendamment des troupeau! paissant habituellement dans le camp, il était entré sur le plateau un grand nombre de bestiaux avec les familles réfugiées. .Mais il eût élé impossible de faire vivre ce bétail si des provisions de fourrages n'eussent été pru-
Entre les tours, Il garde des remparts était confiée ;t un millier d'hommes placés sous la direction de quarantetrois chefs; les deux entrées étaient sous le commandement de guerriers d'une bravoure éprouvée et bien connus dé Sigild.
Ces deux mille hommes er.viron éiaieni depuis longtemps établis dans le camp et avaient, en partie, exécuté les travaux de défense. Quant à la multitude de réfugiés, on pouvait l'estimer à douze mille âmes, et dans ce nombre, deux mille hommes au moins étaient en état de combattre, pourvus d'armes et habitués aux fatigues.
Sigild avait fait disposer des sortes de halles ou vastes hangars, à la place des hunes primitives tombées de vé-
tusté. Il y avait huit de cm halles ; une pour chaque tribu. Devant chacune de ces halles étaient disposés, régulièrement espacés, des hivers circulaires formés de pierres plates ci devinés à cuire dus aliments. Des que Le soleil
le plateau, succéda une rumeur confuse. Mais Sigild n'avait pas perdu de temps pendant la nuit, l,cs nid il:- étaient donnés à ses fidèles; huitchefs à cheval, suivis deguerriers, parcoururent la foule des réfugiés et indiquèrent à chaque tribu la place qui lui était a-iigncc d'avance, SjÏi par lassitude, soit par sentiment du péril, la foule obéit et, vers le milieu du jour, le camp ne présents;! plus l'apparence île dés i-Jre uu i. inni::ruit ia vc:l:e uu soir, Auviur des halles, insuffisantes pour contenir tant de familles, on inyait les hommes dresser des huttci de branchages. 1* gros hé:a.l était attaché a d.« piquets et broutait les h:rbcs qui n'avaient pas été trop foulées, les moutons étjicnt parqués, les femmes p-éparaient les repas du jour; les enfants cnuraient de tous côtés et semblaient heureux de cette vie nouvelle. Quant aux guerriers, silencieux, ils étaient mu- montés sur les remparts et les tours.
Le matin, un brouillard épais remplissait la vallée et les coteaux éi:iei i;e ii.ait des deu\ côtés ; sur leurs trètes n'apparaissait aucune troupe ennemie, et de la vapeur blanchâtre qui masquait le val, nul bruit ne sortait. Les ennemis s'étaient-ils retirés î Était-ce une fausse alerte ?
A peine si du camp on pouvait distinguer le cours de la rivière sous l'épaisse couche de brume qui la couvrait. Vers la fin du premier q::ar: Je. jour. Sigild fit sortir une troupe de cent hommes, avec ordre d'eiplorcr le pont, les bords de la rivière et du ruisseau. Si aucun ennemi n'était en vue, elle devait se diriger le long de ce ruisseau et faire une reconnaissance vers le Nord; elle devait éviter tout engagement. Dix hommes resteraient sur le pont, pour y
HISTOIRE D'UNE FÛRTEEt ESSE.
accumuler des broussailles et y meure le feu dès qu'ils apercevraient l'ennemi dans le v.il. Peu à peu le brouillard se dissipa el au milieu du jour le soleil brilla de lout son éclat sur l'étendue de la vallée. Tout étaii silencieux, l'air était calme et ou voyait au loin des bestiaux oubliés qui paissaient tranquillement. Alors bcauc up de réfugiés voulurent sortirci retourner dans leur* maisons, soit pour y demeurer, soit pour en retirer quelques objets qu'ils n'avaient pu emporter. Sigild doubla les postes des portes avec ordre de ne laisser sortir personne. 11 vint à l'une et à l'autre, et essaya de faire comprendre à la multitude que l'ennemi, loin de se retirer, n'attendait qu'une occasion de s'emparer des imprudents qui tenteraient de rentrer chez eux. « Ils sont cachés, disait-il , ils espèrent que vous re-
vos femmes et vos enfants, cuKime esclaves chez des na'ions d'outre les monts. » Malgré ces propos, l'affluent* était grande aux issues, et les guerriers avaient peine à maintenir la multitude, quand arrivèrent à l'entrée orientale une cinquantaine des guerriers envoyés par Sigild en recon-
ro^és par le Brenn. ;!t dirent : qu à envirur. trois milie pas du camp, vers le Nord, dans les bois, et bien qu'ils marchassent avec précauti m, ils s'étaient vus tout à coup entourés d'ennemis; que b.-aucoup d'entr'eu* avaient été tués ou pris et qu'ils n'avaient dû leur salut qu'à la connaissance des localités, en se jetant dans un étroit ravin rempli Je broussailles et Je t mîtes d'arbres pourris qui débouchait sur le ruisseau non loin du camp. « Votre ehei'c-l tué, dit le Brenn. — Nous ne savons. — Vous l'avez abandonné ! — Nous avions ordre d'éviter tout combat! — Vous n'avez pas perdu vos armes? — Nous avons nos
silencieuse il wr campe-
Siiîild su dirigea alors vers l'extrémité Nord du camp, il regarda longtemps à travers la profondeur des bois, puis il fit venir sur ce point cinq cents hommes armés pris parmi les tribus, en sus de ceux qui étaient à leur poste; il les fit placer en arriére du rempart et leur commanda le
et parla bas à chacun des chefs. Lorsque tout à coup une clameur s'éleva vers le midi du plateau. Le lirenn montant â cheval, s'y dirigea en toute hâte, mais on lui dit en chemin que le pont était en feu et que les dix guerriers laissés sur ce point remontaient par la porte de l'ouest.
. Vous avez vu l'ennemi, dit Sigild, lorsque les dix guerriers furent devant lui. — Nous l'avons vu, il se dirigeait en troupe nombreuse vers le pont, en cherchant à se dérober derrière les roseaux et les saules. » Sigild prit alors cent hommes parmi ses meilleurs guerriers et les posta sur les rampes du plateau, en avant de la porte de l'Ouest; il leur donna l'ordre d'accumuler dans le chemin creux des broussailles et troncs d'arbres, de se tenir en arrière sur les berges et de ne se servir de leurs arcs et de leurs frondes que quand ils verraient l'ennemi près de la barricade; s'il tentait l'assaut sur ce point en nombre, de rentrer et de garnir les remparts en prêtant appui aux hommes qui avaient charge de les défendre. Mais, â vrai dire, le Brenn ne redoutait pas une attaque sérieuse sur co front, difficile d'accès. 11 pensait que l'ennemi ne tenterait pas un assaut, ayant une rivière â dos, admettant qu'il parvînt à la traverser. Ses soins se portèrent de nouveau vers le Nord. En effet, de ce cûté, une faible dépression sépare le camp du plateau voisin qui s'élargit et permet la réunion de troupes nombreuses, avec une retraite assurée
HIST0IBE n'L'S'E FORTERESSE.
en cas d' in suc ci'. Puis il \e:iiHi d'acquérir lu certitude que l'ennemi occupait déjà « large plateau couvert de forêts. S:gild traversa de nouveau le camp dans toute sa lon-
s paroles encourageantes lorsqu'il rencontrait des regards inquiet-;. Sou calme, sa physionomie ouverte et souriante rassuraient les plus timides. La nuit se faisait au moment où il a!reign;>ii les ivmpaMs Ju m'ité Nord. ).e silence continuait à régner dans les bnis. L'obscurité étant complète, il fit passer quelques jeunes garçons chargés de bottes de paille et d'herbe sijcliu par-dessus les remparts, en leur disant de délier ces buttes dans le fossé creusé sur ce point au pied de l'escarpe. Puis à l'aide de perches, qu'on leur tendit, les enfants remontèrent. Sigitd permit seulement d'allumer quelques feux bas, masqués par le relief du rempart et on attendit. Le Erenn se promenait en entretenant quelques-uns de ses tidclcs a voix basse, et les guerriers debout, autour des feux contenus qui les éclairaient de reflets rouges, n'échangeaient entr'eux que des propos rapides et sourds. Quelquefois perçait un rire, aussitôt étouffé. Les gardes du rempart avaient ordre de veiller soigneuse
Ils dev
de terre sur les feux. Ils ne devaient point r tête au-dessus des parapets de clayonnagcs. ] claire, mais sans lune.
Un des chefs, au milieu du premier quart descendit du chemin de ronde et se diri Brcnn :
tendu crier des branches mortes. » Sigild n rempart entouré de plusieurs guerriers. — > /
tombèrent sur les feux en faisant jaillir des milliers d'étin-
Sijjild et 'es g-.icttcurs avaient vu doi corps Kanjh.'itrcs qui semblaient ramper en Rapprochant de la contrescarpe. Q:: ilque- un 1 - se laissèrent couler dans h t'ossé et.cn se poussant, gra.nn.-R: lescu-pe; ils .i::c:gnircr.l le clayon- Rage. N'entendant rien au dedans, ii> se reiourr.crcnt et prêtèrent la main û d'autres arrivants. Quand ils furetit «iviro:: jne cinquantaine .1 j sommet Je l'escarpe, on leur tendit des perches jarr es de crc::hets qu Y.s Usèrent au clayonnage ; puis ceux qui étaient resté* sur la contrescarpe tirèrent les perches.
Le clayonnage cala ci lus assaillants se précipitèrent sur le chemin de ronde. Reçus à coup d'epée par le* défenseurs, ils roulèrent la plupart jusqu'au fond du fossé. Alors, suivant l'ordre du Brcnn, des tisons enflammés furent jetés sur la paille disposée au fond de ce fossé, elle prit feu, et, répandant une vive clarté, permit de voir à cinquante pas environ de la contrescarpe tout un large front d'ennemis. Les frondes et les arcs jetèrent sur eux, du haut des tours, une grêle de pierres et de traits, beaucoup, parmi les défenseurs. : : 'apprè:a;e]-t à franchir les ilébvi-. du cUivi'r.!i!L£i: a ;'i descendre l'escarpe pour se précipiter sur l'ennemi; mais le Brcnn les retint en menaçant de mon quiconque sortirait de l'enceinte. La surprise était manquée, il y eut un moment d'hésitation dans les rangs de l'ennemi qui s'éloigna hors de la portée des traits.
Cependant ie Brenn fit relever tant bien que mal le clayonnage et doubla les rangs des défenseurs sur le chemin de ronde, tint pour opposer un front plus solide à l'assaillant que pour retenir les hommes du premier rang que l'ennemi chercherait â entraîner dans le fossé. De plus, il fit former entre chaque tour des pelotons d'une vingtaine d'hommes qui devaient se jeter sur les points
faibles et précipiter en bas du rempart les assaillants qui parviendraient à se maintenir sur le chemin de ronde, l'uis il envova à cheval quelques-uns Je ses ùdélcs sur les fronts Est et Ouest pour avoir des nouvelles ou pour avi-
mis se rapprocher en nombre dis fusse-, poussant un grand cri, ils se précipitèrent à !a fois sur l'escarpe. Ils furent durement reçus; le fossé remplissait Je morts et de blessés, ce qui facilitait le passuue au\ survenants, d'autant que beaucoup apportaient des fascines. A deux reprises,
dant que les hommes des tours, sortant à droite et à gauche, les prenaient en flanc.
Soit que la paille fût mal éteinte, soit que les assiégés jetassent encore des tisons dans le fossé, des fascines s'enflammèrent en brûlant les blessés qui poussaient des cris horribles.
I, 'attaque faiblissait. T.cs chefs Jes assiégeants donnèrent alors le signal de la retraite.
Un certain nombre des assaillants étaient restés vivants au pouvoir des assiégés. SigilJ donna ordre de les garder et de ne pas les tuer. Quant aux blessés demeurés en dedans des remparts ils furent égorgés.
Vers le milieu de la nuit, un vit des feux s'allumer dans les bois à mille pas environ du camp. Les'assiégés avaient perdu peu d'hommes, mais le fossé était rempli de morts et de blessés ennemis. CeuN-ci poussaient des gémissements qui interrompaient seuls le calme de la
Sigild veillait; il fit faire bonne garde par la moitié des guerriers pendant le troisième quart de la nuit, et par l'autre moitié pendant le dernier quart.
HISTOIRE D'UNE FOBTERES5E.
Ceux qui ne veillaient pas dormaient amour des feux. Le Brenn, à la fin de l'assaut, avait envoyé des messagers aux chefs des huit tribus pour leur faire savoir 1 heureuse issue de ce premier combat.
L'aube blanchissait, quand le Brenn se fit amener les prisonniers. Deuy ou trois parmi eu y parlaient le langage de la vallée, mais avec une prononciation étrangère.
Vêtus de chausses entourées de bandelettes et d'un savon fait de laine non teinte, avec une large courroie qui leur servait de ceinture, ils rappela. cru certains de ces marchands qui venaient parfois dan- lu vit! pour 1 im: i n^i .lu l'ambre jaune et du Cuivre contre du seigle, des fromages, des peauy tannées et de la laine. " Pourquoi venez-vous nous attaquer, dit Sigild. — Nous avons été chas-.é-' des contrées que nous habitons depuis très-longtemps, par des hordes venues du Nord. Ces hommes ont tué beaucoup d'entre nous, ont -iris nos femmes, ont égorge nos enfants; nous nous sommes rassemblés, ceuy qui étalent robustes et, passant un large' lleuvc sur des radeaux, nous avons été devait! nous, vers le -cleil couchant pour trouver une contrée où nous puissions vivre. On nous a dit, à deux joti r:iée^ d'ici, que ce pavs est bon et peut nourrir beaucoup d'hommes; nous sommes arrivés.
« Quand nos chefs ont vu que vous vous renfermiez, dans ce lieu, nous regardant comme des ennemis, ils nous ont dit qu'il fallait d'abord nous rendre maîtres du camp. Nous a ions ohé;. Nous ne vous faisons que ce qu'on nous a fait. — Pourquoi ne pas nous avoir- envoyé quelquesuns d'entre vous demander ce que vous vouliez. Je nous. ■ — Je ne sais. — Vous vous été.- présentés en ennemis, nous vous recevons comme des ennemis. Combien êtesvous ? — Beaucoup. — Va trouver tes chefs et dis-leur que si à la tombée du jour tous les hommes qu'ils entraînent avec eux n'ont pas quitté le territoire d'Avon, les
prisonniers qui sont ici seront livré aux supplices. — Je n'irai pas. — Pourquoi ? — Parce que nos chefs ne quitteront pas ce territoire; tu peux nous faire mourir, car si quelques-uns d'entre vous sont tombés entre nos mains
pa^nons tués celle nuit. — C'est bon. » Sigild donna ordre de meure des entraves à ces prisonniers, jusqu'à ce qu'il décidât de leur sort.
Le Brenn tenait beaucoup à ce que l'ennemi s'établit vers le Nord, en face du front faible de l'oppidum. Aussi faisait-il faire incessamment Je- reconnaissances sur le front Est et Ouest jusqu'à la rivière et jusqu'au delà du ruisseau puur empêcher l'assiégeait: île /établir sur l'un ou l'autre de ces deux côtés. Sigild avait installé sur les rampes c-carpées du plateau, en face du pont brûlé, un peiit camp gardé par Jcu.\ cents hommes. Les rec< mnaissanecs qu'il muhlpliait avaient ordre Je rapporter au camp des Lurrages, les bcsiia:i\ égarés qu'un pouvait rencontrer et de n'attaquer que si elles se trouvaient en présence de troupes peu nombreuses.
Mais l'ennemi ne paraissait pas nioir l'ituenlion Je livrer un nouvel assaut. Il s'établissait dans les bois, au Nord, sur les rampes des coteaux, à droite et à gauche, laissant entre lui et le camp la rivière et le ruisseau, puis on voyait Jes partis oui maraudaient dans le val pour faire du fourrage et pilier les habitations abandonnées. Il établit de l'autre côté du pont détruit une large palissade renforeée Jabalis Je ouïs, et en deux jours un pont lluliaiit sur la rivière, formé de troncs d'arbres attachés entre eux Ct maintenus par une sorte d'estaende faite d'éperons de bois fichés dans le lit ct inclinés vers l'amont.
11 était évident que l'assiégeant n'était pas pressé, qu'il vivait aux dépens des provisions laissées dans la vallée, et u'il voulait réduire l'assiégé par famine.
En effet, les habitants du val d'Avon n'avaient pu apporter avec eus que peu de vivres, ils avaient leurs bestiaux -, mais ceux-ci mal nourris, entassés, mouraient en grand nombre ; les vaches ne donnaient plus de lait et d'ailleurs le fourrage approvisionné diminuait rapide-
Le sixième jour de l'investissement, les chefs des tribus [imposèrent au Brenn de faire une trouée dans la ligne des ennemis pendant que les hommes conservaient encore toute leur vigueur, et de ne pas attendre que les vivres vinssent à manquer totalement pour se mettre à la merci dus étrangers. Bien entendu, le lirenn repoussa cet avis en déclarait: que le jour de la délivrance viendrait, qu'il fallait patienter. Cependant il lui importait beaucoup que l'ennemi resserrât sa ligne du côté du Nord. Aussi fit-il un soir, à la tombée du jour, assembler deux troupes, l'une à la porte de l'Kst, l'autre à la porte de l'Ouest. Il avait remarqué que l'ennemi préparait les repas le matin, avant le milieu du jour, et le soir au coucher du soleil. Après le repas du soir, on entendait des chants et des cris.
Le moment venu, il divisa chacune de ses deux troupes en deux. Les deux premières moitiés devaient se diriger le long des remparts et marcher parallèlement jusqu'aux bois: là, elles se jetteraient sur les deux lianes des postes avancés de l'assiégeant; elles ne devaient pas prolonger leur attaque, mats se retirer précipitamment au saillant Nord de l'oppidum. Une issue serait ouverte sur ce point. Pendant ce temps, les deux autres moitiés se réuniraient muiiLcs Je pieL:x devant ce saillant où. à l'aide de ces estaques, elles feraient une avancée (fig. 7], puis se retireraient à cent pas à droite et à gauche.
Les hommes de garde du front Nord avaient ordre d'ouvrir une tranchée de vingt pas de largeur dans le rempart, de jeter des fascines et des mottes de gazon dans le
fossé, et de préparer des chômages pour fermer celte coupure instantanément.
Les deux premières troupes s'avancèrent donc en silence; celle du côté de l'Ouest sortit plus tôt que celle de l'Est, afin d'arriver en même temps sur les flancs de l'ennemi. Les deux autres troupes les précédèrent et se postant à la pointe Nord de l'oppidum, enfoncèrent leurs pieux suivant les instructions données, puis se retirèrent à droite et à gauche. Il tombait une pluie fine d'automne et le ter-
rain était glissant. Il fallut un temps assez long pour que les deux troupes pussent se trouver en vue du campement ennemi. L'assiégeant n'avait pas de postes avancés, mais les troupes, campées en l'ace Je l'oppidum et à si\ cents pas
chantaient et buvaient le cidre et l'hydromel qu'ils avaient trouvés en abondance dans les maisons de la vallée. On ne pouvait tenter d'attaquer ce front; il fallait le déborder.
Les deux troupes s'éloignèrent donc de plus en plus l'une de l'autre et avancèrent avec les plus m'andes difficultés dans lus fondrières, sous bois, craignant à chaque instant d'être vues par l'ennemi. Celle qui manœuvrait sur la droite arriva enfin à l'extrémité du front, se cacha et attendit le -iitnal que devait donner celle de gauche en soufflant dans une corne; car !c lirenn avait supputé que le deuxième r.l Je droite serait arrivé à l'extrémité du front avant le détachement de gauche.
Cependant le temps s'écoulait, et S;s;ilJ, qui s'était avancé avec quelques guerriers à cheval sur la lisière du huis, n'entendait rien. Il envoya deux de ses guerriers à lu recherche de- deux troupes; ceux-ci ne pouvaient cheminer sous bi'is que t-cs-dùiicilcnicm et les feux de l'ennemi qu'ils apercevaient Je loin à travers les ;irh-es ne faKaieut que rendre leur marche plus pénible, en les cmpèciaut Je distinguer k terrain sur lequel marchaient leurs montures. Le front sur la droite de l'ennemi, du côté de la rivière, formait une courbe allongée et la troupe de gauche avançait îiinjours parallèlement à ce front sans trouver un point d'attaque.
Le milieu de la nuit était pa-.é qtniud celle troupe se vit enfin devant une coupure lahsée Jan-. !es abatis;mais cette coupure fnrmait un rentrant qui rendait l'attaque fort chanceuse. La troupe attendit que le silence se fît dans le camp. Les feux, irrégulièrement entretenus, jetaient çà et là des clartés vacillantes et les ombres qui passaient devant les brasiers devenaient de plus en plus rares.
Alors l'un des guerriers envoyés par Sigild arrivait; il jugea qu'on ne devait pas différer l'attaque sur ce point et qu'il fallait surprendre l'ennemi pendant le premier som-
Un des hommes donna le signal convenu et la troup= se précipita dans la coupure, égorgeant tout ce qu'elle
4G HISTOIRE d'une forteresse.
trouvait devant elle, en poussant des cris terribles, éparpillant les feux et formant le coin, de manière à ne pas se laisser déborder. Elle n'alla pas bien loin, car aux cris des assaillants et des blessés, on vit de tous côtés les hommes se lever et se diriger à la bâte vers le point d'attaque. La pelite troupe se concentra alors, et ayant de l'avance, se mit à fuir vers l'oppidum en suivant la lisière du bois le long des berges escarpées de la rivière. On entendait alors
Soit que l'ennemi, lancé à la poursuite de la troupe de gauche, débordùt celle troupe, soit que ce déiachci:ieu: s'égarât dans lu nuit, il ne put regagner assez, tôt le point culminant du plateau et continua de longer la rivière.
Quant i'i la troupe de droite, moins éloignée de l'oppî-
ellc se retira eu bon ordre ei s'en vint droit à la pointe des
poursuivie par la foule des assiégeants. Lu même temps arrivait sur ce terrain, la plupart de ceux des ennemis qui s'étaient mis à la poursuite du détachement de gauche.
Le lîrenn avait prévu le cas où l'attaque qu'il avait combinée ne réussirait pas de point e". point. .Malgré l'obscurité, il vît que ses gens ne précédaient pas, ainsi que cela eût dû être, les guerriers ennemis qui se présentaient sur sa gauche, il rentra donc à la hâte dans l'ouvrage .le pieux qu'il avait fait faire et donna l'ordre d'allumer des feux de paille.
Les deux détachements embusqués, à droite et à gauche en dehors du rer.-.p.irt, avaient ordre de n'attaquer qu'à un signal convenu. Arrivèrent d a ne simultanément a la barrière de pieux la troupe des fugitifs de droite, les ennemis qui les poursuivaient t'épie dans les reins et ceux qui cherchaient la troupe égarée de gauche.
Beaucoup entrèrent pélc-mèle dans /espace triangulaire
les gens qui dé rend ai cm le clayonnage remparant ia cou-
qu'ils voyaient aux mains avec l'ennemi. Le Brenn frappait au milieu de cette foule en essayant de rallier ses hommes. Il put se faire jour jusqu'au dayonuage auquel il s'adossa, et son exemple encourageant les guerriers de la
cependant allait s;:ns cesse grossissant. Quelques instants encore et on allait être culbuté y:,: l.i multitude des assaillants; les derniers arrivas poussaient ceux qui étaient devant cux;le clayonnage et les guerriers qui le défendaient eussent été entraînés par le Ilot. Le Brenn avec sa longue épie faisait autour de lui un cercle de cadavres et de blcs-
gnai. le son des trompes domina les hurlements des combattants. Il v eut parmi les ennemis comme un mouvement d'hésitation, puis se massant en cohue compacte, ils se précipitèrent sur la coupure qui céda comme devant un
Au même moment, on entendit sur les deux flancs de
laquaient cette colonne confuse à l'extérieur du rempart....
Ce ne fut qu'au petit jour que le combat cessa. Les ennemis qui avaient pu pénétrer dans l'oppidum étaient tués ou pris. Le triangle de pieux bouleversés était rempli de cadavres de part et d'autre. L'ennemi déconcerté par ces deux attaques simultanées de liane, se voyant coupé, ne pouvait plus, pendant l'obscurité, combiner un assaut. Il se retira. Toutefois ceux qui avaient été pris dans l'ouvrage auuicë et à la coupure de l'oppidum, défendirent chèrement leur vie, et les prisonniers qui furent poussés devant le Brenn étaient tous plus ou moins grièvement blessés.
Sigild éat
11 monta sur la tour la plus voisine et vit que l'ennemi se tenait à peu Je distance; il établissait une contrevallation d'abatis à trais cents pas de l'oppidum. Son attitude était menaçante, on pouvait craindre qu'il rie méditât une nouvelle attaque. I.e lîrcnii lit doue au plus tôt réparer la coupure et renforcer les parapets de clayonnages par des pieux solides espacés de deux pieds environ. De plus, il fit creuser un second fossé avec retranchement suivant une ligne concave, en dedans du saillant Nord de l'oppidum. Ce retranchement ne pouvait être aperçu du dehors. Il ménagea une issue à chaque extrémité appuyée à une tour. Le but était atteint, l'ennemi se concentrait devant le saillant faible de l'oppidum et se rapprochait. Toutefois les défenseurs ne comprenant pas les motifs qui avalent eni;a«é le Hrenn à tenter cette aventureuse sortie de la nuit précédente, hochaient la tète et paraissaient soucieux. Si on avait tué à l'ennemi de deux à trois cents hommes, on en avait perdu presque autant.
Celles d'entre les femmes dont les époux étaient morts remp!i-.-:iient le camp de leurs gémissements. Sigild devait Cependant inspirer la confiance à ses frères d'armes jusqu'au dénoûmcm préparé par lui. Il rassembla les chefs des tribus : « Vous voyez bien, leur dit-il, que nous ne pouvons faire une trouée dans ces lignes qui enserrent le camp. L'ennemi est très-nombreux, audacieux, nu se laisse pas déconcerter. D'iiiKeur-, abandonnerions-nous ici des vieillards, des femmes et des enfants qui deviendraient sa proie!.... A coup sûr, en supposant qu'une troupe de guerriers hardis p,\t passer à travers tant d'ennemis, ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants ne les pourraient suivre. Si j'ai fait faire une sortie la nuit dernière, c'est que
H ISTÛI RE tl'llNE FORTERESSE. 49
j'entends obliger l'ennemi à concentrer toutes ses forces vers le Nord, ce qu'il fera d'autant plus volontiers que c'est te point le plus faible de la défense. Quand nous l'aurons
ferai préparer et que cinquante hommes pourront établir en peu de temps, et nous fuirons vers le licuve.... quand nous saurons que nous n'avons plus en vivres que ce que nous pourrons emporter. Des amis, que j'ai fait prévenir, :mus guideront chez des tribus voisines, de notre race, et qui nous accueilleront avec joie parce qu'elles manquent de bras pour cultiver de grandes terres qu'elles possèdent.... Aiii^i rassure/ les ti'ibiis, les guerriers ; tout est prévu. Mais pour la réussite de ce plan, il faut que nous ne lais- •i:ins nulle trêve à l'ennemi, tant que mais demeurerons
A. défaut de meilleures raisons, les chefs des tribus parurent ajouter foi aux paroles de Sigild. L'air confiant de celui-ci, sa bonne mine, l'activité qu'il déployait, le soin avec lequel il s'cnqnerair de toutes cluses, lui attiraient toujours I.t. sympathie des malheureux assiégés.
Ainsi qu'il l'avait annoncé, dan. le petit camp situe audessus du pnn: brûlé, il il 1 , c-ub!ir de-, radeaux légers qui pouvaient être attachés rapidement les uns aux autres. Il allait voir le travail et paraissait y attacher une grande importance. I! donna l'ordre d'éj>oi-«cr les prisonniers gravement blessés; quand aux autres pris dans la dernière af-
ii les faisait à peine surveiller la nuit, pensant que plusieurs parviendraient à s'échapper et qu'ils feraient croire à l'ennemi que les vivres ne manquaient pas. C'est aussi ce qui
arriva. Une nuit, trois des plus robustes parmi les prisonniers parvinrent à sortir do la fosse, à se glisser le iong uVs remparts et à régner le camp de. assiégeants. Alors Sigild lit tuer les autres.
Des hommes qui n'étaient puint préposés à la garde des remparts, Le Hrenn avait composé quatre corps de trois à Cinq cents hommes chacun, et à certains moments du jour et Je la nuit, il faisait sortir ces hommes par l'une ou l'autre porte, avec la mission d'inquiéter l'un des deux cotés du campement ennemi ou les deux à la t'ois. Un ne perdait pu* grand monde de part et d'autre, dans ces es-
ce^e l'allégeant eu haleine, de le fatiguer et de lubligcr à se concentrer. Aussi étail-il visible que l'ciiiiciui préparait un assaut général. On le voyait amonceler des fascines. Couper de longues perches, disposer des mantelets d'osier.
Le matin du qualor/.iéme jour du siège, sur les co;eau\ environnants, â peine voyait-on quelques partis clair-seméset, dans le Val, la palis. ade établie en face du pont détruit ainsi que le pont de radeaux étaient seuls occupés encore par des troupes nombreuses, t il est certain, dit
désordre de l'ennemi pour exécuter notre projet de fuite. » Les préparatifs de l'assiégeant paraissaient fi irmidaNes et il régnait dans le camp, en face du saillant Nord de l'oppidum, une grande aclh ité. De .un coté. SigilJ i;e négligeait
inclinés pour y accéder facilement.
De part et d'autre, on se préparait a une lune décisive.
Le retranchement établi en arrière du saillant clair bien muni, el le Breiin exerçait ses hommes à sortir en masse par les deus issues cxlrémes maires dans ce retranchement pour prendre l'assaillant en tlanc.
Toutefois celte journée se passa sans combat. Le soleil couché, le Brenn monta sur une des tours et interrogea l'horizon, Ses li.léles croyaient qu'il examinait ies mouvements de l'ennemi ; il at [enduit 1.' signal du Tomar. La nuit s'écoula, nul signal n'apparut.
Sans rien laissjr paraître des graves inquiétudes qui l'assaillirent pendant celte longue nuit, le lirenn, dès le lever du soleil, disposa ses guerriers au* points qu'il supposait
L'ennemi se massait en deux grosses troupes à trois cents pas de l'oppidum; il avait amassé une prodigieuse quantité de fascines devant lui, des poutres et des claies. Le soleil était déjà élevé au-dewas du l'huri/.on quand il se mit en mouvement. En avant, s'avançait un front de guerriers couverts par de- ntaitelci- d'osier qui le.- préservaient des traits et des pierres.
Ainsi atteignirent-ils la contrescarpe du fossé, en dépii des projectiles des tours. Là. ils affermirent ces claies, et peu à peu derrière elles vinrent se poster beaucoup d'ennemis portant des fascines. Puis, par-dessus ce manteau, ils jetèrent dans le fossé un grand nombre de ces fascines. Quand ils jugèrent que celles-ci étaient en quantité suffisante, ils lancèrent dessus des brandons cnflam-
Les assiégés ne pouvaient opposer à ce genre d'attaque aucun obstacle. Ils lançaient force traits et pierres sur les assaillants, mais ils n'en blessaient qu'un petit nombre et d'ailleurs ceux-cî ne semblaient pas se préoccuper de Ces projectiles. Le vent venait du N. O. Bientôt les fascines s'enll animèrent et la fum;e, les étincelles aveuglaient les
nages des remparts.
Sigild, froid, calme, avait fait retirer ses hommes dcrrièrc le second retranche me m. > L'ennemi, disait-il, ne pourra passer que quand tout sera consume, ce sera long; laissez-le s'établir sur le rempart et crier victoire. C'est alors que nous agirons. » Kn elîet ces bois verts brûlaient
ir.can décentes pour entretenir l'eu, cela ne finissait pas. L'ennemi s'impatientait, l'assiégé prenait la chose gaïement. Vers le milieu de la seconde moitié Ju jour, cependant, le feu s'étigenit sur quelques points; jetant delà terre et des tronc-. d'arbres dans les fisses, sans apercevoir nul défenseur, l'assiégeant crut que les rempans, intenables, étaient abandonnes. Poussant des cris, il su précipita sur les escarpes, franchit les clnvomia<;esà demi consumés, et,
pacte dan- le camp lia.. H.. Là 11 fut reçu tout à coup par une pluie Je traits et de pierres; sans hesi tilt ion cependant, il se rua sur le retranchement qui ne présentait qu'un faible relief et un fossé peu profond, pensant l'emporter facile- Mais ce retranchement était solide, des pieux épais et aiguisés le garnissaient. Les assaillants se poussant, s'aidant les uns des autres, attaquaient sa crête; ils étaient reçus à coup d'épée et de piques et retombaient mourants sur leurs camarades; d'autres les remplaçaient. On marchait sur les corps des blessés qui peu à peu comblaient le vide du fossé sur quelques points. Plusieurs parmi les ennemis étaient parvenus à s; jeter au milieu des défenseurs et ouvraient de lungues trouées dans iesquelles aussilot s'élançaient des braves. Le front profond qu'avait établi le Breîn derrière le retranchement était entamé; c'est
HISTOIRE 0\^t FORTERESSE. 53
alors qu'il démasqua les doux issues extrêmes en faisant sortir par chacune d'elles les deux troupes de guerriers choisis. Ceux-ci longeant le rempart abandonné, tombèrent sur le liot épais dus assaillants. A peine avaient-ils assez Je p^u'u pour se mouvoir, tant la futile étai: serrée, tant elle se pressait contre le retranchement. Les deux troupes l:iuchaiuu devant elles pour se faire jour et avancer. .Mais il arrivait toujours des ennemis et la place conduise était
aussitôt remplie par les nouveaux venus, qui, sans se préoccuper de ces attaques sur leurs flancs, se pressaient au centre avec acharnement.
Le fossé était comblé avec les morts, cl les fascines sur une longueur de cent pieds, les pieux ébranlés, naramissnient à peine les défenseurs. Au bruit de l'assaut, beaucoup de femmes étaient accourues. On les voyait, les bras nus, élever des pierres au-dessus de leurs tètes et les jeter, en poussant des cris rauques, contre la poitrine des assail-
lants ; ou bien, armées de eus pi I uns Je bois qui broyer les herbes et la viande dans des pierres cre les repas, achever les blesses tombés en dedai
blessés. La poutre était dJ|à plus qu'à moitié enlace i l'intérieur de la défense, quand les femmes accoururent et se précipitant comme des louves sur les lianes de la colonne, passaient entre les guerriers, s'accrochaient aux jambes des porteurs. L'énorme poutre vacilla, obliqua et entraîna dans su chute assaillants et défendeurs, pris sous son poids. Sigild, prolitant du désordre, s'élança alors sur la brèche, suivi par une troupe de guerriers qu'il avait, non sans peine, tenus en réserve. A son tour, il se fraya un chemin au centre de la cohue des assaillants. Voyant ce mouvement, les guerriers qui étaient sortis aux deux extrémités du ret:\i ne hersent intérieur redoublèrent d'cll'orts. D'autres s-e jetèrent sur le chemin de ronde par les issues
dedans ou en dehors du rempart. Ceux-ci. resserrés dans cet espace étroit, entamés au centre, ne pouvaient faire usage de leurs armes. QuekjUes-tuts tombaient et étaient étouffes. Ceux qui étaient sur la partie saillante du remt le dos et fu\ aient au milieu des arrivants = qui se passait derrière le rempart.
tant plus la voi.\ des chefs, co -.tinuait ù s'accumuler dans le fossé, su: les escarpes et le chemin de ronde en si grande presse qu'elle ne pouvait agir que par sa masse, et se pré-
sentait aux coup* sans piiiiuiir se défendre. Ut plupart jetaieni leurs boucliers qui puaient leurs mouvements.
Sigild avançait toujours, et tous les guerriers qui ne défendaient pas le rciranchcnu-ni foiuuiicnt derrière lui une colonne de plus en plus épaisse : sitôt qu'ils étaient en dehors du retranchement ces guerriers se tournaient le dos et se jetaient sur la masse des assaillants séparés en deux foules. Ces hommes, pris comme dans deux tenailles par les guerriers de Sigild et ccu* venant des issues extrêmes du retranchement, étaient é^ovaé'. sans combattre.
Les chefs ennemis Cuisaient en vain sonner la retraite. Tous les assaillants qui étaient accumulés entre le rempart
Bien peu parvinrent à rejoindre leurs compagnons.
Les défenseurs ne s'arrêtèrent que par lassitude; ce n'était plus un combat, maïs un massacre.
Bien que les guerriers d'Aïon eussent perdu beaucoup des leurs, l'issue de cette action les avait enivrés; ils voulaient profiter du désarroi de l'ennemi pour sortir de l'oppidum et se jtfcrsurlui. Sigilddut, parles plus redoutables serments, leur jurer que la vengeance serait d'autant plus éclatante qu'ils sauraient attendre.
Il leur dit, d'ailleurs, que l'ennemi était très-nombreux , et que la perte qu'il venait de faire ne l'avait pas affaibli au point de le rendre. mép-i-uHr ; qu i! brûlait de prendre
rite des chefs des tribus, des Druides pour contenir les guerriers dans l'oppidum.
La nuit s'étendit sur cet étroit champ de bataille, cou vert de cadavres ci de blessés. I.e Breiui fit reprendte possession des remparts, réparer à la hùte les dayomiages, égorger tous les blessés ennemis et transporter les siens au milieu du camp où ils furent confiés aux femmes; alors il
espérait; i'percev-'ir lu -iyunl de Tomar. Mais la nuit était brumeuse et à peine disiini;iiaii-iui les fcu\ Je l'ennemi à
rois ou quatre cents pas.
Évidemment Tomar n'allumerait pas son feu, ou s'il
'allumai! il était impossible de le voir à travers la
Les guerriers, après cette rude journée, glacés par ce brouillard d'automne, s'endormaient prés des brasiers. Au* cris de victoire succédait un si lencc de mort, interrompu seulement par [es [téiul—cmeins de quelques bles-
Le Brenn sonpeuit s'il ne serait pas sage de suivre le plan qu'il avait tracé au\ cliefs des tribus : de quitter le Camp avant le jour en passant la rivière sur dus radeaux réunis, sans attendre que l'ennemi eût pu combiner un nouvel assaut..,. Les vivres manqueraient certainement
lait laisser quelque repos à -es guerriers. « Kncore un jour
Puis il smiii, rit poster sur le point attaqué des guerriers qui, ayant Rardé les remparts non entamés pendant l'assaut et n'ayant pas combattu, formaient une troupe fraîchi: de quelques centaines d'hommes. Des femmes même montèrent sur les tours. Il recommanda à tous ces défenseurs
vova plusieurs de ses u'déles sur le- ami e- fronts du camp en leur recommandant de surveille:' le- approches, île faire sortir quelques hommes par les portes pour reconnaître s'il ne se passait rien au dehors, d'allumer des feux à distance des remparts, afin d'éclairer les abords. 11 se dirigea vers l'extrémité sud de l'oppidum, vit que le petit camp, au-dessus du pont détruit était gardé ; mais reconnut aussi.
HISTOIRE D'UNE fortebksse. 57
à travers le brouillard, les feux Je l'ennemi d;ins le val en face de ce pont. .
On était au milieu de In nuit, Sigild, accablé de fatigue, revint vers le Nord et se relira sous une des tours. Quelques-uns des siens devaient veiller au dehors, autour d'un grand feu....
Le Brenn dormait, lorsqu'une main appuyée sur son épaule le réveilla. A la lueur d'un tortil de résine, il vit Tomar debout près de lui.... « C'est bien loi, Toirar ; ditil, croyant rêver. — C'est moi. — Seul ? — Seul ici; les guerriers sont là bas; le brouillard rendait le signa! inutile, je suis venu. — On t'a vu ? — Tes guerriers dormenl, personne ne m'a reconnu ; une femme m'a dit que tu étais ici. — Pourquoi un jour de retard! — Ditovix a réuni mille guerriers. — Ah ! — Ditovix est avec eux. - Un nuage passa sur le front du lirenn. * C'est un brave frère, dît-il, après une pause. Tu sais que nous avons été aiLaqué-. hier r — Je le sais, j'ai i u le champ d;s morts. L'ennemi est nombreux, il ne saurait retourner sur ses pas, il attaquera encore demain, il veut en finir. — Alors? — Alors Ditovix doit se jcier sur lui, avant le milieu du jour, quand il le saura engagé. — Eh bien: — Si
ser aucun avis, il attaquera. — Reste donc avec nous.... Tues cerlaïn Cjuc nous serons assaillis au jour? — J'ai longé le camp ennemi, nn prépare un nouvel assaut et des guerriers passent le long de la rivière pour atlaquer aussi du côté de l'Ouest.
Il n'y avait pas un instant à p;rdre. Sigild réunit ses fidèles et leur annonça qu'il fallait faire un dernier effort ; que l'ennemi, harcelé sur ses derrières par des tribus voisines, devait s'emparer de l'oppidum ce jour même, ou périr. Il présenta Tomar comme ayant passé la veille dans le camp des assiégeants et s'étant mis au fait de la situation.
Je se ian:cr. iamai* ne ■iisait le qe:an Je ce quii «viii.
S:^:!J ne Jl-po-ait guère, à la suite Jes Jivers assauts, q.e de :r'.i- :ï".i!le ho— mes en é:at Je o" mbanre. en défalquant k pj-te placé en face Ju pont brûlé. Il divisa son mande en trois troupes : l'une Je dou/c cents homme* environ, p-jur défendre les rempart. Je; Nord, la seconde Je huit cents hommes po-tés sur k rempart Je POlKst, et la troisième Je mille hommes qu'il retint au milieu Je l'oppUuffi sous son commandement direct.
Sur les autres parties Ju périmètre Je l'oppidum, il lit placer des hommes qui n'avaient point l'habitude Je combattre, dépourvus J'armes,mais en état ccpcnJant d'opposer une certaine résistance si l'ennemi se présentait. Des femmes furent po-tées dans le- tours en dehors Je* points d'jtuiqje pré-amés. Elle- n'avaient autre chose à faire que de jeter des pierres sur les assaillants.
Le jour tarJait à paraître tant le ciel était chargé Je vapeurs, cependant les guerriers, encouragés par les paroles Ju lîrenn, par leurs succès de la veille, attendaient l'ennemi, pleins d'ardeur. 1-es Druides informés par Sie.ilJ
brillante-- de-'.inécs. Le- Dr aide. -es, échevelée-. attachaient des branchages sacrés aux dayonnages des remparts.
On voyait distinctement alors un corps Je deu\ mille ennemis environ, ado— é à la rivière, en face le front occidental de l'oppidum. Vers, la lin Ju premier quart du jour, cette troupe gravit l'escarpement et s'arrêta à portée de trait. Puis, sétant divisée en huit groupes, chacun J'cu\ se dirigea muni de fascines vers une des tours. Les assaillants furent accueillis par une grêle de tièdms et de pierres. Ils avancèrent néanmoins «ans hésitation et accu-
mulèrent les fascinas au pied des tours. Ce n'était pas sans perdre beaucoup des leurs, car les assiégés leur jetaient de jlïïis caillou v et des troncs d'arbres par-dessus les parapets.
Plusieurs fois les assaillants tentèrent de mettre le feu ;ul.\ fascines; mais les bois étaient humides « les défenseurs jetaient des paniers de terre mouillée sur la flamme quand elle commençait à jaillir.
L'assaut du côté de l'Ouest durait dépuis quelque
■aiil.ini da Nord, dont les tours étaient en partie détruites.
Comme la veille, il se ruait en masse tellement compacte contre ce saillant qu'tl ne pouvait tarder à faire une
Siejld ht alors .sortir cinq cents hommes par la porte de l'Est, afin de prendre en flancla colonne d'assaut, pendant
l'ennemi était en dedans du rempart et les siens abrités derrière le retranche ment.
En voyant les monceaux de cadavres qui étaient restés dans cet espace, l'ennemi sembla redoubler de fureur et débo-.iait comme un flot par une large issue. Croyant en-
formait comme un second retranchement, coime lequel se heurtaient les assaillants, sans pouvoir l'entamer.
Arrivaient sur le flanc gauche de la cohue des assiégeants les cinq cents hommes sortis par la porte de l'Est, quand une immense clameur s'éleva du camp de l'ennemi.
Des cavaliers couraient, bride abattue, vers l'oppidum.
Le flot des assaillants hésitait. Attaqués sur leur flanc, à peines'ils résistaient, et un mouvement de retraite désordonnée s'accusait de plus en plus.
Ceu.i qu: avaient franchi le rempart, ne se voyant plus
regardaient derrière eux et ne lardaient pas à fuir v ers le
Sisiild comprit qui: Ditovix attaquait : alors rassemblant ses guerriers, faisant appeler tous les hommes répandus sur les défenses, il forma une épaisse colonne et passant sur le ventre des assaillants qui se trouvaient entre lui et le rempart, il le franchit, se réunit aux guerriers déjà sortis : > Maintenant, cria-t-il, en avant, l'ennemi est à nous, que
Les malheureux assiégeants, pris entre les guerriers de Ditovix et ceux conduits par Sigild, bien qu'ils fussent deux fois plus nombreux que n'étaient ces deux corps réunis, alfolés, ne songeaient plus à se défendre et se portaient tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, trouvant partout
Beaucoup essayaient de fuir vers la riv ière ou le ruisseau ; niais Tomar, qui était resté dans l'oppidum, sur l'avis que lui avait donné Sigild, envoyait les guerriers postés sur les remparts à leur poursuite.
Les assaillants, sur le front de l'Ouest, voyant le désordre qui régnait parmi les leurs sur le plateau, étaient descendus vers les berges. De ce côté, des guerriers sortirent en foule par la porte occidentale, rompirent le pont de radeaux et se jetèrent sur l'ennemi acculé à la rivière.
Ceux, parmi les assiégeants, qui ne trouvèrent pas la mort pendant cette journée, errants, traqués, périrent de faim ou de froid.
On avait cependant un millier de prisonniers, entre autres ceux qui gardaient la palissade dans le Val. lis furent éçorgés, dans le Némèdc , devant les Druides et les Druidesses. La plupart des morts furent jetés dans la rivière, et pendant plusieurs jours les riverains du fleuve trouvèrent-des cadavres arrêtés au milieu des roseaux.
Ditovix et ses s;u(j:Tiers avaient bravement fail leur devoir; les tribus du val d'Avi>:i !us cohm Juraient con-.mc. de* sauveurs, ui lor-^n..' les malhcurean ussiéiiJs retournèrent dans leurs maisons dévastées, ils s'empressèrent de partager le peu qui leur restait avec les nouveaux venus. Dans le camp ennemi, on avait trouvé des provisions, fruits du pillait, et sur lo cadavre- dus vaincus, un peu d'or, des armes; tout cela fut également distribué. Mais i'hi v\-i- Mpp;\.cli.i li. ii'sin h rra .: lai e: u .!i«pi:rsi>, lu- bernai] \ perdus ou mari«é-.. lu- r^crvo-i de grains détruite*. Il fallut acheter auv marchand- Je quoi Mibsi-lur : il fallut nourrir les alliés. La disette régnait dans cette vallée si prospère le mois précédent. Ces sauveur- étaient évitants et demandaient où étaient ces biens, cette abondance qu'on leur avaii promis.
Retirés dans l'oppidum avec les guerriers de Sigild, les homm.-s d.: Diioviv ;i;-Juii.:aieiii être les maitres, faisant sans cesse valoir l'étendue du service qu'ils avaient rendu aux habitants du Val d'Avon. Des querelles surgissaient
chique jour, et il ne fallait rien moins que l'ascendant que Sigild avait su prendre parmi les siens pour modérer leurs
Ditorti n-imwv&iait point er. :0m ceci. On lui avait demande secours, d.sa.t-,1 à Sigild, en promettant à ses hommes des biens, des richesses; que pouvait -il leur répondre, si on les laissait périr de misère?
Krovix avait amené mille guerriers au secours des habitants du val d'Avon, et, malgré les perles subies pendant l'action, îl s; trouvait, un mois après la destruction de l'armée e menue, que k- nombre de ces auxiliaires s'était singulièrement accru.
Us Druides intervinrent alors; ils représentèrent à Ditovix que si lui et ses Ruerriers avaient sauvé les tribut de la vallée d'une déduction totale, elles étaient réduites à la misère ; que si les familles mouraient de faim, le même sort était réservé à ses hommes, puisqu'il n'y avait plus rien à leur donner; que, dans l'intérêt commun il fallait donc aviser.
Ce fut alors que Ditovix changea d'attitude. « Je voudrais ramener dans leur pays mes guerriers, que je ne le pourrai, du-il. ils refîneraient de me suivre et se livreraient à toutes sortes d'excès. C'est a peine si je puis obtenir que de-, murmures ils n'en viennent à de fâcheuses eoremnés Pour les entraîner, j'ai dû promettre beaucoup, il faut les satisfaire. Ce sont des hommes habitués aux ombats et qui ont, la plupart, fait la Ri.erre dans | t .„ paj - outre-m >nts Ils mat impropres u travailler â Ij terre ou à soigner les bestiaux; que proposez-vous? .. Que demandez-vous? dirent les Druides. — J'assemblerai les principaux d'enlr'euv, je leur exposerai la situation des Choses et je vous ferai part de ce qu'ils désirent,... »
Diîovix et Sigild tinrent conseil, car l'un et l'autre sentaient qu'il était nécessaire d'obtenir les mîmes avantages
pour les guerriers de la vallée ci pour les auxiliaires, si on voulait éviter une collision. Les deux chefs appelèrent q-aciqje--uns Ju? principaux uiarcbaad- ,]ui paro Miraient lu valiJc afin d'obtenir Jeux qu'ils fournissent des denrées m.ivcunam certaines garunlies fort ;n:ii]laaii>os pour
Les choses réglées ainsi entre SigilJ et Ditovi.v, ils réunirent leurs fidèles et n'eurent pas de peine à leur faire acccp'.e;' lus conditions arrêtées entr'eux.
Voici quelles étaient ces conditions : L'oppidum serait placé sous la garde exclusive des guerriers du Val et des hommes de Ditovix. I Jeur nombre s'élevait à près de trois mille. Les hommes du Val leur donneraient une journée sur quatre pour les aider dans l'exécution des travaux né- Val, pour l'entretien ei la nourriture de ces trois mille guerriers, le quart des récoltes et le quart des bestiaux. Comme Dilovix et Sigild se chargeaient de subvenir aux besoins de la population pendant la disette, toutes les marchandises devaient être accumulées au bai du promontoire, au lieu où était le pont ; et les habitants de 1 , aient les recevoir et Ils éc lui ruer là, sans qu'il leur lut permis Je traiter dirccieme:it avec les marchands, sou- les peines les plus, sévères.
Si dures que fussent ces dispositions fiscales, il fallait bien les accepter, Ditovix, muni de bcau.x présents, quitta l'oppidum et laissa ses guerriers qui reconnurent Sigild pour leur lircnn. Le pont fut promptement rétabli et il s'éleva sur les deux ri. es. à ses débauchés, des maisons et magasins pour les marchand- el leurs marchandises. Les chefs des guerriers prélevaient un bénéfice sur tomes les ventes; ils avaient le monopole du négoce, puisqu'ils accaparaient tous les produits échangés.
Malgré l'étendue de leurs charges, et en raison même
de cette étendue, les habitants du Vol d'Avon firent protrie s'étendit. I.i pnpiLaiion augmenta. Beaucoup de marchands vinrent habiter dans le bourg bâti aux deux bouts du pont.
Trente années après le siège que nous venons de décrire! la vallée était donc en pleine prospérité, bien que les habitants soulïtis-em impatiemment la domination de la caste guerrière et trouvassent exorbitant de donner le quart de leur bien et de leur temps à ces hommes qui vivaient dans l'oisiveté, et joui lus chefs étalaient un luxe insolent. Souvent, il est vrai, ces guerriers entreprenaient quelque expédition ut ne revenaient pas ti'-.is dans la vallée ; mais ceux qui rentraient sains et saufs avaient le soin de se faire livrer l'arriéré des redevances et alors passaient-ils des journées à boire et à manger et étaient-ils plus exigeant- que jamais.
lisse recrutaient dans la jeunesse de la vallée et même parmi des étrangers, car il était imponant pour eux que leur nombre ne diminuât point.
Peu à puu le souvenir des événements qui avaient conduit à cet état de choses s'cllaça au sein de la population. Les petits-lils des guerriers de Sigild et de Ditovix regardèrent les concessions laites à leurs aïeux comme un droit de naissance, et les cultivateurs, bergers et artisans du Val, habitués à la soumission, finirent par admettre qu'ils étaient venus au monde pour servir et nourrir les hommes établis dans l'oppidum.
DIUK1ÈUE SIÉCÎ
Deux siècles et demi setaienl écoulés, la vallée d'Avon était devenue le centre d'uni: nombreuse et riche population du pays de Lingons. Au pied de l'oppidum s'étendait une \ iile à cheval sur la rivière, centre commercial as se/. iiii]ini'[;iut. car cette rivière étant liai ::;nl>!e au-dessous du promontoire, de; nombreux bateaux qui venaient du
chun.li-es provenant du midi et s'en rc;ourn aient empor-
des calées et fumées, du bois, des grains, iLs fruma^es,
L'oppidum était alors en partie couvert d'habitations avec jardins appartenant aux descendants des guerriers de .Si^iLl cl de DitovW. Ses remparts, réparés plusieurs Ibis, n'étaient pas en parfait état, on y voyait des ouvrages en terre, avec quelques tours de pierres sèches, principalement du côté du Nord. La partie de la ville sur la rive droite était ouverte, mais celle qui s'élevait sur les rampes méri- Jijnulcs du promontoire était enclose de murs bâtis en
66 insroinE d'une fobteresse.
pierres sèches, qui allaient joindre les rcinpnris de l'nppi-
U ne fiiuiliiiii pas supposer que celte ville présentât l'aspect de nos cités modernes. Lllu èmisistait en une série Je clôtures île bois on tic pierres sèches enveloppant des jardins au milieu desquels étaient b.itics les maisons de bois, couvertes de chaume ou de roseaux.
Cependant, sur la pointe méridionale de l'oppidum, en
vrage en pierre et bois qui se dessinait par-dessus le rempart (voir en A). C'était la demeure du chef des guerriers et de ses Ambacles 1 lesquels étaient nombreux.
Catognat était son nom, riche par sa naissance, il tenait à ferme les péages et les impôts d'un vaste territoire des Lingons et avait ainsi beaucoup accru son avoir. Par ses. largesses, il s 'élan lait de nombreux partisans et était toujours entouré d'une troupe de cavaliers équipés et nourris à ses frais. Par ses alliances de famille, il avait acquis une influence considérable jusque chez les Kdueus el participait aux guerres que ceux-ci soutenaient contre les Arvcrnes, 11 pouvait réunir de cinq à six mille guerriers, tant parmi ses clients directs que parmi ceux de ses Ambactes.
Lorsque César se mit a la poursuite des éiiiigrauis Helvètes qui prétendaient passer à travers la province romaine pour se répandre dans la Gaule, les Kduens lui avaient promis d'approvisionner ses troupes de blé.
Déjà les Helvètes, et après eux les Romains qui les serraient de près, avaient passé l'Avar', et les grains promis n'arrivaient pas. C'est qu'en clfet, cher, les Éduens, cer-
i. Fiiiloj picnicn dArouâ m ebtf.
HISTOIRE D'UNE FOBTEBESSE.
tains personnages intluonts , contraires aux Romains et craignant qu'une fuis un pied dans les Gaules, ils ne vount dominer le pays, apportaient mille obstacles à l'accomplissemeit des promes.es faites par les m.tgi-.trir.s de la principale cité de- Kducns.
Catomvtt était da nombre de- chefs les plus actifs opposés aux Romains et avait, parmi les auxiliaires que s'éit adjoint César, des amis ip.ii l'i n formulent de tout. De 11 cûté, il faisait transmettre aux Helvètes les rapports iî lut parvenaient, soit sur les mouvements de l'armée
César ayant eu connaissance de ces manoeuvres par Lis- , prit des mesures en conséquence, et après avoir ami etl grande partie l'émigration des I Iel vêtes, lorsque
is jours lais-és à ses troupes p air se refaire, il se remit de nouveau 1 la poursuite des Helvètes. Ceux-ci se soumirent pomptement, mais César n'avait pas oublié la part que Cannai avait prise dans l'affaire des vivres, auprès des liduens, et, pendant qu'il traitait avec ces derniers afin de soustraire une partie île la Gaule ù la tyrannie d'Arioviste, il détacha nue lésion et quelques troupes auxiliaires pour s assurer des di ~\>o -il ions des Lingons, s'emparer de Catnimat. des Helvètes auxquels il avait donné asile et châtier au besoin les habitants du Val d'Avon s'ils prétendaient soutenir leur chef.
Cito^nat, qui avait toujours des intelligences dans l'armée Je César, f.i: bientôt averti du danger qui le menaçait.
Il avait, eu elfe:, donné asi le h quelques (uvai'Js I lelvètes, ce qui portait le nombre de ses hommes à près de six mille, en admettant que les guerriers du Val d'Avon voulussent se défendre contre les troupes romaines. Réunis-
03 HISTOIRE D'UNE FOGTERESSE.
sant donc ses Ambactcsct les principaux parmi leurs clients, il leur représenta que l'armée romaine élait peu nombreuse, Jéjà éloignée des frontières de la Province, affaiblie par les combats précédents; que si elle avait eu raison des Helvètes en rase campagne, les choses eussent tourné autrement s'il eût fallu attaquer ceux-ci derrière des retranchements; qu'ils ne devaient pas souffrir que les Romains s'occupassent de leurs affaires ou de leurs démdes, pu isqu' eux-mêmes. Gaulois, ne se mêlaient pas de ce qui se passait dans la Province ; que les Romains étaient dans leur droit en interdisant le passage aux Helvètes sur le territoire romain, niais qu'ils portaient atteinte à l'indépendance de leurs voisins et de leurs alliés en prétendant faire la police chez eus sans y êire provoqués par une demande formelle ; qu'il savait, d'ailleurs, que les Éduens, tout dévoués qu'ils paru-sent aui Romain-, n'attendaient qu'une occasion de châtier leur présomption; que César allait divi-cr ses forces et que si les gens du Val d'Avon résistaient aux troupes envoyées coinrr C'ix, il-. doii'iL—.uent ainsi le signal d'une levée Je boucliers fatale aux armées romaines. Il leur dit encore qu'ils devaient se souvenir que leurs atcuv avaient fait trembler les Romains jusque dans Rome, et qu'il était honteux aujourd'hui de subir la loi de ces vaincus d'autrefois.
Catognat eut en outre la précaution d'envoyer de prétendus voyageurs dans les maisons. Ceux-ci rapportaient qu'ils avaient ni les troupes de César, qu'elles étaient exténuée*, manquaient de tout; que le; meilleures parmi ce; troupes avaient dû sans cesse donner contre les Helvètes; qu'elles étaient réduites des trois quarts, et que le reste se composait de recrues sans valeur et d'auxiliaires n'attendant qu'une occasion de retourner chez eux.
Ces nouvelles, répandues dans la vallée, produisirent plus d'effet encore que les discours de Catognat, car les
Gaulois ont, de tout temps, éié enclins à ajouter foi aux propos qui flattent leurs désirs, sans s'enquérir s'ils sont vrais ou faux. Si quelles vieillards, branlant la tète, disaient qu'il serait bon de savoir ce qu'on demandait d'eux, avant de prendre une attitude hostile, on leur tournait le lins. (iatognat, voyant ai:i:à toute la. population portée ù
et on entoura de palissade- la punie de la ville restée ouverte sur la rive droite. De plus, Catognat lit faire une coupure à cent pas de l'oppidum, entre son saillant Nord et le plateau. Ces travaux, entrepris à la hâte, n'étaient pas encore achevés quand les irotipes minâmes furent signalées. Les piétons l'avançaient en bon ordre dans la
les collines du même Coté^Nul soldat ne quittait son rang pour entrer dans les maisons el marauder, on n'entendait ni chants, ni cris. Les casaucs de bronze poli des légionmires brillait!» an snl.:il, et de 1 an d'unu'.icui à cette troupe l'apparence d'un long serpent de feu se déroulant dans les
Du réduit élevé, occupé par Catognat., on pouvait suivra les moindres mouvements des Romains.
Bientôt ils se déployèrent le long du ruisseau, leur gauche a^pny-e à la rivière et leur droite protégée par la cavalerie sur. les coteau*. ]j< légat Titurius envoya alors un messager dans la ville. Il était chargé de faire savoir auK magistrats que les Romains se présentaient en amis, mais que Catogiiat ayant donné asile à un parti d'Helvètes et ayant notoirement usé de son pouvoir pour empêcher les L'duens de remettre les vivres promis à l'armée commandée par César et venue dans la Gaule uniquement pour empêhér les Helvètes de la saccager, c'est-à-dire en alliés scru-
pulcux, on eût à remtiirc.saiis délai, ledit Catognat et les réfugiés Helvètes au Icgat Titurius, que cela fait, les Romains ne demanderaient que des vivres pour dis jours; ainsi qu'il est juste de 1j praiiquer entre alliés, après quoi ils retourneraient chez les Éducns.
Catognat, entouré des principaux parmi ses Ambactcs, était au milieu de l'assemblée des magistrats quand l'envoyé leur tint ce discours. Voyant ceux-ci hésitants, n Me
asile à des I k-! vêles qui >' 'in nies amis, mes hi'aes: je suis allié aux Helvètes, comme je >uis allié aux Romains. Si le Romains eussent élé battus par les Helvètes, et que quelques-uns d'entre eux, échappes au massacre, se fussent
l'iiduence que j'aui ius exercée sur le- détemuiLaiàins des Édueus, je ne saurais répondre. Les IMuens font ce que bon leur semble, et je n'ai pas à intervenir dans leurs affaires. Que les Romains s'en prennent aux Éducns si ceux-ci n'ont pas rempli leurs engagements. Pour moi, les Romains i;e m'ont rien demandé, je ne leur ai rien pro-
n i'a dresser, était-il nécessaire de le faire escorter par une légion : iist-ce ainsi que l'un procède entre alliés: Va dire â ton légat que nous sommes ici chez nous, que s'il vient en ami, nous le traiterons en ami; mais que s'il prétend diriger notre conduite cl nous mener comme des enfants, nous lui répondrons en hommes qui savent ce qu'ils ont à faire. • — Il a raison, il a raison, ctièrent à la fois les Ambactes. — Et accablant le messager d'injures, ils le poussèrent dehors; il fallut que Catognat intervint pour que la foule ne le mît pas en pièces.
Titurius avait pour instructions Je mciu^r autant que possible les habitants, ; i L 1 1 1 Je ne pas exciter les popula-
Jcs réclamations transmises par le messager, c'est-à-dire d'exiger la remise des Helvètes el de Catognat.
D'autre part, il avait ordre de pou— er celte e\péd:u'>n avec promptitude, César n'ayant entre les mains qu'un petit nombre de légions. Le légat renonça donc à investir la ville et l'oppidum, et pensa (n'ayant pas à craindre l'intervention immédiate d'u:i co:'ps Je secours) que le mieux serait Je porter tous ses otl'nrts \crs le plateau , espérant, par un coup de vigueur, emporter la forteresse. Cependant il était à Craindre que si on prenait d assaut l'oppidum, Catognat et une partie des Helvètes ne parvinssent à s'é-
Lc légat, Lt nuit venue, cherchait Jonc comment, avec les huit mille hommes environ, qu'il avait sous la main, il pourrait en même temps intercepter toutea communications du dedans au dehurset aitiiqucr vivement l'oppidum, quand. un centurion vint lai dire qae Jes habitants demandaient à l'entretenir en particulier.
Ceux-ci étaient Je; magistrats Je la ville basse.... Ernbrassaiit les genoux Je Titurius et vei>;int des larmes, ils lui dirent qu'ils subissaient bien malgré eux la domination de Catognat et Je ses guerriers; que ie messager envoyé dans la journée n'avait adressé à l'assemblée que des demandes ra i se nriahl pui^p e les i leh. ete: n'étaient entres dans la Gaule que pour piller, et que Catognat avait usé de son influence pour entraver la marche des Komains leurs alliés, venus pour détruire les 1 Icivétes; qu'eux, magistrat;., n'avaient mille autorité sur les guerriers, et bien peu sur le populaire asservi et trompé par les agents de Catognat ; que ce chef et ses hommes s'étaient réfugiés dans l'oppidum et dans la partie de la ville sise à la pointe
excès, puigqu on I Ti lu ri us releva veîllancc, il leur
garder comme ot position en lui dé ponts ouvertes, i
sur la rivière en aval de la ville. Une reconnaissance laite
que personne ne paraissait derrière les murs.
Tilurius lit donc à la fuis investir nulles ces issues, cl vers la mi-nuit un millier d'hommes, pris parmi les auxiliaires, occupait la ville bas;u, sans qu'on eût entendu un cri, sans apparence de dé-or.'.ie. J.e matin, les i;uemers Gaulois postés à la tête du pont, virent devant eux les Romains; ils adressèrent alors aux habitants mille injures, les menaçant de brûler la ville dès qu'ils auraient chassé les troupes romaines. Cependant les Romains abattirent ■bon nombre de maisons qui avoïsinaient la lête du pont ci se servirent de leurs débris pour former un retranchement de contrevalliitinn en demi-cercle qui s'appuyait des deux bouts à la rivière. Tituritis établit quelque:; postes le long du ruisseau et sur le grand cours d'eau : en amont de la ville il fît faire un pont de bateaux gardé par deux postes à chaque bout. Après quoi, il se transporta avec [: gros de ses troupes sur le plaleau du Nord.
Dès le lendemain, il lit tàter la place après avoir comblé
une partie de la coupure, mais Catognat avait fait supprimer les issues du front Nord, et fait compléter le rempart sur ce point. L'a-saut fut vivement repoussé. Le succès enhardit le-* assiégés qui accablaient le légat de sar-
d'bommcs déterminé* e; iiumbi\'u\ , occuper l'oppidum par un coup de main, se décida à cmrcprcndrc un siège cnrigle.
Bien (]ue la coupure l'aile par les défenseurs entre l'oppidum et le plateau, ne fût qu'à portée de trait du rem-
bléc, consolidée et nivelée. Alors, Titurius fit abattre beaucoup d'arbres dans les bois qui s'étendaient sur le plaican du :w.\\ et Ses lit amener en avant du camp.
Ces bois débités convenablement, un agger fut commencé à quinze pas des remparts, malgré les traits et les pierres envoyés par les assiégés.
Cet agger se composait d'une terrasse de cent pas de
pas. Des <:ei:\ eiV.és Je celle cutiptire, perpendiculairement, s'allongeaient Jeux galeries ;rin t \r solidement construite; au moyen de troncs d'arbres et couvertes; ces galeries avaient emiimi cent pas de longueur, l.'itgger était fuit de troncs d'arbres einpiiés. mêlés Je [erre, avec des rampes
pour limiter au sommet. Ce travail employa quelques jours, et comme pendant ce temps, les R, mains n'attaquaient pas et ne songeaient qu'à g;:ianiir !es travailleurs contre les projectiles lancés des rempatl-, le-, a.— :éi;és ne Cessaient de le; raiaef icr.:' o:: était à portée Je la vois) en leur demandant s'ils comptaient bâtir une ville et passer là l'hiver. Hais un matin les guerriers de l'oppidum d'Avon virent s'élever une tour de bols à l'extrémité des deux galeries. Cette tour, dont la charpcntcric avait été
effet, il fit placer sur les remparts, derrière les clayonnages, des tonneaux remplis Je poix, Je «ni issu et de menu bois sec, puis il disposa Jeux troupes prêter à sortir par les
de résine, d'élmipe et Je graine, (xi troupes devaient
sur les lianes de l'attaque, penJant que les hommes postés sur les remparts, enlevant quelques cl a}- on nage s, leraient rouler les tonneaux enllammés contre l'it^vr dont la face s'élevait sur la contrescarpe du fossé.
Du haut Je la tour, les Romains avaient pu voir ces préparatifs, et d'ailleurs ils -ne gardaient -.. .]i dénient sur les lianes du plateau chaque soir. Le légat, la nuit tombée, fit garnir ces postes de pieux et enfoncer en dehors dans le sol, un grand nombre de slimltli (fig. 1 1). Vers la troisième heure Je la nuit, les assiégés sortirent par les Jeux portes et viorcnl s;uis bruit, jusqu'à demi portée de trait des poires romains. A un siguiLl, donné île l'intérieur, les deux troupes se précipitèrent ù la fois sur les deux lianes Je l'attaque. .Mais avant même d'arriver aux palissades, beaucoup, blessés par les slimitli, tombèrent en poussant
<]6 HISTOIRE li'UNE forteress t.
des cris de douleur. Ceu\ qui atteignirent les postes, décimés par les traits que leur lançaient les Romains, hésitants en voyant tomber bon nombre des leurs, étaient plus disp iscs à fuir qu'à commuer l'attaque, quand ils se virent à leur tour pris en liane et a revers par les assiégeants. Des remparts, les défenseurs qui voyaient di'.iicilcment ce qui >c passai!, à cause de l'obscurité île la nuit, ne sachant si le désordre provenait de la fuite des Romains ou des leurs, n'osaient lancer des pierres et des llèches.
Cependant, les tonneaux cullammés roulaient devant la.
blessaient beaucoup. Ace moment, quelques-uns des fuyards faisant partie de-. Jcu\ Sortie--, l'entrèrent au camp en criant qu'ils étaient suivis par les Romains.
Gatognat n'eut que le temps d'envoyer du monde pour défendre ces deui issues et protéger la retraite des siens. Lui-même se porta au milieu de l'oppidum, avec une troupe d'élite, pour être à même de porter secours au côté qui serait le plus menacé. A la faveur de cette diversion, les Romains, tnoins inquiétés par les traits lancés du rempart, purent éteindre le feu. Ils prolitérent des dernières heures de la nuit pour faire avancer la tour, au moyen de rouleau.N, sur lesdem galeries jusqu'au ras de Wi^-yer, et le matin, les guerriers J'Avon ne lu L'en: pa-- peu surpris de voir cette lourde charpente, dominant tout le rempart et les tours de la défense.
haut de la tour des assiégeants, empêchaient d'approcher des défenses, et deux ciiljpulh-x, montées aux extrémités de i'agger, sillonnaient la partie de l'oppidum qui lui était opposée d'énormes traits, lesquels en sifflant tuaient et
HI5TOIHE D'UNE FOItTESESSE.
brisaient tout sur leur pawige. Deux onagres couvraient de pierres les échafauds que les défenseurs avaient éiahlis sur leur front pour battre Vj^i- et les mettaient en pièces.
Bientôt, un pont s'abattit des parois de la tour sur le rempart et les Romains, en bon ordre, s'emparèrent de la défense (fig. 12).
Catoglittt et ses fidèles, au nombre de cinq à sis cents, n'avaient pas attendu ce dénoûmcnt et s'étaient réfugiés dans le réduit bâti au delà du Némède, à la pointe Sud de l'oppidum.
Quand les assiégeants, auxquels personne 11c songeait pliia à l é.ister, furent rangés en nombre sur le chemin de
ronde et qu'ils eurent occupé les tours en tuant ceux qui s'y étaient réfugiés plutôt qu'ils ne les défendaient, ils se divisèrent en trois »ro«'.-, in.upes : les deux des ailes suivirent le rempart en dedans, prenant successivement les tours qui l'interrompaient. La troupe du milieu, disposée en coin, marchait droit devant elle et balayait le plateau. Ses ailes entraient dans les clôtures et les maisons tuant ceux qui essavaient de résister. Les malhcurcus défenseurs Cuvaient et s'accumulaient le long du Xémède. Plusieurs cherchaient à gagner le réduit; mais les issues étaient fermées, le pom détruil. ( ^v.njiiat abandonnait ainsi la plus grande parti.- des siens en les livrant à l'ennemi. Les guerriers d'Avon jetaient leurs armes cl tendaient des mains suppliantes vers les Romains. Titurius lit alors arrêter ses troupes et dire aux défenseurs que s'ils
leur ferait grâce de la vie. En montrant le réduit élevé au delà du Némède, les assiégés répondaient qu'il n'était pas en leur pouvoir de livrer Calogual, réfugié avec un petit nuinlTe de-* si,: lis da:is celio défense, mais qu'ils remettraient immédiatement le- I lelrètes encore au milieu d'euv. Le légat voulant, d'après les instructions données par César agir avec douceur, se contenta de cette assurance : Les Helvètes lui furent immédiatement remis et les gens d'Avon, desarmés, dépouillés de leurs vêtements de guerre, furent renvoyés dans la vallée, sauf une centaine d'otages. Toutefois, les quelques chjfs restés parmi eu.v, après avoir été enchaînés, durent être gardés pour être mis à la disposition de César. Quant aux Helvètes, au nombre de cinq â six cents, Titurius en garda quelques-uns comme otages, et pour le reste, désarmés, ils eurent ordre de retourner par le plus court chemin dans leur pays; des vivres leur furent distribués pour la route.
Les constructions du Némïde et son bols empêchaient