I. Voyez 11 figure
tir de l'ennemi le permettait, préparait des camouflets, des chicanes pour le moment où l'assaillant voudrait couronner la contrescarpe.
Le 25 mars, la troisième parallèle était terminée. La place ne se défendait plus que par de la mousqueteric, quelque-; pierriers et des grenades que, la nuit, de petits pelotons de sortie jetaient dans les tranchées.
Les cheminements pour couronner le chemin couvert et établir les batteries de brèche avançaient peu, grâce à l'activité de la garnison, qui semblait redoubler de courage en voyant l'ennemi se rapprocher et qui défendait ses glacis pied 1 pied.
Le i" avril arriva la nouvelle de la capitulation de Paris, de l'aKiicaiinn de l'KmpereLir et l'ordre de suspendre les hostilités. La garnison pouvait se retirer sur Ncvers par Auxonne, Beatine, A ut un et Chàieau-Chinon.
Le 5 avril, le colonel Dubois sortit de la Kochc-Poht à la tête de sept cents soldats de toutes armes ; c'était ce qui lui restait d'hommes valides.
Malgré son enceinte bastionnée et son grand ouvrage avancé qui existait encore en 1X70, tel que Vauban l'avait tracé, la ville de la Koche-l'i.mt n'eût pas tenu quarantehuit heures devant l'artillerie allemande. Quelques batteries établies au Nordsur le plateau, a l'Ouest et à l'Est sur les côleain, à une dislaïue de trois niille mjlres. eussent couvert cette place je projectiles sa:is qu'il kit passible de répondre, car le petit arsenal de la Roche-Pont, en sep. tembre 1S70, renfermait six canons de fonte et quatre pièces de bron7.c à âme lisse, un millier de kilogrammes de poudre et deux à trois cents boulets pleins.
Elle ne fut pas attaquée, bien que des corps ennemis se soient montrés non loin de ses murs.
Sa ;>amhuiL co:i?i-taU alurs eu i:n !jarde du i^éuc cl une brigade de gendarmerie.
Les gens de la Roche-Pont sont cependant patriotes et citent avec fierté les sièges nombreux qu'ils ont subis. Ils avaient, dès le mois d'août, organisé leur garde nationale, dont une compagnie d'artillerie. 11 est ïrai qu'on n'avait
pu distribue;!- à ees gardes iKiii-uuius que cent fusils à pierre qui gisaient dans la citadelle, et une trentaine de fusils à piston. Ces bonnes gens ne comptaient pas moins se défendre, fondaient des [\dles et faisaient des carii niches. Ils n'eurent pas la douleur de voir les Allemands chez. eux.
En 1 871, un capitaine du génie français, ayant fait partie de l'armée du généra! Boierbaki, était entré en Suisse ave c les débris de ce corps.
Le capitaine Jean avait reçu une balle dans la poitrine, :-.on luir. Je la frouiici'e, avait étJ recueiia di.:/. des pavsai-.s des environs de l'ontarlicr et sauvé par des douaniers suisses qui l'avaient fait transporter à Lausanne, où les
histoire touchante â mcjnler de cette triste période de DOS désastres, et ce serait à nous à récrire, car les Suisses ne snu; pas gens à faire parade du déeouemen; qu'ils ont montré en cette, circonstance pour sauver nos soldats harassés, allâmes gciés. Habitants des campagnes et citadins ont été au milieu des neiges du Jura, guider, rc-
l'em i a-ile et soins à nos soldats épuisés. Tous se louent de la conduite de ces braves gens.
Le capitaine Jean demeurait à Lausanne lorsque s'y trouva il, N,.., officier supérieur à la retraite. Les médecins pensaient que ie climat contribuerai! à la geérison du
avec la tendresse la plus attentive. Cependant les f.-rces ne revenaient pas, les svmpt.Vncs alarmants persistaient. Le capitaine Jean étaiide la RochcPnnt, il se lia d'amitié avec M. N ... et souvent, entre ces deux offtdcrs, i! était question de la dernière guerre, des ressources qu'on
HISTOIRE D'UNE ï 0 BT E t E S SE.
n'avait su ou pu employer, ci particulièrement de cette belle province de Bourgogne, placée sur le liane de l'invasion, si bien faite pour masquer et protéger un mouve-
droitc appuyée sur Besançon et sa gauche sur Dijon, largement approvisionnée par les bassins du Rhône et de la Saône.
Le capitaine employait ses loisirs à étudier la défense de sa chère petite ville dont il connaissait bien l'histoire et qu'il considérait comme un point stratégique d'une certaine importance.
M. N.... passa près d'un mois dans la société de cet
désastres; mais dont l'esprit actif cherchait, dans ces malheurs mêmes un enseignement, l'occasion de développer les ressources et les qualités propres à la France. Sur co sujet, les deux amis ne tarissaient pas, et les entretiens ne; cessaient que quand la sreur interposait son autorité de garde-malade pour exiger le repos et le silence....
En décembre [871, M. N.... reçut à Paris la lettre suivante, accompagnée d'un paquet de papiers.
• Monsieur ,
1 Mon frère bien-aimé est mort avant-hier dans mes bras; mort des suites de sa blessure et aussi peut-être de la douleur que lui ont causée nos derniers désastres, trop pénétré du souvenir ineffaçable des souffrances dont il a été le témoin.
« Il s'estéteinteonservantsaconnaissanco jusqu'au dernier moment. Je remplis fidèlement un de ses désirs en vous adressant ces papiers. C'est le seul souvenir qu'il puisse vous laisser, me disait-il encore la veille de sa mort,
des heures que vous ave/. bien voulu consacrer malade.
« Mon frère me parlait souvent de vous; i
. Quant à s vécu près de n . nu» de sympat
choc. Qu'il s'agisse d'une pièce de canon envoyant un boulet sur une plaque de fer, sur un revêtement de maçonnerie ou sur un êpaulement de terre; qu'il s'agisse d'une colonne d'assaut gravissant une brèche, la question est la même ; dans l'un et l'autre cas il faut opposer à la force d'impulsion une résistance qui en neutralise l'effet.
Lorsque les armes de jet r.'e.vislaient pas ou n'avaient qu'une portée très-peu étendue, il ne fallait opposer au choc qu'une résistance normale, opposer un homme à un homme, ou si on voulait être assuré du succès. deu\ hommes à un homme. Mais lursqin: les armes de jet acquirent une portée plus longue, la position de l'attaque et de la défense prit une certaine valeur. De là, pour les combattants en plaine, les premiers éléments de tactique et pour la fortification, des Ji-po'idfs île plus en plus compliqués.
Il est évident, par exemple, que lorsqu'il fallait en venir aux mains, combattre corps à corps pour vaincre un adversaire; si celui-ci se trouvait placé derrière une enceinte circulaire, l'obstacle qui le protégeait lui donnait un avantage considérable, avantage qui ne pouvait être compensé que par un renouvellement de l'attaque.
Pour faire saisir d'un coui d'ieil ce princip; si simple, soit (lig. 71")) uni: enceinte circulaire contenant quarante défenseurs espacés l'un dj l'autre d'un mètre, l'attaque corps à corps ne pourra agir qu'avec un nombre egsl ou
très-peu s'en faut, au nombre des défenseurs qui. eus, sont abri lés. Les assaillants auront beau s^ grouper en A, ils ne pourront toujours présenter qu'un Iront égal à celui de
la dtfense. et si ceik-ci est énergique, le triangle a, b, c viendra s'user en c.
Mais supposons que l'attaque pjssède des armes de jet 'fis- 77)i et 1 u ' au '' eu de se heurter contre l'enceinte cir-
HISTOIRE d'u^E FORTERESSE.
culaire, les assaillants Établissent leurs engins de A en B à bonne portée. Ils couvriront de projectiles le segment du cercle e, e, et les défenseurs ne pourront opposer à ce tir convergent qu'un nombre inférieur d'engins.
Pour compenser en partie cette infériorité, la défense ajoute à l'enceinte des appendices (fig. 78, voir en A), qui permettent d'opposer un front de défense presque égal au
front d'attaque comme quintité d'a-m:s de jet et tres-u;périeur par k relief et lu pi'mection. Mais naturellement alors l'attaque dispose ses engins ainsi qu'on le voit en H. .De telle s»r:c que les projectiles envoyés de a b c d e convergent sur le saillant C. La défense ajoute les nouveaux appendices D D, et si ses engins sont bien protégés, elle peut faire onverje: les projectiles g, II, i sur l'engin K c: