‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 6 sur 48 · HISTOIRE D'UNE F0BTEBE5SE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UNE F0BTEBE5SE

Catognat de voir ce qui se passait sous ses murs; mais ii'uut^-i i nr plus les cris, de. guerre, r.i I; L-ruLt désarmes, il pensa que ses hommes s'étaient rendus. Pour lui et ses fidèles, sachant qu'ils n'avaient à espérer nulle merci, ils se préparèrent à la défense et à vendre chèrement -

L'n fossé p >'■.■: i,l séparait le réduit du Néméde. il était en partie taillé dans le roc. Quant aux défenses, elles cor.si--;;îien; en une enceinte faile, suivant Habitude des Gaulois, de troncs d'arbres alternés avec des rangs de moellons, surmontés d'un clayonnage. Une grosse tour quadrangulaire, élevée suivant la même méthode, renfermant quatre étages et terminée par un comble en roseaux recouvrant un crénclagc, servait de réduit. Dans l'enceinte étaient disposées des hutte, de bois pour la garnison, caria tour qui n'avait environ que vingt pas de largeur sur douze d'épaisseur et dont les murs étaient épais (environ trois pas ne pouvait guère contenir qu'une centaine d'hommes.

Titurius fit reconnaître les abords. Le fossé interrompait toute communication avec l'oppidum et venait aboutir à ses remparts. Vers le Sud, le réduit plongeait directement sur l'escarp.'ni.u; a a abrupt de ce coté pour qu'il

une palissade extérieure, [;chéê sur un épaulcment, empêchait d'approcher de lu bas; du réduit. Comme nous l'avons dit, les murs de la ville haute occupant les rampes du Sud, venaient joindre le rempart de l'oppidum. Mais ces murs avaient été abandonnés par les guerriers de Calngnat qui s e:uic:'.t réfugiés dans le réduit, lin quittant la ville haute, ils avaient mis le feu au pont, ce que voyant, les Romains postés en face la tète du pont, avaient franchi celleci, sans rencontrer de résistance et étaient parvenus à éteindre l'incendie. Ce pont fut promptement réparé. Le légat se mit donc en communication avec ses troupes

•ÏO HISTOIRE D'UNE FOBTERESSE.

du Sud qui dès lors occupaient la ville haute et investit totalement le réduit. Le temps le pressait et ayant perdu déjà quinze jours devant l'oppidum, il lui fallait brusquer les choses.

Ii envoya tout d'abord un des Gaelnis prisonniers, afin de parlementer avec les défenseurs du réduit. Il leur promenait la vie sauve s'ils livraient leur chef et les Helvètes qui p -uv.ii.iit cire au milieu d'eux. .S'ils laissaient e!i;;as>,cr l'at:;îf]i:i;, ils devaient s'attendre à être ions passés

Le messager fut reçu à coup de pierres cl revint tout saiiL;:,ii-t vers le lé^it. Il n'y avait plus il hésiter. L'ordre fut donné de combler le fossé, et pour activer ce travail, les centurions, employant la menace et les coups au besoîu, ci.ntra^iiiiein bon nombre des vaincus à parler des fascines et de la terre. Se couvrant de mantelett, les Romains ne faisaient que des perles i:i«i.;i:ili.iiitcs, car les assiégés n'avaient que peu d'armes de (rail. D'ailleurs, Titurius avait fuit approcher les engins, démolir les portions du mur du Néincde qui pouvaient néner les travailleur.-, et poster les meilleurs frondeurs e: archers su:' les lianes, si

lîdé à l'aida de pièces de charpente sur lesquelles on répandit du menu bois et du gazon.

Puis à la première heure .lu pu:' une cohorte s'avança au pas, sur ce terrain, formant la tortue (lîg. tî).

Quelques défenseurs égalèrent Je résisrer; mais ils

de la tour, tombèrent uiVirs sur les assaillants, une [tréle. de traits et de pierres, des boules de poix et d'étoupes en- Ikimmces, et, s'ils [entaient d'approcher de cette tour, des

t'était red^nnet CiïL:!-.!^ au\ dé ûjii -L'iirs. I.à. bs Romains pcrdiivr.t qik-'.po Iiiinimus tt beaucoup furent blesses. Metue le bu à la ui.ir n"vl(:ii: guète pos'ibb, air ces ouvra^.-s do l'ois entremêlés du pienv;, ne prennau pas feu la;Lc:'.i[it. Ccp^ndjn: 'iï'.uiius lii disposer une de ses c,i-

suhat était obtenu c'était vers le coucher du subir, il fit garnir îles d'ails d'éloupc imbibée J'huile et de poix, et les fit lancer allâmes, sans relâche, sur le toit. Celui-ci prit feu. Le légat pensait bien que les planchers de cette tour, étant faits de charpente, lu toit, en s'ctlbndranl, propagerait le feu jusqu'au ras du sol. En effet, ce toit nu tarda

-juèrc à s'abîmer et une épuisai colonne Je fumée, accompagnée d'étincelles qui semblaient sortir d'une vaste cheminée, jaillit du sommet de la tour.

Catognnt et ceux parmi ses fidèles qui s'itaient entasses dans le réduit, se voyant perdus, ouvrirent alors une issue cachée qui donnait du coté do la ville haute, et sans boucliers, l'épie d'une main, un tison enflammé de l'autre, ils se ruèrent sur les Romains qui gardaient le dehors de

de guerriers qui poussaient des cris terribles, n'opposè-

mal le terrain et ils s'engageaient souvent dans des impasses.

CatDgnat et les siens, réduits à deux cents hommes environ, descendaient rapidemeni lu. mies qui leur étaient familiers, et en passant, jetaient leurs tisons sur les toits de chaume ou dans les greniers remplis de fourrages. Les habitants son nent alïolés, ne sachant d'où venait celte attaque.

Voyant passer dos troupes J' Romains qui ch.rclnien: d:s issues, entraient dans les jardins et les maisons, f,.irc:;'uut les parles el barrières afin île ]■ 'ir.dre Caiognat et -es ! '.ouïmes, ils criaient à la trabi"';;, leur jetaLni de • pierres, pensant que l'incendie et le massacre étaient prémédités par eux. Les femmes se précipitaient échcvcijj- devant leurs

pour.oile et les attaques îles habitants, les Romains, renonçant à faire entendre raison à ces sens fous de terreur, tuaient tout ce qui se présentait devant eux.

Le l^gat, à ces clameurs, voyant le ciel s'éclairer des lueurs de l'incendie, se douta de ce qui était arrivé et

f.iit établir eu amont sur la rivière, prévenir les détacliements romains qu'on pourrait réunir dans la ville basse et à la té;e de pont, de ne lai-ser siiriir personne Je la ville

poste ule Romains. H essaya de passer sur le corps de ces hommes, mais le pont étant assez long, l'entreprise était chanceuse. Le chef de ce poste, vieux soldat, avait fait ranger ses hommes à h première alerte, comprenant qu'il fallait à tout prix garder ce passage. Ceux-ci s'étaient bar-

le Cri de guerre, voulut franchir le passage, il fut reçu par les miils lancés à quelques pas. Tout le premier rang des fugilif- finira péle-mèle, les autres, excités par le désespoir, passèrciu sur leurs corps et vinrent se heurter contre le front des Humains qui avaient mis l'épie à la main. Le combat devint alors terrible, éclairé seulement par les lueurs de l'incendie. Les Romains, ayant la flamme devant les veux, adressaient mal leurs coups, tandis que les guerriers gaulois voyaient où frapper. .

La colonne des fugitifs se fondait devant ce front qui réparait à chaque instant ses vides. Arriva alors le centurion avec une cinquantaine d'hommes qu'il avait ralliés. Se voyant soutenu, le poste des Romains prit l'olleitsivc et s'avança sur le tablier du pont en taillant dans ces restes

des défenseurs de l'oppidum, comme dans un fourré. Pas

A grand 'peine l'i'ithu fut rétabli dans la ville haute, et cl- ne fut que quand on vit les Romains éteindre les incendies que les habitants coinin-eiieeii'nl ;i c^mpren Jm ce qui

Le malin, le corps de Catognat fui trouvé gisant sur le pont, sa tête fut envoyée à César.

L'expédition terminée, Titurius ramena chez les ÉJuens la légion et les auxiliaires.

Six ans après les événements que nous venons de rapporter, le siège d'Alésia lurminJ, Cés.ir donna l'ordre d'éîablir un camp : i l-ii : su;' le p^iî.-an d'Amn, ;i la place

■ > ; ^ Lt p J c par l'oppidum gaulois.

Ce plateau étant s;uté à proximité de la s uie t| ni réuuiss;iii Clu'ilons-sur-Saime à 1, ancres, Cour jugea qu'il était prudent d'avoir sur ce point, naturellement défendu, un relu;;.; assuré pour un corps du troupes nombreux, d'autant que cette route passait dans des contrées assez difficiles. Le camp devait ci ancra r au besoin deux légions et des auxiliaires, environ vin^t mille hommes. Or, la surface de l'oppidum étant beaucoup plus étendue qu'il n'étau bevun pour un corps de cette importraice.il fut décidé que le camp ocrait établi mr '...i panic ménJi' malc du plaie:tu dmit le niveau était élevé de quelques pieds au-dessus de la pointe Nord et qu'un large fossé l'isolerait de cette extrémité Nord.

Voici le tracé des dispositions adoptées lia;. Un fossé de trente piedsde largeur sur une profondeur de septpieds,

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coupa obliquement le plateau de l'Ouest Nord-Ouest, à ]'ivii-SuJ-Ksi. porte prétorienne s'ouvrît en A et le prétoire fi".: établi en H. La porte décumanc fut percée en D. Les deux portes latérales F, E, regardaient le levant et le couchant. Les voit? creuses de- Gaulois durent îtic recti-

ct il gauche du pou; <■',. Miivaieni les rampes du plateau en s'élevant l'embranchement G de la vi ie de lih.'duns

; i l.angrcs. De ces deux voies militaires latérales, on moulait aux portes E, D, F, sur le champ de manœuvre H et aux deux entrées latér ales du petit camp antérieur I établi à la pointe Nord du plateau.

Ainsi, les rondes extérieures p.nivaient-elles se faire sans difficulté.

Les remparts de la ville bâtis sur les déclivités Sud du promontoire furent détruits et les habitants durent s'établir de l'autre côté de la rivière, soit au Sud-Ouest, soit au Sud. La tête du pour C fut réparée.

Les portes du camp furent munies de bonnes clavicule; avec chacune deux tours bénies en pierre sèche, pisé et charpente, (lig. t5).

De distance et! distance, le long du rjllniii qui, sauf le front Nord-Nord- Est suivait exactement l'arête du plateau, furent élevées des tours, ou plutôt des guettes de charpen-

deux pour chacune des légions.

Des palissades réunirent du côté Ouest, le petit camp au fossé creusé vers l'angle du prétoire. Quant au céité Est

du pljtuau, -un cscarpsmcNt permettait du rx::l : .^i" cc:te

L'ingénieur chargé de de tracé avait disposé le fissé obliquement, ainsi que lu l'ait voir kl ligure 14, alin d'opposer mi plus grand front aux assaillants, qui, ayant pris le petit i-amp, se porteraient sur le champ Je manoeuvre H. Ia pré-

toire défendait bien l'angle saillant, et l'oblicilé du vallum ■ permettait aux défenseurs, faisant une sortie par la porte prétorienne et par la porte E, de prendre l'ennemi presque à revers et de le précipiter sur les rampes Est du plateau.

Le chemin de ronde du vallum avait trois pieds de re-

licf aij-JtsMis du niveau du camp et était parai d'une ccèle de pieux avec clayonnage pour maintenir les terres du parapet (voy. fig. i5(. Le fossé avait douze pieds de largeur sur sept de pt'<>fi>!i»!i:iLr et était u\H"é [mit amour du camp, même sur les faces dont les rampes étaient abruptes.

Le Némède fut démoli. Les Druides le firent élever sur le plateau en face du camp, au Nord, à l'entrée des bois. Les habitants du Val d'Avon durent, sous peine de voir leur ville détruite, ne causer aucun dommage à ces retranchements lorsqu'ils serai un: iï!ucci:pér ; i!à eurent même la charge de les entretenir, et de livrer des vivres aux troupes qui viendraient y séjourner pour protéger la contrée contre les invasions des barbares; car la Gaule étant alors pacifiée et mise sous la dépendance de Rome, on n'avait plus à craindre que les attaques des Germains; ceux-ci menaçaient toujours les provinces du Nord-Est.

En eflet, ce camp fut plusieurs lui;, nci'u-v par les troupes romaines, et des travaux successifs y furent tracés et exécutés. Le pays étant fertile et la situation excellente entre les grandes villes de Chalon-sur-Saône (Cabillonum), Lanares ;AndematunnunV . et Anton ; Bibractc). Le camp reçut le nom d'A/'oniœ Cjstnim, la ville éiam dénuée désormais par le nom d'Abonia qui lui resta jusqu'au quatnèmc siècle.

Après la mort du héros gaulois, Galba voulut témoigner sa reconnaissance aux villes et contrées qui sMwieiu décla-

Abonia acquit alors les droits de cité et jouit d'une longue paix.

Dès le règne de Titus, le camp ne fut plus exclusivement réservé aux troupes. A l'époque où l'oppidum avait

HISTOIRE li'UNE FORTERESSE.

C'était, commcon dirait aujourd'hui : domaine de l'Élut: ager publiais. Les habitants ne pouvaient donc ni possé-

occape:' aire parue, c'était comme usufruitiers, non comme propriétaires du fonds.

Cette loi romaine, qui datait de la République et qui -'appliqua;! dans rnri«ine à tout ml provincial, ne fut jamais exécutée à la "ipicar. CVàt été dillicile, lus populations des provinces, aussi bien que celles d'Italie, sollicitaient et obtenaient assez, facilement le droit- iuliqua qui consistait dans la pleine possession du sol, avec faculté de l'exploiter, de le vendre ou de le transmettre par voie d'héritage*. Lorsque le Gouvernement impérial fat définitivement établi, les empereurs se montèrent fa \\ tables au dcvcl.mpcmcnt de la propriété prl\éc. parce qu'alors les grands propriétaires du ml étaient les seuls qui pussent

des privilèges niais supportai',! aussi des charge- spéciales, telles, par e.xctnple, que les magistratures urbaines, fort onéreuses alors, il faut dire aussi que les droits de cité accordés par l'orne, s 'étendaient non-seuleuient à une ville,

Le Val d'Abonia possédant les droits de cité et tout remplacement du camp restant inoccupé, les habitants demandèrent l'abandon .le ce sol si bien situé pour recevoir des habitations. Il fut décidé alors par l'empereur Vespasicn, que I'.i^.t publiais d'Abonia serait colonie. Ce qu'on entendait, sous l'empire romain, par colonisation n'était autre chose que la division d'une partie do Vager publiais en lots, faite avec solennité par les agrimensares, suivant certaines prescriptions religieuses.

Ces lots étaient inégaux, et bien qu'on les tirât au sort entre les colons, c'est-à-dire entre les gens du pays ou étrangers qui se présentaient pour les posséder, il arrivait toujours — nous ne savons par quel moyen — que les lots étaient échus en raison du rang ou de la fortune de chacun.

L'ancien oppidum fut donc colonisé.

Bientôt les restes de ses remparts disparurent; le large fossé qui divisait le grand camp du petit, devint une voie aboutissant, par des chemins en pente, aux niveaux du plateau; un théâtre s'éleva sur le- versant oriental ; les eau* furent amenées, en abondance, par un bel aqueduc en maçonnerie dans des bains établis à la pointe sud et dans toutes les nouvelles habitations qui ne tardèrent pas à surgir de tous cô:és, entourées de jardins. Un temple dédié à Auguste, fut élevé sur l'emplaeemen: de l'ancien prétoire, au lieu même de l'édicule exilant auparavant et un second edilice sacré dédié, disent qucl.jucs-uns à Hercule — ce qui est douteux — prit la place de l'ancien réduit méridional. Un forum et une basilique occupèrent le centre du plateau. Les rilLv franchirent l'enceinte et s'élcnaii'ciu sur les deux rampes à l'Est et à l'Ouest.

La ville ba se continua d'éire occupée par tes négociants, les artisans, bateliers et le menu peuple: elle s'étendit sur les deux rives en aval. Le pont dont il a été question fut rebâti en pieri e er on jeta un second pont de biés en jniiuiit a un demi-nulle da premier, lequel se trouvait dans le prolongement de la voie creuse divisant le plateau en deux parts

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