‹ Histoire d'une forteresse texte et dessins (volume 2)Chapitre 7 sur 48 · VI · texte numérisé non relu

VI

Trois siècles de pais fait disparaître les derniers

ve-iiecs Jus anciens ic m pL.i-s (jui emmuvieni ic camp permanent de.s Romains, occupé alors par la cité d'Abonia. Mais depuis plusieurs années les incursions des Germains

se présentassent habil neilcmcnt comme défenseurs ,1e l'empire ou qu'ils furent appelés même, pendant les discorde:, civiles qui alors déchiraient la Gaule, par l'un ou l'autre parti, ils agissaient en ennemis, non en alliés. Trouvant le pays bon, ils s'étendaient peu à peu dans les provinces orientales, nuI.l.h, pilliini, brûlant clie^ les amis qui les appelaient, comme chez, les enncr,-.is qu'ils aiiaicnt Combattre. Les campagnes, à leur approche, étaient abandon- Reims, I,aii;;i'es, Aulu:i avaient réparé Lars muraille-, Sens s'était fait une enceinte avec les matériaux de ses principaux monuments.

Le val d'Abonia, qui alors contenait environ vingt

mille habitants, suivit cet exemple, et jetant bas ses édifices et les temples abandonné:: de la cite, la population urbaine établit des remparts autour du plateau et une enceinte autour delà ville basse.

pas grande valeur, et heureusement les Germains ne songèrent pas a les attaquer; mais ai l'an Julien revelu de la pourpre se rendit dans la Gaule pour en chasser les barbares. Le siège d'Autun levé, il passa par Abonil, trouva 1'assicite excellente et lit étudier un projet de jorte resse qui, après la bataille de .Strasbourg et la défaite de Chnodomar, fut mis à exécution. A boni a fortifiée faisait partie ainsi Je la seconde ligne de places fortes que Julien élaKi'-siii de Reims à I .von, en prévision de nouvelles invasions des Germains.

La Gaule, bien que ses enfants fournissent les meilleurs soldats aux Romains depuis trois 'aèdes, s'éi.iit déshabituée de la guerre chez. clic, l es légions romaines n 'étaient plus ces excellentes troupes que commandaient les Ycspasien, les Titus, les Traian. Composées en grande partie de barbares, elle- manquaient de cohésion, n'étaient pas soutenues par le patriotisme et déposaient leurs chefs sous le moindre prête Me.

Ceux-ci d'ailleurs, trop souvent choisis par une cour livrée au\ intrigues de palais, étaient la plupart incapables, ou plus soucieux de s'enrichir que de vaincre. Il fallait, à ces troupes composées d'éléments hétérogènes, n'ayant pas foi eu io valeur de- chefs qu'on leur envoyait, à ces popu- 1. nions habit liées A la paix et aux biens qu'elle procure, des i-cmpans derrière lesquels on pût organiser la défense du territoire -, car, en rase campagne, la terreur inspirée par les Germains était telle, qu'on ne pouvait compter sur une résistance prolongée. Julien cependant avait montré que, bien Commandées, les troupes à la solde de l'empire étaient

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encore en état de battre eu;, b.ubaiv- ; nui-i .liaicn était un philosophe, il connaissait son temps et se faisait peu d'illusions sur ! 'état de décomposition du Gouvernement impérial, ou du moins croyaît-il le mal si profond, qu'i tenta d'en arrêter l'étendue par le retour au paganisme, espérant peut-être ainsi rendre la jeunesse à ce corps usé.

II y avait alors auprè- de Julien des ingénieurs be/anlii'.s qui étaient fort habiles dan- "art de foniiier les places. Ces connaissances sont d'autant plus développées souvent chez, les nations, que l'organisation militaire en campagne faiblit. Le vainqueur des Germains avait fait réparer et compléter les fortifications d'Autun.

Celles d'Abonin, iii"ins étendues, furent conduites avec ensemble, d'après un plan cmioi d'un seul jet puisqu'il n'y avait plus traces des furtiticatieeis anciennes: l'ingénieur Philostrate, envoyé par Julien, eut donc carte blanche.

Il commenta p.ir faire déblayer, le long de l'arête du plateau, les rampes de l'ancien oppidum; ainsi disparurent quelques-unes des rîIUv qui n'avaient pas été détruites au moment où l'on attendait l'arrivée de- Germain- i.voy.

sol, il reconnut que le front de la cité, vers le Nord, était faible, d'autant que ce front était là plus facilement att,!."piable à cause du plateau voisin dont le niveau était peu inférieur à celui de l'assiette. Il résolut donc de se mettre en retraite pour trouver un front plus étendu. Ge front eut trois cent cinquante pas de longueur '. En dehors de ce front, il fit creuser un fossé de vingt pieds de largeur au fond de manière à couper entièrement la langue de terre qui réunissait le promontoire ou plateau du Nord. Ce fossé

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