‹ Histoire d'une forteresse; texte et dessinsChapitre 63 sur 92 · I. Voir la figure · texte numérisé non relu

I. Voir la figure

mouvante que Tobscurité de la nuit ne dissimulait pas entièrement. Les boulets de la couleuvrine et de la bombarde firent leurs sillons. On entendit des cris, puis les assaillants, se divisant en deux colonnes, vinrent appliquer leurs échelles sur les deux flancs du boulevard.

Presque au même instant le deuxième retranchement était attaqué vigoureusement, et pour faciliter cette attaque de nuit, les assaillants mettaient le feu aux maisons comprises entre le premier et le second retranchement. Ainsi, ayant la flamme à dos, ils voyaient parfaitement les défenseurs, tandis que ceux-ci étaient aveuglés par ce brasier d'où semblaient sortir les Français comme des ombres noires. Le sire de JMontcler courait à cheval d'une attaque à l'autre, animant son monde, s'exposant aux projectiles, et les deux assauts étaient bien soutenus. Du bâtiment de l'abbaye, les arbalétriers et des porteurs de traits à poudre faisaient subir des pertes très-sérieuses aux assaillants, qui désespérant de forcer le retranchement sur ce point, se portaient vers la jonction M N *.

Il était évident, pour le brave gouverneur, que la place était perdue et qu'il n'avait plus qu'à rallier les restes de la garnison dans le châtaau s'il pouvait y arriver. Mais il voulait faire payer à l'ennemi cette retraite. Il envoya donc une réserve qu'il tenait dans Tabbaye pour renforcer les défenseurs du boulevard B^ Cette réserve n'était que de cent hommes tout au plus ; mais c'étaient de braves gens *, il leur enjoignit de défendre à tout prix le boulevard, et s'ils étaient débordés de rentrer au plus tôt dans le château, d'en lever le pont et de ne l'abaisser que quand ils le verraient revenir avec les restes de la garnison, à travers les ennemis, sur le corps desquels il passerait.

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