Citeaux, célèbre abbaye dans le diocèse de Ghàlon-sur
Saône, à cinq lieues de Dijon, fondée en 1098 par saint Robert. !
C'est en 1107 qu*ont été dressés les statuts de Gtteaux. Les |
abbayes de La Ferté, de Pontigny, de Glaîrvaux et de Mori- 1
mond sont appelées les quatre filles de Citeaux. Saint Bernard » abbé de Clairvaux, a donné son nom aux moines de Citeaux, qu'on appelle bernardins.
U L'ABBAYE-ADX-BOIS.
L'abbesse et les religieuses de TAbbaye-aux- Bois durent s'enfuir à la suite des troubles et des dévastations qui désolèrent le Soissonnais en 1654; elles se réfugièrent à Paris, où elles achetèrent le couvent des Dix-Yertus» situé rue de Sève y et que venaient de quitter les Annonciades de Bourges. Les Cisterciennes' obtinrent du pape la translation du titre et des biens de TAbbaye-aux-Bois que le roi autorisa, par lettres patentes d'août 1667. Le 8 juin 1718, Madame, veuve de Philippe de France, frère de Louis XIV, posa la première pierre de l'église de Notre-Dameaux-Bois% sans se douter que sa petite-fille, Louise- Adélaïde d'Orléans, devait plus tard en devenir abbesse.
A l'époque dont nous nous occupons, TAbbaye-
1. Les religieuses cisterciennes sont aussi anciennes que les moines. Sainte Hourbelle, mère de saint Bernard, et plusieurs femmes de condition embrassèrent la règle de Clteaux et se distinguèrent par leurs vertus et leur austérité. Mais elles ne conservèrent pas longtemps cette première ferveur. Elles acquirent des biens temporels et, disent les annales de Tordre, a leur iniquité germa de leur graisse et de leur embonpoint». Elles possédaient de nombreuses abbayes sous le nom de « bernardines »,
2. Dans cette pierre est encastrée une grande médaille d*or, donnée par S. A. R. Madame, sur laquelle est, en bas-relief, le portrait de cette princesse, qu*au revers, on voit assise sur
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aux-Bois élait gouvernée par madame Marie- Magdeleine de Chabrillan, qui succédait à madame de Richelieu, sœur du célèbre maréchal.
Toutes les dames chargées de Téducalion des pensionnaires appartenaient à la plus haute noblesse, les élèves elles-mêmes portaient les plus grands noms du royaume, et, chose étrange, leur éducation réunissait la pratique des devoirs domestiques les plus bourgeois aux leçons destinées à les former à Tusage du grand monde.
La musique, la danse, la peinture étaient cultivées avec grand soin. L'Abbaye possédait un beau théâtre, denombreuxdécors, et des costumes dont Télégance ne laissait rien à désirer. Mole et Larive enseignaient aux pensionnaires la déclamation et la lecture à haute voix; les ballets étaient dirigés par Noverre, Philippe et Dauberval, premiers danseurs de TOpéra. Tous les professeurs étaient étrangers à TAbbaye, sauf pour la botanique et rhistoire naturelle. Ces dames surveillaient seulement le travail des pensionnaires et assistaient aux leçons.
Mais elles jouaient un rôle plus actif dans Tédeux lions, tenant de sa main droite une médaille représentant le dessin de l'église. Autour de cette médaille, on lit : DU9 genita et geniirix Deum,
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ducation domestique que recevaient ces demoiselles après leur première communion, comme nous le verrons plus tard^
1. Voir à Tappendice n« 1 les détails et docaments sur TAbbaye-aux-Bois.
Les mémoires d'Hélène Massalska. ^ Son entrée à TAbbayeaux-Bois. — Le dortoir des grandes demoiselles. — Maladie d'Hélène; sœur Bichon et le paradis. — La Grise et les punitions de la mère Quatre-Temps. — L*ordre de la Pure-Vérité. — Guerre des t bleues » et des c rouges» . — Les marmitons du comte de Beau manoir. — Portrait de madame de Rochechouart.
Laissons maintenant la petite princesse raconter elle-même, dans son langage naïf et charmant, les détails de son entrée à rAbbaye-aux-Bois.Elle décore pompeusement ses cahiers du titre que nous reproduisons fidèlement ci-après K
1. C'est en 1773 qu'Hélène a commencé à écrire ses j/émoires: elle était donc âgée de dix ans.
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