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St DB BBS. nPANTS 163
cira pas TApielé de son humeur, et que mademoiselle Simone doit être présentée à la cour. Est-ce bien là, monsieur, ce que la tendresse alarmée de madame de Bru val attendait de tous, et croyez-vous que vous préparez ainsi le pardon et Tamour dans Tàme des enfants?
— Je croyais qu'en me faisant l'iioniieur de me prendre pour confident, dit avec fierté M. Lombard, madame de Bmval s'en rapportait entièrement u moi ; qu'en un mot, j'étais UQ tuteur, et non pas seulement un précepteur obligé de rendre des comptes.
— Vous étiez plus que cela, monsieur : vous étiez et vous êtes un père responsable devant Dieu.
— Eh bien 1 j'ai agi comme un père. Si M. Simon est mon fils, il n'aura pas à se plaindre de la carrière que je lui ai choisie ; si mademoiselle Simone est ma Me, je la place dans un monde digne d'elle et de moi.
— Prenez garde, monsieur, dit l'abbé iMarcellin avec sévérité, le monde qui peut apprendre un jour que vous êtes le père de mademoiselle Simone, vous jucherait d'une façon bien implacable, s'il savait dans quel but vous présentez cette jeune fiUe au cbÀteau.
M. Lombard, qui s'attendait à cette insinuation, ne broncha pas. Il se contenta de répondre en souriant :
— Je m'étonne, monsieur Tabbé, que vous attachiez de l'importance aux propos du monde, vous, un homme de Dieu !
— Les propos du monde, quand ils sont calomnieux,
doivent être méprisés ; mais quand ils témoignent d'une réprobation unanime pour un acte contraire à la morale et à la famille, il faut les écouter comme la voix de pieu.
^ Et que dirait cette voix infaillible ?
— Elle dirait cpieTOusayei sacrifié yos enfiints à votie ambition, et que Tendant une jeune fille chaste et puie, vous eu avez fait...
— Si le monde disait cela, interrompit brasqu^nent.
M. Lombard, le monde dirait une impertiùence.
— Il le dira, n'eu doutez pas, monsieur, continua avec fermeté M. MarceUin, et je suis bonteux que vous me preniez pour un impertinent, mais je l'ai déjà dit, md !
M. Lombard sourit et s'inclina, comme on fait devant un adversaire qu'on n'a aucun moyen poli de contredire; puis il reprît, après un petit râlence :
— Je vois, monsieur Tabbé, que nous ne sommes pas parfaitement d'accord sur la meilleure façon de diriger réducalion de ces deux enfants. Mais vous me permettrez de préférer mes idées aux vôtres, et si je regrette de n'avoir pas votre assentiment, je me console en pensant
que j'ai celui de quelques-uns de vos supérieurs ecclésiastiques, et celui d'un de vos éminenls collègues, le judicieux abbé Lemerle.
— Monsieur, répliqua l'abbé, la conscience ne relève que de Dieu. ËUe ne fait rien par obéissance et par discipline.
— Mais c'est presque de Phèrésie, cela ! en tout cas, monsieur l'abbé, c'est répiirramme de la Gongréfiation.
— Je suis chrétien et je suis prêtre, voilà les seuls titres qui m'imposent. Je ne connais pas d'autre contrôle extérieur pour mes actions.
— Cette fierté, monsieur Tabbé, je veux dire cette rigueur de principes, pourra vous nuire.
. — A mon âge, monsieur, on n'attend plus rien, et avec mon habit on ne doit rien craindre. *
— Je suis désolé d'avoir à refuser quelque chose à un
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homme de votre caractère, monsieur l'abbé; mais j'ai aussi mes principes et mon point d'honneur. Si madame de Bnival ne veut plus de mon concours, je suis prêt à me retirer et à me démettre d'une tutelle que je n'ai pas sollicitée. Si vous youlez également consulter Simon et Simone, je m'en rap[)ui1i' à eux, et je les abuudonue s'ils renient ma protection. Que puis-je faire de plus ? Âi-Je demandé cette paternité périlleuse? Est-ce moi qui ai cherché à renouer les hens brisés depuis vingt aus? Groyez-vous que je ne préférerais pas le repos aux basards de cette tutelle, qui peut me causer bien des en nuis?
Ainsi, reprit Tabbé Harcellin, vous me refusez? M. Lombard s'inclina sans répondre.
Le prèlre CMitiuua :
— Je vais alcnrs essayer de lutter contre vous. Je ne sais
pas comment, mais Dieu, qui vous donnera des remords un jour, me viendra en aide.
fit, saluant avec tristesse, M. Marcellin sortit de Tappartement.
Resté seul, M. Lombard fronça le sourcil. Cette conscience inflexible l'importunait.
— Qu'est-ce que ce brave hoiiinic iait donc à Paris? se dit-il à lui-même ; il serait bien mieux au fond d'une proiânce.
Cette idée le fit sourire, le consola un jii'u et lui inspira une lettre qu'il lit porter immédiadement à l'abbé Lemerle.
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H. MarcelUn se rendit de la rue Jacob à la rue Taranne ; il a?ait annoncé le combat, il ne pouTait plus reculer. Mais comment vaiucie cette coalition d'ambitieux ? Gomment déterminer Simone à déjouer tous ces projets? Le saint homme se voyait obligé de mettre le pied dans des sentiers obscurs; il avait aiîronté sans peur les l»oiirreaux dans sa jeunesse, il se sentait amoindri et humilié d'affronter les intri^rants dans sa Tieillesse. La lutte ou* verte n était pas possible. Le prêtre ne devait pas découvrir rÉglise. Il d^vinait que son pied, s'il soulevait les broussailles, courait le risque de faire surgir quelque vipère, cummu ral)])é Lemerle. L'huiiime de Dieu redoutait
le scandée. Tout eu marchant de son pas grave et ferme, les mains croisées, le front baissé, Fabbé Marcellin se disait:
» 11 faudrait peut-être savoir tromper! J'ai eu tort de commencer par M. Lombard. Le voilà prévenu ; les autres
le seront bientôt. Ils peuvent m'écraser, je ne puis pas les démasquer. Mon Dieu ! voilà Jia plus rude épreuve de ma vie ; comment vaincre le mensonge, sans mentir ou sans voiler un peu la vérité? J'avais moins peur de Maillart que je n'ai peur de M. Lombard. Mourir, c'est si peu de chose! mais dissimuler!...
Le pauvre vicaire se creusait la léle pour inventer les combinaisons les plus machiavéliques, et il n'arrivait qu'à imaginer des fourberies si élémentaires qu'elles