‹ Histoire d'une nuitChapitre 20 sur 27 · CELLE QU'IL CHERCHAIT · texte numérisé non relu

CELLE QU'IL CHERCHAIT

Aux bords du Mississipi, à une lieue environ de la Nouvelle-Orléans, au milieu d'une vaste propriété, s'élevait la plus charmante, la plus gracieuse et la plus élégante habitation de la, Louisiane. Dominant les bords du fleuve, abritée au milieu d'un parc luxuriant de verdure, elle dressait ses deux étages au-dessus de tous les autres points de l'horizon. Les nombreux voyageurs que transportent les bateaux à vapeur du Mississipi admiraient cette demeure charmante, asile de grands seigneurs et d'amoureux. Les nègres passaient respectueusement devant elle, et tous lui adressaient un regard plein de respectueuse admiration, car ce domaine n'était autre que celui du comte Maximilien de Saint- Till.

Deux jours après la visite du Chantier par le capitaine croiseur, un homme monté sur un cheval de prix, aux allures élégantes et vives, suivait à fond de train une route parallèle au fleuve qui, par un sentier perpendiculaire et légèrement sinueux, menait à l'habitation du comte.

Lç cavalier prit cç sentier, franchit h grille du do-

maine et bientôt les pas de son cheval retentirent sur le pavé dont Thabitation était bordée. Arrivé là, le nouveau venu mit pied à terre, jeta les rênes à un domestique et se dirigea vers le perron. Il franchissait la dernière marche de l'escalier de pierre qui y conduisait, lorsque sur le seuil de rentrée de l'habitation parut une jeune femme tenant un petit garçon par la main. Il y eut deux cris :

— Maximilieh!

— Marguerite!

Puis un embrassement passionné, dont le comte de Saint-Till, car le cavalier n'était autre que lui, ne s'arracha que. pour presser à son tour sur son cœur le petit garçon qu'il combla de caresses.

— Bonjour, mon enfant. Embrasse -moi encore, encore, Rodrigue.

— Toujours, et l'enfant embrassait le père, et le père embrassait l'enfant et la mère. Rien qu'à les voir tous les trois, l'un près de l'autre, on comprenait aisément que Maximilien n'avait f ien exagéré, lorsqu'il avait dit à d'Avilar :

— Je me considère comme un des hommes les plus heureux de la terre, et suis fier de mon bonheur, qui provient de joies saintes, d'une affection noble^ d'un amour loyal.

On comprenait aussi que la même vérité régnait dans l'exclamation suivante qu'il avait adressée aux maîtres du Chantier, en parlant de Marguerite :

— Ah! messieurs, je ne sais si l'amour nous fait voir autrement que l'indifférence, mais tout ce qu'un homme est capable d'éprouver d'enthousiasme et d'admiration, à la vue d'une pure et belle jeune fille unissant la distinction de l'esprit à celles que donnent la race et la

grandeur d'âme, je le ressentis la première fois que je vis Marguerite.

La beauté de la comtesse de Saint-Till était proverbiale et sa réputation était grande à la Louisiane. Afin d'en donner une idée exacte, faisons encore un pas en arrière pour rappeler les paroles de d'Avilar à Dawis, lorsque celui-ci lui avait demandé comment il rêvait l'idéal féminin que son imagination lui avait fait désirer.

— Chaste, distinguée, grande avec des yeux noirs, des dents de perles, une chevelure blonde, soyeuse et longue à la voiler tout entière; je la rêve enfin aimante et dominatrice à la fois.

Ce portrait s'appliquait de point en point à Marguerite. Elle avait vingt-six ans à peine et venait d'entrer dans cette partie de la vie de la femme où sa beauté dans son entière plénitude est à son apogée.

— Rodrigue a-t-il été sage? reprit le comte.

— Comme une image, papa, répondit le petit garçon en riant. N'est-ce pas, maman?

La comtesse releva d'une main les cheveux de son fils que Maximilien avait remis à terre en questionnant sa femme, et se penchant vers lui, l'embrassa sur le front. Elle dévoila ainsi tout le visage de l'enfant, aux grands yeux bleus, à la blonde chevelure, mignonne esquisse de la physionomie de l'homme que M* Allain devait conduire, vingt ans plus tard, la nuit où l'échafaud se dresserait place de la Roquette pour André Sergent de Clamelle, à la mystérieuse et solennelle réunion des Compagnons du Glaive. Tous trois rentrèrent dans l'habitation.

Pendant que cette scène de famille se passait sur le seuil de la demeure du çomtç Maximilien dç Saint-

Till, un incident qu'il importe de relater s'accomplissait sur les bords du fleuve. Un vapeur, dont le pont était^ encombré de voyageurs, était parti du golfe pour Tintérieur des terres, presque en même temps que le comte de Saint-Till, ayant opéré son débarquement, avait enfourché le cheval qui l'attendait pour gagner le plus promptement possible l'endroit béni où tout ce qu'il chérissait le plus au monde l'attendait, le cœur rempli d'affection vive et les lèvres chargées de baisers. Sur ce vapeur, deux hommes montèrent. N'ayant pas mission de poser des énigmes à chaque phrase de ce récit, disons tout de suite que ces deux personnages n'étaient autres que Rodolphe d'Avilar et William Dawis, son inséparable compagnon. Dawis avait pour habitude d'emboîter le pas de d'Avilar, sans s'inquiéter du but qu'il fallait atteindre.

— Route de l'enfer! lui eût dit Rodolphe, que William lui eût répliqué immédiatement avec tout le sangfroid britannique possible :

— Marche, je te suis.

Au moment où tous les deux avaient pris place dans le navire à vapeur dont nous avons parlé, Dawis pourtant s'était permis une question :

— Où allons-nous?

— Tu le saurai plus tard.

— S'agit-il d'un long voyage ?

— Peut-être.

— Et ce voyage a pour but ?

— Que t'importe !

— Mais il me semble...?

— William, mon ami, tu deviens indiscret. Reste et parle, si tu le veux, ou suis-moi et tais-toi; choisis.

■ '- Je te suis et je me tais, démon.

HISTOIRE BUNE NUIT* tjg

— C'est bien; et le vapeur était parti, et les deux inséparables s'étaient accoudés sur son bord, l'un immédiatement, l'autre après pour singer celui dont il subissait tous les caprices.

Nous avons déjà dit que la route dans laquelle s'était engagé le comte de Saint-Till, pour regagner son habitation, était parallèle au fleuve. De l'endroit où s'étaient placés Rodolphe et William, ils pouvaient suivre, sans le perdre un seul instant de vue, certain tourbillon de poussière soulevé sur cette route par un cavalier lancé au triple galop, qui occupait le centre de ce tourbillon ensoleillé, et apparaissait, au milieu de ses spirales transparentes, comme un dieu de féerie dans un rayon de gaze pailletée. D'Avilar, à l'aide de sa longue- vue marine, suivait attentivement la marche du cavalier. William restait attentif, immobile, coi. Tout à coup d'Avilar fit un mouvement.

— Mille cadavres 1 murmura-t-il.

Dawris tressaillit, il connaissait la portée du juron. 11 allait questionner le capitaine du Chantier^ lorsque celui-ci, traversant le pont, se mit à héler deux nègres qui descendaient mollement le fleuve dans une barque, en suivant le cours de ses flots cadencés. C'en était trop pour William. Il rejoignit d'Avilar et lui dit:

— Que fais-tu?

— Je veux gagner le bord,

— Impossible I

— Tout est possible. Allons, vous autres, et pour stimuler la bonne volonté des noirs, il leur lança une bourse dans laquelle, au travers des mailles, brillaient quelques pièces d'or.

Adroit comme un singe, un des nègres attrapa la bourse au vol, et aussitôt, ayant fait un signe à son

l8o LES COMPAGNONS DU GLAIVE.

compagnon, tous les deux s'efforcèrent de venir rejoindre le vapeur. Sans même attendre qu'ils fussent contre le navire, d'Avilar s'engagea dans Tescalier extérieur qui sert aux voyageurs pour débarquer. Il était déjà sur la dernière marche que William, tout essoufflé malgré sa maigreur, avait à peine saisi la rampe d'une main fébrile. Les possesseurs de la barque étaient adroits et cupides, Rodolphe, impatient et résolu. Il fit un nouveau geste. Les noirs firent force de rames; remontant le courant rapide, ils dominèrent enfin l'élément pendant quelques secondes, rasant le navire. D'un bond, d'Avilar s'élança dans la barique. Au moment où il en touchait le fond des pieds, un poids lui descendit le long de l'échiné. William avait aussi sauté, .mais de plus haut; d'Avilar, sans prêter la moindre attention à cet incident, s'adressant aux nègres, leur dit:

— Abçrdez, et vivement, là, de ce côté! et, du geste, il désigna la partie de l'horizon que dominait l'habitation élégante du comte de Saint-Till. Les deux noirs obéirent à cet ordre. Quelques secondes après, d'Avilar et William montaient sur la berge du fleuve, à quelques pas du sentier qui conduisait à la demeure du capitaine d^ VÉpervier, Le tourbillon dont nous avons parlé déjà, suivait en cet instant cette direction.

— Ah I fit Rodolphe, le diable soit béni, je n'ai pas perdu sa trace ; puis, se tournant vers William, dont le visage étonné était tout un poème: — Maintenant questionne, tu le peux, Dawis, lui dit-il.

— Par miss Arabelle Clary, mon unique fiancée, s'écria ce dernier, par Saint-Georges et par Byron, je ne demande pas mieux.

— Oh ! je sais d'avance ce que tu vas me demander.

HISTOIRE d'une NUIT. l8l

— Mais...

— Paix, William, et écoute.

— Allons, parle, car mon impatience...

-— • Est loin d'égaler la mienne. N'importe. Tu m'as suivi comme toujours, cela mérite récompense. — ^ Dis, je suis tout oreilles.

— Regarde-moi.

— Je te regarde, reprit William. Après?

— Crois-tu que celui qui m'aurait vu à bord du Chantier, il y a deux jours, pourrait me reconnaître sous ce costume d'honnête planteur?

Dawis n'hésita point.

— Non, répondit-il, sous cette vareuse bleue, coiffé par ce chapeau de paille à larges bords, les cheveux sur les yeux, nul ne pourrait soupçonner en toi le maitre du Chantier.

— N'est-ce pas? Eh bien, William, chose que peutêtre tu n'as pas remarquée, c'est que dès que nous avons touché terre, j'ai tâché de me rendre méconnaissable pour tout le monde.

— En effet.

— Et sais-tu pourquoi?

— Je le devine.

— Parle, alors.

— Mon Dieu, c'est très naturel. Dans le dur métier que nous exerçons, toi surtout, on ne sait ce qui peut arriver. Il n'est point de cadavres que la mer ne rejette sur son bord, il n'est point de noyé qui, pris à temps, ne puisse être rappelé à la vie. Qu'un seul des noirs qui faisaient partie de l'horrible chapelet de visite que nous avons fait couler à fond, par miracle, ne soit pas mort, et se dressant de sa tombe, soit venu échouer à la Louisiane et nous étions perdus.

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— Imbécile, et les boulets rivés à la tète du chapelet, et les requins, et Tasphyxie. Tu raisonnes comme un nigaud. Non, William, je ne crains pas les morts, ni même les revenants; mais, tu le sais, je me suis donné un but terrible à remplir, et je ferai tout au monde pour assouvir ma vengeance. N'as-tu pas remarqué, lorsque nous étions tout à l'heure sur le vapeur qui remontait le Mississipi, certain tourbillon de poussière enveloppant, sur la route qui nous faisait face, un cavalier lancé au triple galop?

— Non.

— C'est que tu ne t'es pas aperçu, William, que depuis le moment où nous avons touché terre, une heure après le comte Maximilien de Saint-Till, toutes mes démarches n'ont eu qu'un but : le retrouver.

— Vraiment, eh bien ?

— J'y suis arrivé. Il quittait la Nouvelle- Orléans en même temps que nous. Connaissant la route qui borde le fleuve, dans laquelle ceux que j'ai habilement questionnés là-bas, m'ont dit* qu'il allait infailliblement s'engager pour regagner son domaine, que voici là- haut sur la colline, j'ai voulu le suivre. Or, tandis que tu te contentais de contempler la nature, j'interrogeais, moi, l'horizon. Parti à cheval de la Nouvelle-Orléans, le comte suivait le vapeur ; là où il a disparu, j'ai voulu m' arrêter. J'ai trouvé à point nommé la barque qui nous a permis de mettre un terme à notre course, et maintenant le plus difficile de la tâche que je me suis imposée est fait.

— Oui, oui, je comprends. Tu as voulu savoir où est située l'habitation du comte ?

— C'est cela.

=— Et après ?

ËIStOIRE D*UNE NÙlt. l83

— Je ne sais encore. Suis-moi toujours.

Du geste William répondit :

— Je suis prêt.

D'Avilar s'engagea sur le sentier suivi de son compagnon. Ils errèrent pendant plus d'une heure dans tou§ les chemins qui bordaient la propriété.

— Mais quel est ton projet, le sais-tu? demanda enfin Dawis, dont les jambes réclamaient instamment le repos»

— Oui.

— Veux-tu me le dire ?

— Volontiers. Il faut que nous pénétrions dans l'habitation du comte Maximilien de Saint-Till, tous les deux, avant la nuit, et que nous fassions en sorte d'y être reçus en hôtes considérés, dont l'arrivée est un plaisir pour tout le monde.

— Diable 1

— Oui, je le sais, cela n'est pas facile, mais je me Charge de tout.

-*- Allons alors.

— Oh 1 pas encore, impatient, laisse-moi d'abord réfléchir ; et s'asseyant sur le bord du chemin, Rodolphe d'Avilar se mit à songer. Dawis respecta sa méditation.

Suivons la pensée du capitaine du Chantier.

— Ce traître, ce Saint-Till maudit, adore sa femme. Or, je suis dans le vrai en voulant connaître cette créature qui pour lui est tout. Ah ! tu m'as fait jeter mes nègres à la mer, idiot, et tu t'es mépris après sur. les semblants d'amitié que je t'ai témoignés ! Marguerite 1 elle se nomme Marguerite, cette douce, noble, pure et belle créature qui hait les négriers et fiait jurer aux capitaines croiseurs de ne leur faire ni grâce, ni merci ! Marguerite 1 Jeveuxla voir, je vais tâcher de surprendre

le faible de ce démon, mais comment ? Et comme une pendule s'arrête, lorsque le ressort a décrit l'évolution que lui imprimait le remontoir, la pensée du négrier s'arrêta. ~ Comment ? répéta-t-il tout haut.

— Oui, fit William, qui avait compris, tout en bourrant sa pipe qu'il alluma stoïquement.

Il y eut un nouveau silence. Indécis et perplexe, Rodolphe d'Avilar interrogeait vaguement l'horizon du regard.

— Que faire ? reprit-il tout haut.

— Oui, que faire ? répéta William.

— Ah I fit enfin le capitaine du Chantier^ j'ai trouvé. Allons, en marche.

— Quoi ?

— En marche, te dis-je ; n'aperçois-tu pas à quelque distance ces maisons blanches? c'est là que nous allons.

— En marche alors ; et Dawis continua à suivre d'Avilar.

Un quart d'heure après, ils étaient arrivés au point désigné. Au-dessus de la porte d'une petite maison une enseigne était suspendue :

AU LION d'argen;;:.

Les deux amis pénétrèrent dans l'hôtellerie ; un garçon d'écurie traversa la cour dans laquelle ils étaient entrés et vint à eux.

— Que désirent ces messieurs ?

— Avez-vous des chevaux ?

— Oui, messieurs.

— A vendre ou à louer ?

— Nia vendre ni à louer.

— Nigaud. Où est votre maître r

HISTOIRE d'une NUIT. l85

— Dans la salle basse.

— Conduisez-nous près de lui. Viens, Dawis. Bientôt le capitaine négrier et son compagnon furent en présence de Taubergiste.

— Pouvez- vous nous loger? lui demanda d'Avilar.

— Oui, Excellences, répondit le brave homme, italien d'origine qui avait importé dans la Louisiane Tobséquieuse servilité qui est le caractère propre des natifs de la Péninsule.

— Bien ; mais avant, mon ami et moi, nous voudrions parcourir le pays à cheval. Est-ce possible ?

— Tout ce qui peut faire plaisir à Leurs Excellences est possible.

— Bien ; faites seller deux chevaux.

— Dans un instant ils seront prêts. Excellences, et l'Italien disparut. D'Avilar se mit à arpenter la salle ; Dawis le regardait sans parler; il comprenait instinctivement que toute nouvelle question de sa part eût été mal accueillie.

Rodolphe ouvrit sa vareuse et sortit d'une des poches intérieures un pistolet qu'il chargea.

Cela fait, il remit l'arme où elle se trouvait d'abord.

— Les chevaux de Leurs Excellences sont prêts, dit l'hôtelier en rentrant.

— Bien.

— Leurs Excellences daigneront-elles diner >

— Peut-être.

L'Italien s'inclina, et les deux amis gagnèrent la cour, où ils ne tardèrent pas à enfourcher les deux chevaux maigres qui leur étaient destinés.

— Allons, dit d'Avilar à Dawis dès que tous les deux furent en selle, au galop, et vivement à l'habitation du comte Maximilien de Saint-Till.

l86 LES COMPAGNONS DU GLAIVE.

Quatre éperons pénétrèrent en môme temps dans les flancs des deux haridelles, et d'Avilar, ainsi que son compagnon, s'engagèrent bientôt dans le sentier qui conduisait à l'entrée du domaine de l'époux de Marguerite. Ils étaient arrivés à une portée de fusil de la grille, qu'une heure avant le capitaine croiseur avait franchie, lorsqu'un coup de feu retentit : atteint à la tempe, le cheval de Dawis tomba foudroyé dans la poussière, et son cavalier roula sous lui.

— Ah I que c'est bète I dit William.

Puis il se tut. Sa tète avait donné contre une pierre, et son crâne ouvert laissait s'échapper du sang en abondance ; aussitôt, sans s'inquiéter de l'état de son compagnon, Rodolphe, après avoir vainement secoué la grille, agita la cloche qui se trouvait suspendue en dedans. A cet appel on accourut ; les domestiques d'abord, puis le comte lui-même. La grille fut ouverte, les valets se précipitèrent pour relever le blessé.

Rodolphe attendait de Saint-Till.

— Que se passe- t-il, monsieur, lui dit ce dernier en abordant d'Avilar, et que puis-je pour vous >

— Eh quoi, comte, c'est vous? Ne me reconnaissezvous pas ?

T- Le capitaine d'Avilar.

— Lui-même , fit Rodolphe , en mettant pied à terre.

— Qu'est-il donc arrivé ?

— Un accident/ vulgaire que je vous raconterai ; mais, d'abord, pouvez-vous nous donner l'hospitalité ?

— Je le puis, certes, et d'un geste le comte ordonna à ses valets de transporter Dawis à l'habitation..

Un des serviteurs prit en mains les rênes du cheval de d'Avilar; conduit par le comte, celui-ci gagna le

perron, pendant que Ton transportait vers ce côté l'Anglais évanoui. En cet instant la comtesse Marguerite parut sur le seuil de Thabitation ; ses yeux rencontrèrent ceux de d'Avilar, et le négrier, tressaillant de tout son être, se dit :

— Dieu, qu'elle est belle! mes pressentiments ne m'avaient pas trompé, voilà bien celle que je cherchais 1

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