‹ Histoire d'une nuitChapitre 6 sur 27 · L'ASSEMBLÉE · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE

Abandonnons pour le moment le duc d'Ambre et ses convives pour rejoindre, dans leur maison de l'île Saint-Louis, les Compagnons du Glaive.

On se souvient qu'Allain et Rodrigue d'abord, puis Jean Lenoir, s'étaient engagés dans le long corridor, dans lequel la porte de la rue, ouverte au signal convenu par le frère introducteur, donnait accès. Au bout de ce corridor était un escalier, au bas de cet escalier, une porte ; cette porte donnait sur une vaste salle basse, meublée avec une sévérité grande. Faisons-en, le plus fapidement possible, le complet inventaire. Au milieu était une table ovale recouverte d*un tapis de drap vert, sur lequel du papier, des plumes et des encriers étaient symétriquement rangés; autour de cette table, des chaises de chêne, garnies de cuir noir et de clous d'acier; sur les murs, des tentures noires aussi; au plafond, une lampe énorme; au-dessus d'un siège plus élevé que les autres, à l'extrémité de la salle opposée à la porte d'entrée, un grand crucifix d'ivoire dont la pâleur nacrée tranchait violemment sur la teinte sombre de l'étoflFe contre laquelle il se trouvait; un grand

glaive surmontait le crucifix; ce glaive, semblable à ceux qui servaient aux bourreaux du moyen âge pour la décollation, était surmonté d'un écriteau blanc sur lequel, tracé en grandes lettres noires, apparaissait ce mot:

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