CHAPITRE XX
Qui sème le vent, moissonnera la tempête.
tEn 1500, avant que Martin Luther eut réformé l'Église, si un voyageur, attardé et sans argent, rencontrait un passant, il se faisait indiquer par lui la route du monastère le plus voisin et , sûr d'y trouver un firatemel accueil , allait joyeusement frapper à la porte de cette hôtellerie gratuite, toujours ouverte au pauvre comme au riche.
• En 1524, dans cette même Allemagne, quand deux hommes s'apercevaient de loin sUr une route ou dans un champ , ils épaulaient leurs arquebuses et criaient :
,-^ Qui va là?
• — Bundschuh, répondait l'un. Stiefel, répondait l'autre, et aussitôt ils tiraient tous les deux.
» Si le paysan tuait son adversaire, il disait : j» — Béni soit Dieu! celui qui est dessous doit être dessus. » Si le reître étendait son ennemi à terre, il l'achevait en lui brisant le crâne avec sa botte et s'écriait : 1
• — A tous les diables, l'âme du rustre. I
» Ceci était le fruit de la fraternité nouvelle.
» En brûlant, en 1520, sur la place publique de Vittemberg, la bulle par laquelle Léon X condamnait les erreurs du moine apostat, Luther avait mis le feu au monde.
» L'Allemagne avait la première applaudi à la révolte de l'Augustin défroqué, la première aussi elle était dévorée par l'incendie. C'était justice.
» Depuis quatre ans, la réforme avait bien marché.
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» De 1723 à 1725, il y eut cent mille hommes tués sur les champs de bataille, sept villes démantelées, mille monastères rasés, trois cents églises incendiées, d'immenses trésors de peinture, de sculpture , de vitrerie, d'architecture, d'orftvrcrie, pillés, brisés, anéantis.
» Au nom de là réforme , les écoles furent fermées , les sanctuaires profanés , les tombeaux même violés et les reliques des saints jetées au vefat.
* Au nom de la tolérance, les seigneurs et les paysans réunis pour le pillage, saccagèrent les couvents, chassèrent les moines ou les massacrèrent, firent butin de leurs dépouilles; puis, comme les paysans voulaient tout prendre et les seigneurs tout garder, les hommes du peuple mirent le feu aux châteaux et les nobles incendièrent les villages. Du fond de la forpt Noire aux bords de la mer du Nord , l'Allemagne ne fut plus qu'un champ de bataille jonché de ruines et où, à la lueur de mille incendies, les nouveaux frères s'égorgèrent en se maudissant.
» Tels furent les premiers fruits de la révolution religieuse.
■^Pardon, inon cher voisin, interrompit M. Sorbier, mais il ine semble , remarquez que ceci n'est pas une objection , il me semble, dis-je, que ces guerres sanglantes n'avaient aucun rapport à la religion. Quand les Français et les Autrichiens combattaient en Itahe , le catholicisme n'avait rien à y voir, et les Allemands pouvaient tout aussi bien s'égorger sans que l'unité du protestantisme fût le moins du monde compromise.
— C'est cela, fit Henri Sorbier avec un geste de condescendance superbe.
— Les Français et les Autrichiens, reprit mon père, se battaient pour une cause politique , les Allemands pour une cause religieuse , il n'y a donc pas de parité à établir entre eux. Nos adversaires , à Solfér'©^ avaient, en religion, absolument les mêmes principes quelles nôtres, puis, que les deux nations sont catholiques.
•^ Parbleu î les Allemands étaient, eux, tous protestants, s'écria Henri
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188 HISTOIRB d'une PIPE.
Sorbier, et professaient cette croyance qui, aujourd'hui, ne compte pas moins de deux cent millions d'adhérents sur...
— Soixante seulement, interrompit l'ex-notaire , bien aise de faire briller son savoir, même aux dépens de son fils ; du moins les derniers ouvrages de statistique portent à cent cinquante millions le nombre des habitants du globe professant le catholicisme et â soixante millions ceux qui appartiennent â la religion protestante , n'est-il pas vrai, monsieur?
— C'est parfaitement exact, au contraire. Aussi suis-je loin de nier ce chiffre , mais que la religion professée par ces soixante millions de protestants soit la même, voilà ce que je conteste. Le catholicisme est un, le protestantisme est multiple. Je m'explique : Prenez , dans le monde, au hasard, dix catholiques, cent, si vous voulez, un Français, un Chinois, un Indien à demi-sauvage, un Espagnol , un habitant des îles de la Sonde ou d'Otaîti , et demandez-leur ce qu'ils croient , chacun d'eux, sans hésiter une seconde, vous répondra : Je crois â l'Église catholique, apostolique et romaine , et vous récitera le symbole des Apôtres. Tous ont le môme Credo , tous reconnaissent la même autorité , tous sont les disciples du Christ et les fib soumis de ce vieillard auguste, père univer 8el des âmes, dont la tiare est composée de l'or le plus pur de toutes les couronnes de la terre.
» Prenez dix protestants, au contraire , je ne dis pas dans le monde mais dans la même ville , adressez-leur la même question et ils vous diront : Nous ne croyons pas au pape. — Leur foi commune, c'est une négation. — Mais, à qui croyez-vous donc? — Moi, à Luther, moi à Calvin, moi i Zwingle, moi au roi de Prusse , moi à la papesse Victoria ; je suis protestant anglican, protestant évangélique , calviniste, quaker, memnonite, morave, socimen, anabaptiste, puseïste, que sais-je encore? les autres sectes sont dans l'erreur, la mienne est la seule vraie. Et vous, catholiques, qui êtes-vous? Catholiques romains! s'écrieront d'une seule Toi.x les cent cinquante millions de catholiques de l'univers , car le catholi-
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cisme, c'est uh manteau de pourpre d'une seule pièce, la robe sans couture du Christ, tandis que le protestantisme n'est pas même un costume d'arlequin, composé de morceaux de diverses couleurs , puisque aucune main n'a pu encore en coudre les unes aux autres les mille sectes qui le décomposent.
i —A quoi faut-il attribuer cette si rapide éclosîon de sectes diverses \ et ennemies autour du réformateur? demanda mon oncle. I — A Luther lui-même.
— Quoi! ce serait lui qui aurait voulu se créer des embarras?
— Voulu? Non» assurément, mais il le fit malgré lui. La révolution protestante ne fut pas une œuvre préparée de longue main , elle ne sortit pas armée de toutes pièces du cerveau du moine saxon qui entreprit la guerre, sans trop savoir où elle aboutirait. Gela est si évident qu'avant la fin de sa carrière il avait déjà bien varié dans sa doctrine, et qu'il ne serait pas difficile de montrer, dans ses derniers écrits, la condamnation de ce qu'il avait enseigné d'abord. Le dépit de n'avoir pas été choisi pour prêcher les indulgences, le poussa au commencement ; plus tard, rémotion que produisit sur le peuple son éloquence triviale, mais fougueuse, excita son orgueil et lui fit perdre la raison.
» Sous prétexte de donner la liberté au monde , en l'affranchissant de l'autorité papale, il crut pouvoir se l'asservii* à lui seul. Pour arriver à ce but, il fallait, avant tout, renverser la seule puissance qui lui fît ombrage. Seul, il ne pouvait pas espérer de triompher dans sa lutte contre ' le Pape, il chercha des protecteurs puissants pour abriter, derrière leurs épées, ses colères et ses outrages au vicaire de Jésus-Christ. Les basses flatteries de Phonmie d'église n'auraient pas suffi à les attacher à son parti, et force lui fut de mettre un prix plus haut à la conquête de ces indispensables néophytes. Sa conscience de théologien était fort élastique : il acheta la protection du landgrave de Hesse en lui permettant, au nom d^ l'Écriture sainte, de prendre deux femmes à la fois et, avec les biens ' des couvents, les calices et les ostensoirs d'or, il paya l'apostasie de bri-
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gands besogneux, qu'on appelait électeur de Saxe, princes de Suède, de Danemark, de Franconie, du Palatinat et de Brandebourg. Aux moines mécontents il offrit, comme amorce, la dissolution de leurs vœux et la permission de se marier. C'étaient de bons auxiliaires, mais il lui fallait le peuple, et au peuple il promit imprudemment ce dont il avait disposé en Akveur des nobles, l'héritage des couvents.
f Grâce à ces prodigalités , qui coûtaient encore moins à sa bourse qu'à sa conscience, le moine de Vittemberg se trouva à la tête d'une armée prête , non-seulement à embrasser sa religion nouvelle, mais à la défendre. Ce n'était pas encore assez. A toute doctrine , quelle qu'elle soit, il faut un principe dont elle découle, une autorité quelconque sur laquelle elle puisse s'appuyer. U crut avoir trouvé dans la Bible ce rocher sur lequel il voulait asseoir le grand édifice de sa réforme , et comme dogme fondamental de sa religion, il proclama que chaque fidèle pouvait interpréter par lui-même les saintes Écritures.
» Ce rocher, qu'il croyait inébranlable, sans l'autorité qui l'explique n'était que sable mouvant; dès les premiers pas le docteur sentit qu'O s'engloutissait.
» Pour nier l'infaillibilité du pape , il avait affirmé l'infaillibilité de tous.
» Cette malheureuse affirmation était le renversement absolu de sa propre autorité. '
— Je ne vois pas trop pourquoi, fit Henri.
— Parce que de deux choses l'une: ou, en effet, chacun pouvait avec sa raison comprendre et interpréter la loi , et alors, s'il n'était pas besoin du pape, il n'était pas besoin non plus de Luther pour l'expliquer ; ou bien , la raison individuelle étant insuffisante , élait forcée de recourir à une autorité infaillible, et l'on retombait dans le dogme catholique.
— C'est parfaitement vrai, dit le colonel.
— Dès que Luther se fut aperçu qu'il avait fait fausse route, il voulut
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Les soldats fonatiques l'appelaient le Maître-au-DiableYV. page i95,)
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retourner en arrière; il n'était plus temps. De tous côtés surgissaient des docteurs, dont chacun avait sa manière de voir.
« Au nom de la Bible, Garlstadt, l'ami de cœur de frère Martin, Carlstadt, un prêtre qui, pour faire sa cour au moine apostat, avait apostasie lui aussi, s'était marié , avait écrit contre la messe, Garlstadt brisait les statues des saints dans les églises, et quand Luther voulait l'en empêcher, il lui répondait : C'est ma manière de comprendre les Écritures. Au nom de la Bible , le tailleur Storch enseignait la nécessité d'un second baptême. Au nom de la Bible, Bucer faisait de l'asservissement complet un devoir. Au nom de la Bible, Munzer, l'orateur des foules, l'énergumène épileptique, appelait le peuple à la révolte et prêchait la communauté des biens.
i L'anarchie était au comble et les nouveaux convertis se divisaient. En vain Luther, oubliant qu'il s'était posé comme le défenseur de la liberté, tonnait-il en chaire, casque en tête et l'épée au cdté, contre les insolents réformateurs de sa réforme; en vain criait-il en frappant du pied avec rage : • C'est moi seul qu'il faut écouter, les autres ne sont > venus qu'après, obéir est leur lot. C'est à moi que Dieu a révélé son » Verbe. Ne suis-je plus le principe de la pure- parole ?» Les prophètes répondaient : Tu n'as pas plus que nous le droit d'interpréter l'Écriture, nous sommes aussi infaillibles que toi. — Allez au diable , hurlait le Saxon pris au piège de sa propre doctrine, damnés , pourceaux, bêtes à cornes. — Sois maudit, chien , voleur, antechrist , répliquaient les prophètes ; et alors l'émancipateur de la pensée , le fondateur de la liberté de conscience en appelait aux gantelets de fer de ses protecteurs, faisait retirer la parole à ses adversaires, emprisonner les uns, exiler les autres et conseillait à ses princes d'envoyer au supplice les plus récalcitrants.
» Cet admirable exemple de tolérance ne fut pas perdu : Calvin en Suisse, Henri VIU en Angleterre, Christiern et les autres réformateurs, dans tous les pays où ils triomphèrent, appelèrent , eux aussi, la hache du bourreau en aide à leur éloquence évangélique.
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» Chassés, mais non pas soumis, les prophètes s'étaient répandus dans toute l'Allemagne, appelant le peuple aux armes. La tyrannie insupportable des seigneurs n'avait que trop bien préparé la révolte, et les paysans convertis en masse au nouvel Évangile , n'attendaient qu'une occasion.
* Le 24 août 1524, Hans Muller, un pâtre de la forêt Noire, donna le signal du soulèvement prêché par Luther. A la tête d'une troupe nombreuse et précédé d'un drapeau aux trois couleurs, i^ouge, noir et blanc, il entra à Waldschût, réunit les habitants et leur annonça qu'il venait au nom de Dieu les délivrer de l'esclavage. En quelques jours la révolte, comme un incendie propagé par une tramée de poudre, s'étendit jusqu'à la Souabe.
» L'armée des paysans avait pris le nom d'armée de la Sainte-Ligue. Hans Muller en commandait le principal corps. Il était beau a voir,^dit un éloquent historien de la Réforme, • avec son manteau de pourpre, formé d'une chasuble, son béret taillé dans une mitre d'évêque et son cheval volé dans l'écurie d'un abbé. Il marchait précédé d'un énorme drapeau, traîné sur une voiture ornée de rubans et de feuillages. Arrivé devant un village , il demandait les clefs du cellier monacal et buvait, avec ses compagnons , dans des vases d'église , au succès de la Sainte- Ligue^ faisait main basse sur l'argenterie des églises ou des châteaux, donnait à ses compagnons les plus beaux habits de la garde-robe seigneuriale ou abba.iale , et échangeait le cheval de labour des révoltés contre le cheval de Mecklembourg , qu'il trouvait dans l'écurie de ses tyrans. »
» D'autres bandes étaient dirigées par ses lieutenants.
B La plus terrible de toutes , la bande blanche , avait pour chef un homme de moyenne taille, doué d'une force et d'une agilité prodigieuses, débauché, joueur, ivrogne et couronnant tous ces vices par une férocité de bête fauve. N'allant jamais qu'à pied, cet homme portait, par-dessus sa robe de brocard d'or, une cuirasse de fer« à la ceinture une hache et
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an con, attachée avec une chaîne épiscopale,dont il avait arraché la croix, one sorte de petite idole en terre cuite, talisman infaiilihle contre les balles, et qu'il prétendait avoir reçu des mains de l'archange Gabriel. Ses soldats fanatiques l'appelaient le Maitre-au-Diable. Son vrai nom était André-ïe-Grélé.
» Deux jours après que, par ordre de Simon-le-Borgne, l'ancien matelot du VaiUour avait été jeté par-dessus le bord , un navire brémois, revenant d'Espagne, l'avait recueilli, en pleine mer, froid, sans connaissance, presque mort.
■ Rappelé à la vie par les soins les plus empressés et objet d'une commisération générale, le convalescent avait raconté au capitaine, qu'enlevé à bord d'un vaisseau marchand, par des pirates, il avait été enrôlé de force dans leur équipage, mais que dans l'abordage de la iVtna, ayant, au lieu de combattre les Espagnols , passé de leur côté et tué un brigand français,^ Simon-le-Borgne l'avait fait, après l'action , lier au cadavre de sa victime et 'précipiter à la mer, en punition de sa trop grande fidélité à son auguste souverain. '
• Ce conte, débité avec aplomb, avait eu beaucoup ^e succès à bord ; le capitaine, au lieu de faire pendre le pirate comme il le méritait, l'avait traité avec tous les égards dus à son prétendu héroïsme, et s'était engagé à demander, pour lui, une récompense aux magistrats de Brème. > André n'en demandait pas tan^. Bien persuadé que la supplique du rapitaine donnerait lieu à une enquête dont les résultats ne pouvaient être à son avantage , il s'était hâté , en quittant le navire, de vendre à divers joailliers les rubis et les diamants qui décoraient sa pipe, car toutes ses autres richesses étaient devenues la proie de la mer, et avait quitté la vil\e pour s'enfoncer dans l'intérieur. Là, après avoir épuisé en folles orgies jusqu'à son dernier kreutzer, il s'était vu obligé de se livrer à une foule de misérables industries pour ne pas mourir de faim.
» La révolte des paysans éclata pendant qu'il était saltimbanque, il quitta les planches pour jouer l'apôtre et se joignit aux insurgés.
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» Un trait d'effroyable cruauté, en mettant sa scélératesse en relief, de soldat le fit général.
» Les paysans avaient envahi la Souabe; les seigneurs fuyaient devant eux ou se soumettaient , le comte d'Helfenstein seul osa résister. Mais U n'était pas en force , le château fut emporté d'assaut et le comte condamné à mort.
• La femme du prisonnier, fiUe de l'empereur Maximilien, s'était jetée à genoux , tenant dans ses bras son enfant en bas-âge et implorant le pardon pour son mari. Ému par ses larmes , pluà encore que par sa beauté, le capitaine allait se laisser fléchir :
• — Arriére la pitié* s^écna. André en s'élançant sur un tonneau, dont il se fit une tribune . les temps de la miséricorde sont passés ; le sang de nos camarades crie vengeance 1
» Et saisissant une flûte, il ajouta avec un rire satanique :
p — Puisque la noble châtelaine veut bien nous faire l'honneur d'égayer par ses chants le bal que nous offrons au seigneur comte, je me ferai un plaisir d'accompagner ses roulades sur ma flûte. Vous, mes braves compagnons, marquez la mesure avec vos piques.
» Et aux sons aigus du fifre , qui jouait une danse allemande , les malheureux suppliants furent massacrés.
Un murmure d'horreur s'éleva dans la salle.
— Ce crime atroce a-t-il réellement été commis? demanda le colonel.
— J'ai cité les noms, répondit mon père, et c'est de l'histoire que je fais.,
-T- Alors, c'est hideux, murmura M. Sorbier. '
— Qui sème le vent, moissonne la tempête, a dit l'Étriture, ajouta mon père.
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