I. Chrmiqut d'Orviila
leur autorité. Elle refusait de subir leur joug, quand l'univers entier reconnaissait leur puissance et s'inclinait devant la tiare. Urbain V eut le sort des pontifes ses prédécesseurs, que vénéra toute la terre et que l'Italie persécuta. Il reçut les hommages des rois et des empereurs. Son séjour à Rome fut une suite continuelle de fêtes et de triomphes. Mais l'ingratitude de son peuple lo força bientôt il revenir en France. A l'exemple des autres papes, il put entreprendre de grandes choses, s'occuper des intérêts de tout l'univers, et il ne parvint pas à asseoir à Borne son autorité sur des bases solides.
L'une des premières affaires dont il s'occupa en Italie fut la réunion des Grecs a l'Église. Déjà il avait reçu à Vilerbe une députe lion que lui avait envoyée à ce sujet l'empereur de Constanlinople. Le pairiarche, ainsi que le comte de Savoie, venus de Conslantinople avec les envoyés de l'empereur, appuyèrent leur demande auprès du Pape. Ce patriarche était le patriarche latin Paul, qui représentait Urbain V auprès de l'empereur. Il avait dénoncé au Pape l'ancien empereur Jean Cantacuzène, qui soutenait les erreurs des Palamiles, établissait avec eux une distinction réelle entre l'essence divine et les attributs de Dieu, enseignait que la lumière dont il fut environné sur le mom Thabor était incréée. Ces erreurs s'étaient répandues parmi les Grecs. Le comte de Savoie et lo patriarche de Constentiimpk' dimi! an fripe les liuum-s ilispiisiiinii;- *J ■ - -U'.m f'aléologue, et le désir qu'il avait, ainsi que son peuple, de revenir à la foi catholique.
Les exhortations du Pape avaient fait une vive impression sur l'empereur. Il ne voulut pas différer plus longtemps la réunion des deux Églises, et chargea ses ambassadeurs de dire au Pape qu'il allait bien tôt venir à Rome avec une suite nombreuse d'évêques et de moines pour accomplir ce grand acte. Celte nouvelle combla de joie le Pontife. II écrivit à la reine do Naplos pour lui recoin man-
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dcr l'empereur et sou fils, ainsi que les évéques et les seigneurs qu'il amenait avec lui.
Le prince Miilippi: île Ta renie avait des droits à l 'empire de Constanlitiople, du clief de sa mère qui porta jusqu'à la mort le titre d'impératrice, t.ttc descendait de Baudouin 11, chassé du trône par Michel Paldologue en 1261. Il était à craindre que Philippe ne voulût faire prévaloir ses droits et n'attentât même à la liherté de Jean Palénlogue. s'il entrait dans le royaume de Naples. Urbain V, qui prévoyait tout, engagea vivement le prince à ne pas troubler l'oeuvre de la réunion en faisant revivre ses prétentions. Il exhorta pareillement les Vénitiens, les (iénois, les chevaliers de Saint-Jean à seconder l'empereur de Constant inople L'impératrice avait excité son époux à favoriser l'union des deux Églises. Urbain V le félicita et l'engagea à persévérer dans celle voie. Celle princesse était Tille île Jean Cantacuzèno, qui s'était relire dans un monastère, après avoir abdiqué l'empire en 13:i5. Comme ce prince avait beaucoup d'influence sur elle ainsi que sur les évèques el sur les moines, Lrbain V le pria d'user de son pouvoir pour procurer l'union des deux Églises.
« Nous avons souvent entendu parler de votre prudence, lui écrivait le Pape, nous savons que vous possédez la science des saintes Écritures, qu'après avoir longtemps gouverné l'empire, vous avez renoncé à la couronne pour mener une vie austère; nous savons que les religieux, le clergé el les prêtres ont pour vous beaucoup de déférence. Après l'empereur, c'est vous qui pouvez faire le plus pour l'union des dcii\ relises. Kiigiiiiez donc, nous vous en prions, le magnifique empereur îles (liées, votre gendre, Michel l'aléologue, ainsi que les religieux, le clergé et le peuple, à ménager l'union des deux Églises, union qui aura les plus heureux résultats. Engagez déplus l'empe-