I. fiaynaltli
reur à venir à Rome, comme il l'a promis. Vous servirez ainsi les intérêts de l'empereur, vous sauverez l'empire qui penche vers sa ruine, vous vous acquerrez sur la terre un nom immortel, et vous recevrez dans le ciel une grande récompense '. »
Urbain V fit les mêmes exhortations aux trois fils de l'empereur, Andronic, Manuel et Michel. Il écrivit aussi à l'hilothée, patriarche grec do Constaminople, à Nifon, patriarche d'Alexandrie, ainsi qu'à Lazare, patriarche de Jérusalem. Ce n'était pas encore assez pour le zélé Pontife. 11 exhorta les religieux, les archimandrites, enfin tout le peuple de Constantinople, à revenir à l'unité, Tant de peine cl de sollicitude ne pouvaient être perdues. L'empereur, les évoques, les moines, le peuple, comprirent que la réunion des deux Églises pouvait seule sauver l'empire. Chacun la désira. L'empereur se disposa à passer en Italie avec un grand nomhre d'cvéqncs et de moines, pour abjurer le schisme et se réunir à l'i^lise romaine.
Tandis que Jean Paléologiie remplissait de joie le cœur d'Urbain V, un autre souverain lui donnait un grand sujet de douleur. Le roi de Chj pn> s'était séparé de son épouse, lr;iconore d'Aragon, et vivait publiquement avec une autre femme, au grand scandale de ses sujets. Urbain V lui en fil d'amers reproches. Comme il aimait le roi de Chypre, il veillait à sa gloire. De plus, il le considérait comme une de ces brebis dont il était le pasteur, et dont il devait rendre compte au Seigneur. Il lui reprocha donc sa conduite criminelle : « Vous ne rougissez pas, lui disait-il, d'enlrelenir publiquement une femme adultère, après avoir chassé voire épouse légitime, illustre également par sa naissance et par ses vertus. Vous offensez Dieu, votre créateur, qui a établi le sacrement de mariage, vous perdez votre Unie, vous obscurcissez l'éclat de la royauté, vous affligez vos