CHAPITRE XX
BSbrU d Urbain V conlrr, l'hâriiin. Difïil» Je Frai^ui! ils f h'Jiio, Noii-
rillllH'tilltlL-l!.
Urbain V exerça d'une autre manière sa sévérité. Ce grand Pape, qui s'était proposé la réforme de l'Église et l'avait poursuivie avec tant de persévérance, ne pouvait tolérer les hérésies nui rommi'nçaienl à se répandre parmi les fidèles, derniers restes des hérésies qui troublèrent le moyen âge, semences des grandes Iiérésies qui devaient agiter l'époque suivante.
L'hérésie est la cause ou la suite des vices; partout où l'hérésie pénètre, la sève vivifiante du christianisme se dessèche, la simplicité des mœurs anliques disparaît, une affreuse corruption se répand dans le peuple. Mais quand le venin de l'héi'csii' a gâté l'esprit et le cœur des hommes, presque toujours elle trouble In société civile, elle inspire ou peuple l'esprit d'orgueil et de révolte. Cens qui commandent ne peuvent plus se faire obéir, la société est bouleversée. Ou ne doit pas s'en étonner. L'hérésie, étant une révolte contre Dieu, pousse tout naturellement l'homme à
se révolter contre les pouvoirs (Hablis qui viennent de Dieu et sont comme une émanation de la puissance divine. Quand la société était chrétienne et catholique, les Papes, qui exerçaient surelle, pour son bien, une magistrature souveraine, poursuivirent avec ardeur les hérésies, parce qu'ils y voyaient la ruine de la société humaine. En déployant une sévérité qui a paru excessive à quelques écrivains modernes, ils méritèrent bien de l'Église et de la société qu'ils préservaient ainsi des (roubles et dra révolutions.
Urbain V ne pouvait négliger ce devoir sacré; il poursuivit l'hérésie avec le zèle des Papes Innocent II], saint Grégoire le Grand, saint Léon le Grand. Déjà il avait exercé sa juste sévérité contre ces restes des Vaudois, retirés dans les montagnes de la Provence et du Dauphiné, qui se dérobaient a tous les regards, à toutes les poursuites et préparaient les voies à la grande hérésie du xvv siècle. Il excita contre eux le zèle des archevêques d'Arles, d'Aix, d'Embrun et de Vienne Il n'oublia pas les Bégard, que le concile de Vienne avait condamnés et qui répandaient leurs impiétés dans les grandes villes. Il tra-
des évoques de France ; il écrivit en particulier à l'évfique de Paris et l'engagea à poursuivre cette secto maudite !.
Les fratiœlles répandus dans le royaume de ISaples y avaient fait un mal infini à la Toi et aux bonnes mœurs. Le cardinal Albornos avait entrepris une campagne contre eux et eo avait coi^idéi-ablrnu;!)! réduit 11- uorulu'i'. niais la secte ne fut pas détruite. Chasses do leur repaire, les fraticelles eu avaient choisi un autre; c'était la ville de Pérousc et toute la vallée de Spolète ; leur extérieur humble et mortifié, la critique amère qu'ils faisaient des cardinaux et des évoques leur conciliaient l'estime du peuple ; ils