‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 113 sur 162 · JUgttti, t. VI · texte numérisé non relu

JUgttti, t. VI

HisToinE d'urbain v. 391 Pétrarque, se déclarèrent contre lui et formèrent un tribunal pour le condamner en forme. L'un attaqua Pétrarque, l'autre le défendit, le troisième devait juger, celui mii restait Ibnuii sans rioate l'as^'iulili'-c. Apr-'s des débets solennels, ce tribunal porta contre Pétrarque une sentence qui le piqua vivement : on le déclara honnête homme au fond, mars illettré '. Nous ignorons les mesures que prit Urbain V pour étouffer la nouvelle secte. Il montra sans doute contre les déistes de Venise le même zèle qu'il déploya dans l'affaire du frère Denvs, qui enseignait la théologie à Paris.

Ce Frère Mineur soutenait ouvertement les erreurs des fraticelles ; il disait que Jésus-Christ et les apôtres ne possédaient rien en propre, que la loi du divin amour ne comporte pas la propriété d'un objet quelconque, LaSorbonne, qui était alors un des boulevards de la foi catholique, s'éleva contre la doctrine de ce fraticelle déguisé et lui défendit d'enseigner la théologie. Le religieux promit de se rétracter, mais il refusa de le faire quand le moment fut venu, La Sorbonne l'accusa d'hérésie devant l'évëque de Paris. 11 partit, et vint auprès du Pape pour se justifier. Mais, dans sa défense, il ajouta d'autres propositions condamnées à celles qu'on lui reprochait déjà. Urbain V vit en lui un homme dangereux, le fit saisir et confia l'examen de sa cause au cardinal rie lilandiac. La doctrine du frère Denys fut déclarée contraire à celle de l'Église, fausse, erronée, hérétique. Pour éviter les rigueurs de la justice ecclésiastique, ce religieux dut rétracter solennellement les erreurs qu'il avait avancées, ce qu'il fit l'année suivante a Paris. Cette hérésie n'eut pas d'autre suite.

On ne peut en dire autant ries erreurs qui commençaient à se glisser dans les deux universités d'Angleterre et préparaient les voies à Wiclef et aux protestants. L'esprit

Page 1