Hirdouin, t. VU
HISTOIRE d'uRBUTN V.
Le protestantisme est tout entier dans ces propositions. La grâce, l'état surnaturel, la chute de l'homme, sa justification par les sacrements, la consolante et terrihle doctrine do l'Église pur l'étal des anges et des saints dans le ciel, des damnés cl des démons dans l'enfer, tout était nid par les nouveaux sectaires. 11 n'y avait plus d'Église, plus de religion. Cette funeste doctrine fut foudroyée par l'archevêque de Cantorbéry. Il n'en fut plus question pendant quelques années. Le protestantisme fût été étouffe au berceau, si le grand schisme, en mettant l'anarchie partout, n'avait permis à Wiclef de renouveler ces erreurs, de recruter des disciples et de se former un parti puissant qui subsista jusqu'à la réforme.
Si Urbain V faisait la guerre aux hérésies et défendait la foi avec la vigueur qui sied à celui qui doit confirmer ses frères dans la foi, il ne faiblissait pis devant les ennemis du domaine temporel. Un chef de parti, François de Ceccano, avait recruté une armée de brigands et parcourait toute la campagne de Rome. Urbain V encouragea le peuple a la résistance, invita les hommes capables de porter les armes à s'enrôler sous les drapeaux de l'Église et accorda les indulgences de la croisade à tous ceux qui corn bn (traient les brigands. N fit lui-même marcher des troupes contre eux. En peu de temps la campagne de Home fui purgée de ces bandits.
Mais, au nord de l'Italie, l'Église avait un ennemi plus redoutable, Harnabo; soit qu'il redoutât Urbain Vet le crût hostile à ses projets d'agrandissement, soit qu'il eût deviné les motifs secrets de la ligue italienne, il se disposa a la guerre et lit des préparatifs formidables. Ses émissaires et son or allaient partout chercher des ennemis a Urbain V et former des mui^uw cou lit l'Kgljse. lïbain V renouvela contre ce tyran la sentence <!V\r.r>mmimicaiion : il y publiait une croisade contre Barnabo. Tous ceux qui prenaient les armes centre lui auraient l'indulgence pléniére
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de tons leurs pfVhés, à la condition de rester un an sons les drapeau* on d'apporter des vivres à l'armée de l'Empereur qui allait bientôt descendre en Italie, comme il en
Urbain V craignit qui' Charles IV n'entrât on Italie à la manière des conquérants; que, cédant aux vœux de quelques Italiens ennemis do leur pays, il ne tentât de rétablir l'empire romain et ne fit valoir les prétentions ambitieuses des empereurs d'Allemagne sur les Étals du saint-siège. II voulut donc avoir l'assurance que l'Empereur respecterait les drnils ili' l'I^lisc nimaine; il lui envoya un iniernonce qui devait le prier de confirmer la bulle où Henri VII, empereur d'Allemagne, reconnaissait tous les privilèges de l'Église romaine. Charles IV le fit dans une bulle donnée à Vienne, le U avril 13ti7; il reconnaissait les droits de l'Église sur le patrimoine de saint Pierre, la Campagne romaine, la province de Maritima, le duché de Spolete, la marche d'Ancono, le Bolonais, l'exarchat de Havenue, le marquisat de Ferrare dont la possession était garantie à Urbain V et à ses successeurs '.
A mesure que le l'apo se créait des alliés puissants, Barnabo imitait cet exemple; il donna en mariage sa niere Violante, fille de Galéas, a Lyonnel, duc de Clarenee, fils du roi d'Angleterre; 2(10,000 florins d'or, les villes d'Alba, de Montevico, de Cuneo, de Cherasro et do Monte composèrent sa dot. Le prince royal vint à Milan vers la lin du mois de mai. Los noces furent célébrées le 5 juin suivant. 11 y ont des fe.tes brillantes; Barnabo voulut montrer à
la terreur aux confédérés. Kroissard et Pétrarque assisteront à ces fêtes sans se connaître. Pélrarquo fut admis à la table des princes.
Cependant l'empereur d'Allemagne s'avançait à la tête