‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 117 sur 162 · I. Chronique de ftmrni · texte numérisé non relu

I. Chronique de ftmrni

avait il remplir. Son neeitr était bon, mais son esprit n'était pas assez élevé puur formel' de grands desseins. Sa vio fut un long enchaînement de fautes. C'était surtout pendant la guerre et sur les champs de bataille que sa faiblesse apparaissait. La oii uni' résoluiitm prompte suive tout, il était te plus irrésolu des hommes. Au lieu de former un plan quelconque et de le suivre, il allait comme à l'aventure. Il |u i<lnil Loti t ci finissait par se pi'i'div lui-même.

Do Pigfaeruolo, il se porta sur le territoire de Vérone et mil le siège devant la petite ville d'Ostiglia1. Il éprouva de la résistance, se découragea, leva le siège et vint subitement avec toutes ses forces camper au pied de la forteresse que Eianiiibii avilit élevée dans le Uanlmian. I) donna plusieurs fois l'assaut. Mais les troupes de Barnabo le repoussèrent toujours avec perte. Dans celle parlie de l'Italie, le Po coule entre deux digues fort élevées. La fonte des neiges ayant fait grossir le fleuve, les impériaux eurent la malheureuse idée de couper les digues pour inonder la forteresse. Les soldats de Barnabo comprirent le dessein des impériaux, et détournèrent les eaux sur le camp, qui fut inondé. En même temps, Can de la Scala Ht couper les digues de l'Adige, et toute la plaine fut ensevelie sous les eaux. 1-es impériaux se débandèrent et prirent la fuite. Ils ne purent se rallier que dans la plaine de Vérone qu'ils ravagèrent. Ce qu'il y eut de plus extraordinaire dans cette guerre, c'est que l'Empereur, ne pouvant avoir raison de ses ennemis, se tourna contre ses alliés. Il tombe à l'improviste, avec tontes ses forces, sur Mantoue, la livre aux flammes et au carnage. Après cet acte incompréhensible, Charles commit une lâcheté impardonnable,

A l'iusu du Pape cl des autres confédérés, il conclut avec Barnabo une trêve équivalant à une paix définitive, licencia

i. llnriitnri, Amnln d'Itahr.

IIISTOIIIE D'UIIBACS V. .197

une partie de ses troupes, quitta Mantoue presque en fugitif, et se rendit à Lucqucs en passant par Modéne et llologne, sans doute, pour rançonner les villes île TosMne et en tirer l'argent nécessaire à l'entrctie-n de ses troupes. Sa conduite fut blâmée de tous les hommes de bon sens. On l'accusa, dans toute l'Italie, d'avoir sacrifié tes intérêts de l'Église et ceux des alliés.

Barnabo devina que Charles avait besoin d'argent. Il lui en offrit, et les hostilités cessèrent. L'empereur quitta la Lombardie et prit la route de Borne. Pendant tout son voyage, il montra la même cupidité, il avilit la dignité impériale et rendit sa personne ineprisa!>]t>. Le doge de Pise, Jean de l'Agnello, s'était rendu à Lucques pour le recevoir. La tribune où le doge s'était- placé pour voir les jeux s'étant écroulée, le bruit de sa mort se répandit aussitôt à Pise. Le peuple prit les armes, renversa le gouvernement, obligea les fils de Jean de l'Agncllo à fuir, L'Lmpereur accourut à Pise pour mettre fin aux troubles. Mais, quand les portes de la ville lui lurent ouvertes, il ne songea qu'à ses propres intérêts, et leva sur les principaux citoyens une contribution de douze mille florins d'or. Le succès lui donna de l'audace. Il voulut rançonner Florence, et chercha querelle à ses habitants au sujet de Volierra et de quelques forts qu'il avait enlevés aux Lucquois dans les guerres précédentes. Les Florentins répondirent à ses envoyés qu'ils le recevraient les armes à la main, s'il se présentait à leurs portes. C'était assez pour faire trembler ce fantôme d'empereur. Il n'insista plus. Mais, comme il lui fallait de l'or pour solder ses troupes, i! mit en gage il Florence la couronne impériale pour la somme de seize cent vingt florins d'or. Ensuite i! prit la route de Sienne, où des troubles venaient d'éclater'.

La république était divisée en deux partis, le peuple et

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