‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 119 sur 162 · I. Muratori, JnnoJej d'Italie · texte numérisé non relu

I. Muratori, JnnoJej d'Italie

S. Raynuldi.

mère espérance, il comprit qu'il ne devait compter sur personne, il entrevit le moment oii, ne pouvant faire face a tant d'ennemis conjuras contre lui, il serait force" de quitter l'Italie.

A mesure que l'orage se formait, ce Pontife tenait d'une

les mesures les plus sa^s pmir lu sainvr quand la tempête éclaterait. La mort avait fait des vides dans les rangs du sucré collège. Tout récemment encore, le cardinal Capoccio était mort à Muntefiascone d'une manière ni Édifiante, que le Pape et les cardinaux en furent attendris. Urbain V voulut remplir les vides du sacré collège. Il délibéra s'il

vint d'Avignon à Home, il eût choisi de préférence des Italiens pour faire prévaloir son idée, s'il n'avait eu déjà la pensée bien arrêtée de retourner en France. Mais il sentit que les temps n'iraient pas mûrs pour le rétablissement du saint-siége à Homo ; il voulut donc que l'élément français continuât à dominer dans le sacré collège, afin d'éviter une scission entre les cardinaux et de maintenir la papauté en France jusqu'au moment où Dieu ferait luire des temps meilleurs pour son Église. C'est l'unique signification qu'on puisse donner à la promotion des cardinaux qui eut lieu à Montefiascone, !e vendredi desQuatre-ïemps, 22 septembre.

Le cardinal Guillaume Judicis, cardinal-diacre du titre deSaintc-Marie-in-Cosmedin, et le cardinal Étienne Aiberti, du titre de Sainte-Mirii-iii-i^iiupiiiL;!!, pnsserent dans l'ordre des prêtres. Ensuite Urbain V lit dix cardinaux :

Philippe de Cabassole, l'ami de Pétrarque, issu de l'une des pi'cniii'iivs familier iiu Comtai. Il fui évèque r.le C;ivaillon, partiarebe de Jérusalem, administrateur de l'évëché de Marseille, enfin recteur d'Avignon pour Urbain V. Il reçut le litre des saints Pierre et Marcclliu. Arnaud lier-

1,00 11 LSTU I RE D'UHBAIS V.

nard, abbé de Montmajour, et patriarche d'Alexandrie. Urbain V le fit cardinal camerlingue de la sainte Église. Bernard de Bosquet, né à Cahors, auditeur de la chambre apostolique, puis ardicvêquc de Naples, et cardinal-prêtre du titre des douze Apôtres. Simon de Langban, archevêque de CantorbCry, la gloire et la lumière de l'Église d'Angleterre. 11 fut moine de l'ordre de saint Benoît, abbé de Westminster et trésorier du royaume, puis évoque de Londres, archevêque de Canuirbéry et grand chancelier du royaume. Urbain V le nomma cardinal-prêtre du titre de Saintc-Praxède. Jean de Dormans, évêque de Bcauvais et grand chancelier de France, enfin cardinal -prêtre du titre ries Quatre-Couronnés. Étienne de Poissy, évêque de Paris, fut cardinal-prêtre du titre de Sainl-Eusèbe. François Tébaldeschi, Romain, était prieur de Saint-Pierre-aux- Liens. Urbain V le fil cardinal-prêiiv de SuLnt&Sabiue et archiprOtro de Saint-Pierre. On l'appela le cardinal de Saint- Pierre. 11 joua un rôle très-important le jour de l'élection d'Urbain VI. Pierre de Banhac, Limousin. Il appartenait à l'ordre de saint Benoit. Apres avoir Été abbé de Montmajour, il fut nommé à l'éVêché de Castres. 11 fut cardinalprêtre du litre de Saiut-Laurent-ic-Damaso. Pierre d'Eslaing, de l'illustre famille des Eslaing, fut bénédictin, puis évêque de Saint-Flour, archevêque de Bourges, et enfin cardinal-prétre du titre de Sainle-Mario-in-Trastevere. Le dernier fut Pierre Corsini, de l'illustre famille de ce nom. Il était né à Florence. Après avoir rempli la charge importante d'auditeur de la chambre, il fut nommé évêque de Volterra, puis évêque de Florence. Urbain V l'avait envoyé à l'Empereur, afin de le faire accéder à la ligue italienne. Pour le récompenser de ses services, Charles !V le nomma princo du saint-empire, et Urbain V cardinal -prêtre du titre de Saint -La uront-in-Lucina '.

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