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Charles arriva aux premiers jours d'octobre avec l'Impératrice et toute l'armée. Il eut avec le Pape de nombreux entretiens où furent discutés les intérêts de l'Église et de l'Italie. Le Pape et l'Empereur prirent ensuite le chemin de Rome. Ils y entrèrent par la porte du château Saint- Ange. Urbain V était à cheval. L'Empereur allait à pied et tenait la bride du cheval du P.ipe. Il y avait beaucoup de grandeur dans l'humilité de Charles. On semblait voir la puissance temporelle ramenant l'Église a Rome et se montrant prête à la défendre. Ce spectacle eût été plus imposant si riïmpereiii' avait eu asseï de force et d'énergie pour une pareille œuvre. Urbain V, au milieu des honneurs
lèvres en pareille circonstance : Non nobis, Domine, non nobîs, set iioinîni tuo du gloriam '. Les prélats et les cardinaux étaient ravis des honneurs que l'Empereur rendait au chef do l'Église. Le peuple venait en foule jouir de ce spectacle. L'union qui régnait entre les deux maîtres du monde l'élonnail et le transportait de joie. C'était le triomphe du sainl-siége et de l'Église. L'héritier d'Henri IV et de Frédéric II conduisant le successeur de saint Grégoire VII et d'Alexandre 111. quel spectacle et quelles leçons ! Les outrages que les empereurs d'Allemagne avaient adres-
sés au saint-s
ï.?hre furent lavés en ce jour.
Pourtant, i
1 y eut des hommes qui ne comprirent pas
cet événemen
faisait partie
reur unis si i
•traitement, que d'autres cependant jetaient
le blâme sur
l'Kmpereur. Ils disaient que Charles avilis-
i impériale, qu'il agissait par faiblesse ou par
hypocrisie. \.
es ennemis de l'Église tournèrent Charles en
dtfrfsion et condamnaient ouvertement sa conduite. « l'onr u moi, reprend Coluccio1, je ne me possédais plus en
» que nous n'usions pus même espérer, le pontificat d'ac- ■ cord avec l'empire, In chair obéissant à l'esprit, la mo- « narcliie de la terre soumise ii la niori.ii chio du ciel. »
Coluccio avait élé adjoint par Urbain V à François Bruni sur In demande de celui-ci, qui avait on quoique sorte adopté le jeune écrivain. Pétrarque, avec qui François Bruni l'avait mis en rapport, ne pensait pas aussi sainement que lui.
L'armée de Charles qui suivait le Pontife, ces milliers <ie lances dont il était environné, devaient inspirer aux liomains du respect pour la puissance spirituelle et, à défaut, une crainte salutaire. C'est dansce but qu'Urbain V, d'ailleurs si modeste, voulut entrer à Home an milieu de cet appareil imposant. Or Pétrarque, lotijniirshostileau Pape et a» sainl-sii'^e, ne sut pris comprendre ce que signiliail ce grand déploiement de forces. Il lilâma la prudence d'Urbain V, il osa dire : ci Le Pontife romain ne doit pas « venir à Home à In tête d'une armée. L'autorité spirituelle n ei In sainteté le défendent mieux que les glaives et les ci cuirasses. Les armes des prêtres sont : la prière , les « larmes, le jeûne, la vertu, les bonnes mœurs, l'abstinence, il la charité, In conrteso m.lance. la douceur dans les actes et « dans les pn relis. A quoi lion dép'oier fins ces drapeaux? u La émis di- iénei-liliri.-i r;u:li-.,iil : >s 1mm nu s la vriu'/ivai, •c les démons ne craignent qu'elle. Pourquoi le bruit des « clairons et des trompettes'.' c'était assez de Y Alléluia1. »
Pétrarque trahissait par ces paroles hardies le dépit de son unie. Il exprimait In pensée des Italiens inquiets et remuants, qui ont de tout temps attaqué le pouvoir tempo-