CHAPITRE XXII
La réforme des ordres rrlr^ifrix ei les soucis du gouvernement n'einpèekiiem pas [ïl.Kiin Vde s'i.ienquT de l'Église orientale. Il exhortait constamment les Grecs par ses lettres et par ses envoyés à revenir à l'unité. Jean Paléologue se laissa persuader. 11 se mit en route pour l'Italie avec l'impératrice Hél&nu CQdtacuzène, une foule d'évêques, de seigneurs et de moines. Il fit son entrée à Rome au commencement de l'année {1 Jli'J). Le Pape cl les cardinaux lui rendirent de grands honneurs et le traitèrent avec la même distinction qm: l'empereur d'Allemagne. Il ycut cependant quelque différence dans le cérémonial, le Pape ayant voulu que l'empereur d'Occident fût reçu avec plus de magnificence.
HISTOIRE d'uHBÀIN V. f|21
L'empereur Jean Paléologue se mil aussitôt en rapport avec les cardinaux chargés de recevoir son abjuration. On dissipa ses deruit-rs dentés, on s'assura de h sincérité doses convictions. Urbain V voulut avoir lui-même quelques entreliens avec l'empereur. Pondant le séjour que Jean Paléologue (il à Rome-, ils vérureiH dans imc intimité) parfaite. Quelquefois l'empereur venait au Vatican -ansëlii- attendu, à l'heure où le Pape prenait ses repas. On lui préparait aussitôt une table séparée, et ils prenaient tous les dons ensemble leur repas, s'eut retenant des choses de Dieu. Jean Paléolognc ne pouvait se rassasier d'entendre le Pontife. 11 disait qu'il préférait ces repas simplrs et pauvres aux somptueux festins qu'on. lui servait au milieu du tumulte et des pompes mondaines1.
L'empereur passa tout l'été à Rome. Enlin, le 8 octobre 1360, il abjura le schisme dans l'église du Saint-
évêque. d'Ustic. l^crnai'il de lk:.<qiii'[. l'Yanniis ïébaldi-sciii et Renaud des L'rsins. Les témoins furent le cardinal Nicolas de Ressa. l'archevêque d'Auch, les évoques de Fréjus, d'Arezzo et de Marsi, quelques prélats de la cour romaineetlessftigneui squu Jean Paléologue avait amènes avec lui. Deux interprètes loduisiient en latin ce que l'empereur disait en grec. Jean Paléologue, dans sa profession de foi, confessa la divinité do Jésus-Cbrist, l'union des deux natures dans la personne de Jésus-Christ et tous les autres articles du symbole catholique. Puis, il déclara qu'il croyait à l'existence du purgatoire, à la résurrection de la chair, à l 'efficacité des sept sacrements ; il reconnut le changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ, la primauté de l'Eglise romaine et l'autorité du Pape sur les évoques et les patriarches eux-mêmes'.