CHAPITRE II
Les Papes d'Avignon avaient led-uu en iialie une ombre de pouvoir. Tomes les villes de l'Kiat lion i EIjcoI reconnaissoienl leur suzeraineté. Moulas liienzï fui l'auteur d'une révolution qui leur enleva loute espère d'autorité.
11 naquit a. Rome en 1313. Son père avait un cabaret sur le bord du Tibre à coté du pont des 'jiwtro Cnpi; sa mère portail de l'eau dans les maisons. Il la perdit de bonne heure et fut envuj é à Anagni chez un do ses parents. Il s'y livra jusqu'à l'âge de vingt ans au\ rudes iravanx de la campagne. En 1333 il revint à Home, étudia la grammaire et la rhétorique, cl, comme il était doué d'une intelligence très-vive, it eut fait en peu de lenips de rapides progrès. 11 lisait avec avidité les auteurs anciens. Pris d'une belle passion pour les antiquités romaines, Fiienzi parcourait et fouillait les ruines, cherchait a découvrir des inscriptions et des statues, voulait s'expliquer tout ce qu'il voyait. Au dire de Pétrarque, c'était l'homme; du monde qui connaissait le mieux Les monuments dt? [tome. Il parlait avec beaucoup de fou et d'éloquence. Son style est remarquable pour l'époque.
Mal Heure u seine ni pour lui, il s'imagina qu'on pouvail faire revivre les beaux temps de Home. Comparant ce que sa patrie était alors et ce qu'elle fut autrefois, il disait souvent : « Où sont maintenant les Romainsî qui a leurs u vertus? que n'aî-je vécu eu un siècle où tant de grands u hommes florissaient ! »
Quand Pétrarque vint à Rome, il eut avec Rienïi de nombrcul entretiens, ils parlaient de l'ancic-nnc* Home, de l'empire romain, de l'Italie. Rienzi crut que Rome pouvait reprendre son ancienne splendeur. Ce fut son rêve- Rome était descendue bien bas. L'anarchie y régnait. L'autorité était exercée tour à tour par les partis qui divisaient les grands ut le peuple. Le plus ferl l'emportait toujours. Les rues et les places publiques étaient le champ de bataille où se vidaient les querelles des grands. Maisquece fût la faction des Colonna, des lirsins, ou celle des Savelli qui l'emportât, le peuple était toujours foulé aux pieds, ses droits méconnus, ses intérêt sacrifiés. l'ii brigandage affreux, dont l'histoire di s peuples civilisés n'offre aucun
commettaient au sein de la cité en plein jour, et les lois étaient impuissantes à les punir. Home était devenue tin repaire de scélérais.
La vue do tanl d'excès faisan -émir Itien/i. Il eût voulu secouer le joug des grands, niais il se sentait trop faible pour une telle entreprise et se consumait en regrets stériles. Tout a coup un de ses frères, et celui qu'il aimait le plus, fut tué lâchement. Rienzi demande la punition du meurtrier, il ne peut l'obtenir. Il prend alors la résolution de renverser un gouvernement qui était impuissant à venger la mort des citoyens. 11 flatte les intérêts du peuple comme l'ont fait de tout temps ceux qui aspirent au souverain pouvoir. Les pauvres et les opprimés trouvent en lui un homme toujours prêt à les défendre. Enfin, sous le titre de' consul des panons, des veuves et des orphelins, il
devint li'lliMiiiiiii populaire qu'il (il panin lie l'ambassade envoyée à Clément VI au commencement de son pontificat.
Rienzi prolita. do l'uCL MSiiiii fuMir gagner La confiance du chef du l'Église. Il lui plut. Clément VI l'honora de quelques entretiens particuliers. Rienzi lui dit le trisie état où Home se trouvait, accusa les Colonna et les Ursins qui gouvernaient tour à (our la cité. 11 crut que le Pape le créerait sénateur de Rome fit lui céderait la place de ceux qu'il accusait. Il fut trop ardent, il oublia qu'en politique l'art d'avancer consiste il ne rien précipiter, à tout attendre des événements. Le cardinal Colonna prit la défense de sa famille et des barons, liienzi fut chassé de la cour pontificale et réduit à la misère. Sa disgrâce toucha de pitié le cardinal qui l'avait provoquée. Pour réparer le dommage qu'il avait causé à Rienzi , il lui fit donner l'emploi de notaire apostolique. .
Hienzi put ainsi revenir à Rome. 11 regagna en peu de temps le terrain que son absence lui avait fait perdre. En servant, en flattant la multitude, en sachant endurer les affronts des grands, mais surtout on cachant au fond de son cœur ses vastes projets, il acquit un immense crédit auprès du peuple. Les esprits aigris par la tyrannie étaient mûrs pour une révolution. Afin de les animer davantage, Rienzi fit peindre sur les murs du Capitole et de Sam' Angdo «n
Il donnait liii-inOme 1rs explications d'uni! voix animée qui échauffait les esprits. Enfin, Rienzi gagne à sa cause le vicaire du Pape, Raymond, évûqued'Orviéto, et convoque le peuple au Capitole le jour de la Pentecôte (20 mai 13&9). Une foule immense se rendit à l'assemblée. Comme personne ne s'attendait ù ce que Rienzi allait proposer, on n'eut pas le lemps de s'opposer à ses desseins. Le peuple accepta tout ce que voulut Rienzi. Les sénateurs furent aussitôt chassés du Capitole et Hienzi s'empara du pou-
Maître de Ruine qu'il administre sous le tilri' de tribun. il proscrit les nobles ci jusqu'au vi"i|x Culmina qui ne put luller conlre les soldats de Hienzi. Le tribun, il faut le dire. i'(Slal)lit le règne des lois et inaugura un gouvernement,
les villes du l'Étal ccclési.isiique ressenvrent les liens qui les unissaient à Home. L'élévation subite de liicnzi et h grande œuvre qu'il venait d'occomplir firent sur les esprits l'impression la plus vive. L'univers entier eut les veux fnés sur lui.
Tout avait réussi à Hienzi. Il n'avait pas tenté l'impossible. La raison était son guide, et, comme il arrive toujours, la fortune avait sicondé des plans bien combinés. Rienii était le maître de lioinc. Il devait s'arrêter. Malheureuse-
de rélablir Tempire romain sous le nom de 6on Étal. Il échoua. Les villes de l'Italie qu'il avait invitées à un congrès se rirent de lui. L'invitation qu'il lit à l'empereur ei à ses électeurs de comparaître à Home n'eut pas plus de succès. Sa puissance était compromise. Elle eut croulé sans les victoires qui vinrent illustrer son armée. Le tyran de Vilerbe, Jean de VtCO, fut vaincu dans plusieurs
lui jurer obéissance. Par un de ces accidents qui sont le jeu de la fortune, tous les chefs des grandes familles de Home tombèrent un jour eulre ses mains. 11 les menaça de mort, leur montra les appivls du supplice et les relâcba, on ne sait pour quelle raison. I,c.s barons s'enfuirent. Mais unis par la liunte et par 1a vriiL-eance, ils juivivit la ruine du tribun. Les Culmina premietil ]r-s armes et se dirigent vers Home où ils s'étaii'tu rnétiosîii des iuh:ilig''irt:es. Kirn/i les bat près de la porte San Lorenzn dans une rencontre mi
tout paraît inexplicable. Quatre Colonna y périront ainsi que leurs principaux partisans.
Les ennemis <îc Uien/.i semblaient atiûanlis par tant de pertes, quand loui à coup lu irilmn, excommunié par Clément VI et craignant que le peuple ne se soulevé contre lui, cède a une terreur irréfléchie et abandonne le pouvoir. Il s'enfuit à Civita-Vecchia. 11 craint biontùt d'élre poursuivi et revient seerèiemeTii à llom « où l'un des Ursins lui offre un asile. Il s'enfuit de nouveau vers les montagnes de la frontière napolitaine. Les Fralïeelles lui donnèrent l'hospitalité, et pendant le séjour qu'il lit auprès d'eux lui communiquèrent leur mysticisme . De là il se rendit à Prague. Effrayé de ses opimmis religieuses, Charles IV le livra à Clément VI. On l'eiït condamné à mort pour le punir d'avoir attenté aux droits de l'Eglise, mais le Pape se souvint qu'il était poète et lui pardonna. Par mesure de sûreté, on l'enferma dans la grande tour de Philippe-te-Bel qui s'élève à l'entrée de \ illeneuve cl domine le cours du Hhûne. Il en sorlit quelques années plus tard poir reprendre le cours de son étrange destinée.
La chute du tribun amena l'anarchie dans l'État pontifical. Le légat du Pape, qui ne s'attendait pas à des événements aussi prompts, n'avait pris aucune mesure. L'Église demeura victorieuse, mais elle ne tira aucun profit de sa victoire. Rome retomba dans son ancien étal, et le désordre fut au comble. Les émeutes étaient continuelles. La peste
de 13!iS, cl h; vii.ilnii heiniiliiinetiL de terre qui la suivit, augmentèrent encore les Troubles intestins, qui durèrent toute l'année du jubilé. Les Romains, enrichis par l'af-
Hiîence des i-irangeïs, éiaietii devenus plus dillicilcs encore
a gouverner. La guerre civile s'alluma dans Home, il n'y eut bientôt aucune espèce de gouvernement.'
Enfin, le 26 décembre 1351, un mouvement populaire porte au pouvoir Jean Cerroni. Les nobles refusent de lui obéir. Home esr divisée en deux partis acharnés l'un contre
l'autre. Cerroni crut qu'un tel peuple ■ méritait pas qu'on travaillât à son bonheur : il s'enfuit secrètement avec une partie du trésor public. K tienne Colonna et llertliokl des Ursins s'emparent du pouvoir malgré le Pape qui lesexcommunie. Au bout de quelques mois, l'émeute éclate de nouveau. Étienne Colonna vil le danger et prit la fuite. Berthold, plus confiant, demeure. Il est tout à coup assailli par le peuple et tombe sous une grêle de pierres devant le Capitolc. L'émeute porta au pouvoir le tribun François Baroncelli, et quatre mois après une autre émeute le ren-
L'anarchie ne se fit pas sentir à Rome seulement; elle envahit tout l'État pontifical. Us villes, ne sachant plus à qui obéir, se révoltèrent comme à l'envi. Les chers des grandes familles se formèrent des Étals particuliers aux dépens de l'Église. Jean de Vico, qui était resté jusqu'à ce jour fidiile au Pape, qui avait aidé le légat à renverser Rienzi.se forma une principauté au nord de Home. Vi terne, Orviéto, Terni et tout le pays qui va de la mer ans Apennins lui obéirent. Les deux Malatesta ivsndreni daus'les Marches. Leur pere, Pandolphe, était Guelfe et très-.iKaché à l'Église; il était mort, en 1326; mais ses deux fils, Galeotto Malatesta et Malatesta le Hongrois, se firent Gibelins et se déclarèrent imiopeuihnis. Aname et Itimini furent les deux villes les plus importantes de leur petit État. Gentil Moliano s'établit à Fermo. Césone et Forli obéirent à François Urdelafli. Le marquis Obizzon d'Esté régna dans une principauté dont Ferrare était la capitale. Le tyran de Faenza fut Jean Mainfredi. llolo^ne apparlenait aux Vis- Ce partage de l'État ecclésiastique en petites principautés Fut très-nuisible aux populations, mais il servit les desseins des Papes d'Avignon. Il leur était facile, quand ils le voudraient, de jeter la division parmi ces princes, et de 1er vaincre en les isolant. Le seul danger qui menaçait d'une
manière sérieuse leur souveraineté temporelle venait des Viaconti, qui possédaient la Romagne et lâchaient de s'étendre au delà de cette province.
Ils furent, pour ccilo raison, les ennemis naturels du saint-siège pendant tout le xiv siècle. Dans tous tes plans que tonnait la cour avi gnon n aise, elle rencontrait sous ses pas les ViscoDti. Ils avaient tout ce qui peut servir à former une grande puissance : ie courage, de vastes trésors, une politique adroite, une rare constance dans les desseins. Leur puissance n'avait pas cessé de s'occrollre : maîtres de l'Italie du nord, ils menaçaient l'Italie centrale.
Luccliin Visconli jeta les fondements de la grandeur de sa famille. Le premier il inaugura celle politique qui tendait à former de tout le nord do l'Italie un vaste État. Il égala la splendeur des Visconli à celle des maisons royales. Su fi'mme. Isabelle de Hesqne. lie lui ayant diuim: aucun enfant, il laissa héritier Jean son frère, archevêque de Milan. Jean méritait de succéder à Luccliin. Il avait le génie qui i'i!Ui,uil de «l'huis jSïujul^ et liL i''Hi]';i[to qui les exéeuliî.
Il passerait avec raison pour l'un des plus grands hommes de celte époque, s'il n'avait oublié les devoirs de son état et le respect qu'il devait au saint-siége. L'Église en recul toutes sortes d'affronts. Il lui enleva ses villes et ses terres, et employa les trésors qu'il avait amassés à corrompre ses minions, tjuami il voidaii apaiser !a celùre ûu Pape irrité centre lui, il S' nuilr à profusion. Au.^ilr'il 1rs
prélais et les cardinaux s'empressaient a l'excuser auprès du Pape et à détourner i'orage qui le menaçait. Quand ces indignes manœuvres lui avaient réussi, il disait assez agréablement qu'il avait fait boire la cour romaine à la coupa do saint Ambroise. Son armée était bien pourvue, pleine de courage cl propre à ses hardis desseins. Il s'en servit pour rcculi r lus bornes de sa principauté.
Attentif aux événements, il proflta de l'anarchie où l'État pontifical était tombé, et voulut avoir sa part au partage.
HISTOIRE d'USBA» V. 99 Jean de Pepoli lui livra Bolugne. L'archevêque vit qu'il no
portante serait en son pouvoir. Il s'unit donc aux Gibelins et se mit à la téte de ce parti. 11 convoque à Milan les députés des cités gibelines, leur dit que l'unique moyen d'anéantir les Guelfes leurs ennemis, c'est d'anéanlir Florence qui avait toujours dirigé rc parti, ei les engage à lui déclarer la guerre. La proposilion est acceptée avec joie. Les députés promirent à l'archevêque de l'aider de toutes leurs forces.
Les troupes dr l'archevéquE' entrèrent en campagne et vinrent assiéger Pistoie, qui résisla. Les Milanais se vengèrent sur les bourgades qui environnaient celle ville, les pillèrent, les livrèrent aux flammes. La trahison vint au secours de l'archevêque, et la ville de Carelli lui fut livrée. Les alliés des Florentins commencent à avoir des craintes. Ils volent au secours de Florence. La garnison de toules les villes est renforcée. Les Milanais vont mettre le siège devant Mon t-Poli lien , donnent l'assaut et sont repoussés avec perte. La garnison, animée par ce succès, fait une sortie générale, poursuit l'armée de l'archevêque el la met en pleine déroute. La Toscane était délivrée.
Ces revers n'abattirent pas l'archevêque. 11 envoya, l'année suivante, une autre armée en Toscane. Bourg-Saint- Sépulcre tomba en son pouvoir. Cononc se rendit : l'archevêque en fit le cenrre de ses opérations militaires. Pise et Gènes, voyant le succès de ses armes, réclamèrent son alliance. La guerre se ffn étendue à toute l'Italie centrale, mais l'archevêque compl'il qu'il fallait s'arrêter s'il ne voulait pas s'exposer à perdre Itmt ce qu'il avait acquis. Il craignit que le Pape, qui l'avait excommunié quand Pepoli lui livra Bologne, n'excitât contre lui l'empereur et les autres princes de l'Europe. Il envoya donc ses députés à Avignon pour y traiter de la paix. Elle fut conclue en 1352, malgré tout ce que purent faire les Florentins pour traverser les
négociations. Lus censures furent levées. La possession de Bologne fut assurée à l'archevêque l'espace de douze ans. L'archevêque devait payer une forte somme d'argent.
La paix ne fut pas conclue à Itoli^iU', mais à Avignon, oit les députés de l'archevêque apportèrent les clefs de la ville, pour en faire au pape une espèce d'hommage.
Les Florentins virent avec peine ie Pape traiter avec l'archevêque. Ils craignirent que l'orage ne vint fondre sur eux plus terrible que la première fuis, el cherchèrent partout des alliés. Sienne, Pérouse el Florence, unies dans une ligue commune, liront des ouvertures à l'empereur Charles IV, et le supplièrent de s'unir à elles. L'imprudence <îe l'un des dipntès lit échouer la négociation. Les trois communes se virent forcées à demander la paix. Elle fui enrichi!1 à ],i lin de l'année.
L'Italie eut été pacifiée sans les républiques de Gènes et de Venise, qui se faisaient depuis longtemps une guerre dVdi-nniiiatii.)!! avec des chances é^des. ïami'tt Cènes, tantôt Venise était victorieuse. Enlin les Vi'riiliens, unis aux Catalans, rencontrent au-dessus de la Sardaigne la flotte génoise, forle de suixaiile colères, et l'attaquent avec furie. L'amiral des Génois, (..riutakli, s'épouvante cl s'enfuit lâchement avec dix-neuf galères; tout le reste est pris ou coulé. La marine de Cènes fut ruinée. Dans ce moment critique, Gênes plac.a la jalousie et la vengeance au-dessus de ses intérêts les plus chers, sacrifia sa liberté, se donna à l'archevêque, et lui commit le soin de la venger. L'archevêque ne se Ht pas prier longtemps : il envoya des troupes à Cènes, la ville fut administrée en son nom. Venise, jusque-là en paix avec l'archevêque, redouta tin ennemi aussi
Florence, le grand Oui, seigneur de Vérone, Louis de Gonzague, seigneur de Uanlmte, et (ilii/./nn dï'.sle, marquis de Ferrare. La guerre se rallumait en Italie. L'archevêque de Milan va remporter des victoires nombreuses, reculer ses
frontières, s'avancer vers le centre de l'Italie ti menacer de plus en plus 1rs Étals de l'I^lise ; il est temps que les Papes d'Avignon comprennent les dangers qui menacent leur puissance temporelle, et opposent une digue aus envahissements des Vis.conlï.
Clément VI était mort. Son successeur Innocent VI, voulant inaugurer une politique nouvelle en Italie, permit à Fra Mariai de combattre les tyrans qui s'étaient partagé les États de l'Église.
Fra Morial était né en Provence, on ignore en quelle ville. Le Pape Innocent VI l'appelle Hons regalis de Albarno' , et les Florentins, dans uné lettre adressée aux habitants de Pérouse, fralrem Moregiitem dcAlbanio.C'csl probablement Aubagne, comme le croit Félix Papencordt ». Il entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Jean du Jérusalem, puis il en sortit pour se mettre au service de Louis de Hongrie avec la troupe de mercenaires qu'il avait pu rallier. De tous les chefs de l'armée hongroise, il fut le dernier à se rendre. Il défendit avec gloire la ville d'Aversa contre l'armée de la reine Jeanne. Forcé de capituler, il passa dans les Étals romains, et mit son épée au service de l'Église. Innocent Vi accueillit ces offjvs avec iveou naissance et Fra
vinrent tous les deux même le siège devant Tndi. Après deux mois d'efforts inutiles, ils furent contraints de se séparer. Fra Morial se déclara indépendant et forma, sous le nom de grande compagnie, une espèce de république ambulante qui porta de tous cotés ses ravages.
Son armée était un modèle d'ordre et de discipline. Il y avait un chef suprême, Fra Morial. Quatre secrétaires