‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 30 sur 162 · I. Soiuip llrifStiP, ttn-étationt, iiv. IV · texte numérisé non relu

I. Soiuip llrifStiP, ttn-étationt, iiv. IV

adopté dos usages contraires aux mœurs. .Si le plus nu le moins de. pudeur que les hommes apportent dans les habitudes do la vie est l'indice du mal qui règne au fond d'une société, qu>' < loi (-on penser de la corruption de cette époque? Ce qui était plus triste encore, on ne prévoyait pas comment celle plaie affreuse pnurrail si.' guérir. L'histoire nous apprend que la srin i re renouvelle les nouions en proie à la luxure, le sang qui coule dans les combats purifie les sociétés, et des rangs <lr l'armée sui t le plus souvent le salut des peuples. Mais au xiv" siècle, les soldats avaient plus de vices encore que les autres. Il n'y avait parmi eux ni frein, ni discipline, ni sentiment du devoir, ni amour pour la patrie. On vovail des corps d'armée se révoller centre leurs chefs, se tourner pour une somme d'argent contre le pays qu'ils avaient servi, déserter en masse la cause qu'ils devaient défendre. Il n'y avait plus de patrie pour les soldats. Ils s'élaientfait une patrie factice ooinposiV Ji quelques bataillons unis par le meurtre et par la rapine. Ils se portaient, à la manière des brigands, partout où il y avait un château à piller, unevilleàilétniiri:, quoique riche moisson à brûler. Au lieu d'être les soutiens do la patrie, ils en étaient devenus la plaie: au lieu de défendre le pauvre et le faible, ils s'unissaient pour l'accabler. Il n'y avait à leurs yeux ni amis ni cnni'iuis. Quiconque refusait de leur payer la rançon qu'ils imposaient, était leur ennemi. Leur ami était celui qui savait les acheter le plus chèrement. Ils vendaient leurépée, leur bravoure, le sang qu'ils versaient sur les champs de bataille, ilien n'était sacré pour eux. Ils rançonnaient sans pudeur les villes, les rois, le Pape luimême.

l'étrarque trace en quelques mois leur portrait ; « Quand « vous entrez dans un camp, vous croyez entrer dans un « mauvais lien ou dans un cabaret. On ne s'enivTe pas de <• toutes sortes de vins ; il faut des vins étrangers. Quand « il n'y en a point, on se plaint que l'armée manque, de

a tout, qu'on y meurt de soif, on trouve tout naturel que <i le soldat déserte. L'émulation militaire a passé des « armes aux verres... Les officiers, lai" de corriger lessnl- « dats, leur donnent eux-mêmes l'exemple. Que peuvent «faire des hommes ivres? Ils croupissent dans leurs « tentes, ronflant, suant, jouant, mangeant et se plonu géant dans la déliaiifliu avec 1rs femmes qu'ils traînent « à leur suite. S'agit-il de combattre? Ils quittent leurs o rangs, ne connaissent point de chefs, n'obéissent a peru simne. On les voit errer sans ordre comme des abeilles « qui ont perdu leurs ruches. Paresseux, lâches, ignoa ranls, bavards, s'ils prennent les armes, s'ils montent a « cheval, ce n'est pas pour servir leur prince, ponrdéfeno lire la patrie, pour acquérir de la gloire, mais par intéu rût, par vanité, par amour des plaisirs '. »

Telle était l'armée. L'honneur, la discipline, !e sentiment de la justice étaient bannis des camps, la société civile tombait en dissolution. On ne savait pas à quelles limites s'arrêterait la corruption des mœurs. Quand tous les liens se brisaient , quelques hommes découragés crurent que le monde marchait à sa mine, qu'il entrait rlans la nuit de la barbarie, que le temps était peut-être venu où la race des hommes allait disparaître de la face de la terre. On pensa

son peuple. Il lui envma des suints pour l'édifier par leurs vertus, des rois pour donner de la force à la jostice et à la morale, un Pontife pour opérer la réforme du clergé.

Urbain V comprit qu'il devait avant tout s'appliquer à corriger les mœurs, à détruire les abus, à faire observer les lois de l'Église. 11 avait cette constance dans les desseins et celte volonté ferme qoi brisent tous les obstacles. Sa vertu austère inspirait aux grands et aux petits une

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