I. mrarquf, Famïlmi, liv. XII, épll. HT
ihh HISTOIRE d'UBIAIH V.
crainte salutaire. Mais il avait surtout celle sainteté de vie qui imprime le respect et communique aux discours une autorité sans bornes. Les réformes sont impossibles quand l'exemple ne vient pas d'en haut. Mais quand celui qui corrige est le modèle de toutes les venus, on lui obéit promptement, on l'admire, ou l'imite, e( les réformes s'opi-rent naturellement.
La vertu d'Urbain \ était déjà rt-Iùlm: quand il fui appelé à ceindre la tiare. On racontait ses belles actions; on ne connaissait que ses vertus. Il passait pour avoir conservé l'innocence du baptême. Au dire des contemporains, il fut vierge de corps et d'esprit'. Dana Si'S nombreux vînmes, il n'nviiii pas nmis uni- scali- lois I-' sanïlio.- tir la messe ou la ré'.utaiiou des heures canoniales. Il aimait l'Église comme sa mere, comme l'épouse de Jésus-Christ. Depuis son enfance, il l'avait servie, il avait désiré sa gluire. Ansli'r<: jusqu'à JVuvs. il redouta le l'as!.'.' M l'éclat. Ile [ouïes les pompes, dons l( Pomife romain est utniioiitié, il retint seulement ce qui pouvait porter quelque édification dans les âmes et rejeta tout le reste : humble jusqu'à l'oubli de son caractère et de sa dignité, il recevait les rois et les princes qui venaient le visiter avec une modestie qui touchait leurs cœurs. On le vit dans un entretien particulier qu'il eut avec un prince du sang royal, lui céder la première place, se tenir respectueusement devant lui \ Devenu Pape, il ne voulut pas quitter sa robe de moine. Il paraissait ainsi vêtu dans les fêtes publiques à la grande édification du peuple. Il porta cet habit toute la vie; sur son lit de mort il l'avait encore. Sa vie était celle des religieux les plus fervents. Il jeûnait deux fois la semaine, ne portait pas de linge, se contentait d'une nourriture commune et d'un lit très-rude. Il avait une telle délicatesse