‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 32 sur 162 · I. M«. WSfl · texte numérisé non relu

I. M«. WSfl

i. Nonlori, Annula île Gtnu,

de conscience qu'il n'eût pas voulu monter à l'autel avant de s'être purilii! des iiUMndres radies dans 1b sacrement de pénitence, et se confcssiit unis les jours, Ouand il était sur le point de célt-hr. .r l:i sniiuc messe, suit cou fussent- s'approchait , écoulait ses faines et le laissait seul. Urbain V donnait alors un libre cours à ses prières et à ses larmes. Un vil souvent autour de, lui h: terre baignée des pleura qu'il avait versés.

yes journées étaient ainsi réglées. Après avoir célébré la sainte messe, il récitait les petites heures, puis il donnai! ries audiences, tenait le consistoire et traitait des affaires de l'Église. A la sixième heure, car les heures se comptaient à Avignon du matin au soir, il se mettaïl à table. Quand il voyait des mets qui lui plaisaient et qui eussent flatté sa sensualité, il les faisait enlever aussitôt el porter aux pauvres. Pendant le repas, il s'en t retenait avec ses camériers des malheurs des temps, leur demandait le nom des nouveaux pauvres qu'ils av.iiem découverts et prenait des mesures ]>our les secourir. Taiilùt il leur envoyait de l'argent, tantôt il chargeait les médecins attachés à sa personne de les visiter pendant leurs maladies. Après le dîner, il rentrait dans son appartement et prenait un léger repos. Il se levait ensuite, signait des suppliques et se ]iu-;;ii ;'i l'étude p'iidatir quelques heures. Puis, il reniait l'office des morts, les vêpres el les compiles du jour et donnait audience pendant une lieun aux cardinaux ei ,,u\ princes. Il sortait ensuite, allaii à la promenade dans ses jardins ou faisait quelques pas dans les corridors du palais, en s'entretenant de quelque sujel utile avec ses cardinaux el ses camériers. Au boni d'une heure il renirait et prenait son dernier repas. Pour donner le lenips à ses camériers

une lecture. Lorsqu'ils venaient le rejoindre, il leur disait ee qu'il avait lu el causait familièrement avec eux. Enfin, il récitait matines avec son confesseur, ses camé-

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riers et les prélats de sa maison et se mettait au lit tout vêtu à la manière des moines. Avant do s'endormir, il

pour l'immense troupeau confié à sa garde, lui demander les grâces nécessaires pour le bien gouverner. Puis, il s'endormait.

Urbain V élail si attaché à ses devoirs que rien ne pouvait l'en distraire. Quand la maladie le retenait au lit, il demandait pardon à Dieu d'employer si mal son temps, rt prétendait, comme autrefois 'finis, qu'il avait perdu sa journée 11 admettait tout le monde aux audiences publiques. Chacun pouvait l'aborder librement, lui dire ses peines, lui raconter les injustices qu'il avait à subir. Les pauvres étaient mieui reçus que les autres. Quand il apercevait à son audience des pauvres que les cardinaux, par un excès île prudence, voulaient éloigner, il les appelait, les accueillait avec douceur, écoulait leurs demandes et les exauçait quand elles éiaient justes. L'or, l'argent, les préseuls n'étaient rien pour lui. Quand on lui donnait de la soie ou do l'or, il le faisait distribuer sur-le-cliamp aux Églises et aux monastères. Il ne gardait que les objets de peu de valeur, les fleurs, les fruits que sa bonté bien connue permettait aux pauvres de lui offrir '.

Avec de telles dispositions, ce grand Pape ne songea guère à agrandir sa famille. Il ne chercha pas à enrichir ses parents ou ses amis. Il ne lit rien pour Jean de tavavilla. son ami de cœur. Il donna l'évéché de iainl-Papoul a un de ses neveux à eanse de son grand mérite personnel. Les cardinaux le pivs-èienl longtemps en vain d'élever à la pourpre son frère \nglic. Son père, qui vivait encore, ne recul de lui que dos marques de vénération et de respect. Cet heureux vieillard vil la gloire de son fils et de sa fa-

mille. Il vint à Avignon et s vécut simplement. Urbain V ne voulut pas accepter pour son pire la pension de six cents, livres que voulait lui faire Jean le lion. Il disait que son pure avait assr.7. Je bien [tour vi\ iv honorablement. Ce roi exempta du loi i t im|n'ii a perpétuité les terres de Grisac, du Iicllcgaidu, du liédouès et de Montbel. I rliain V s conseiitit, parte que cette Viveur retombait sur les pauvres plus que sur sa lamille. Ces terres s'appellent encore aujourd'hui terres d'Aubaine. Tel Tut h; l'ape qui allait travailler à la réforme de l'Église.

Avant de mettre la main à ee grand ouvrage, il voulut convaincre les cardinaux du besoin qui' l'Kyiise avait d'une réforme. Il leur eu munira dans ses discours la nécessité et chargea les orateurs sacrés de parler dans le même sens, Ln liomme fameux de l'époque, r-icolas. Uresme, qui

pelle du palais, le docteur prit pour texte ces paroles d'isaïe : J/un salul est sur le jwinl d'arriver, et ma justice va se livètcr. Appliquant ces paroles au temps présent, il montra Jésus-CHrisl sur lu point de veuir exercer sa justice et punir les crimes îles ho; unies. L' christ va paraître, II: docteur ci don tir polit raison l.i corru )l ii il des di retiens, l'inégalité des bénéfices i l des richesst's, le faste des prélats, la tyrannie de ceux qui gouvernent, le mauvais choix des évoques. Uans la seconde partie de son discours, il rOpcjis- ! au\ iliiliruilés qu'un p<> il f.iirc ui lermuu par une péroraison pathétique, oit il exhorte ceux qui l'écoulent à revenir à Dieu, à faire pénitence de leurs crimes, à corriger leurs imcurs afin de travailler à la rélorute de l'Église.

Ce discours lit une profuude impression sur l'assemblée. On murmura, ou blâma l'imprudence de l'orateur qui avait osé parler ainsi lui princes de l'Église. Mais plusieurs goûtèrent ses avis et commencèrent à changer de vie.

1f|8 HISTOIRE D'UIBMK V.

L'effet produit par ce liiscours ne se borna pas a la cour d'Avignon. La parole du docteur eut un grand retentissement dans l'Église. Partout on était attentif au mouvement que le nouveau Pape imprimait aui esprits.

Urbain V commença la réforme par les cardinaux. Il abolit le droit d'asile donl jouissaient leurs palais. Les meurtriers allaient s'y réfugier et se dérobaient ainsi aux coups de la justice. Les crimes étant impunis se multipliaient outre mesure. Urbain V appliqua le remède que réclamait un aussi grand mal- Cet acte fut reçu avec de grands applaudissements. Pétrarque en loua le nouveau Pape. Après la mort d'Urbain V les cardinaux firent revivre re privilège. Mais Si\ti-Oninl voulant de nouveau réformer l'Église, renouvela le décret d'Urbain V et lit à ce stijel une constilulion qui est la cinquième de son hullaira, tous les cardinaux furent obligés de la signer. L'abus cessa tout à fait.

Lescardiriaméniem ['iiviro:uuV 'l'une foule de serviteurs indisciplinés qui ne recimnaissaienl d'autre autorité que celle de leur maître. Koris de cet appui, les deux cardinaux de Comminges et de Périgord avaient été sur le point d'en venir aux mains m plein consistoire, ils allaient introduire la guerre civile au sein d'Avignon, si Clément VI u'eiïl calmé leur colère. Ces insolents serviteurs commettaient

affaires amenaient à la cour pontificale, l'impunité leur étant assurée. Urbain V donna l'ordre au maréchal du palais de les saisir, de les punir sévèrement, de les faire mourir même après l>'S avoir jn^és, s'ils commettaient des crimes dignes de la peine capitale. Il ; eut dans Avignon des exemples d'une lelli- sévérité. Ilientoi tout i-i.-jj: s-.:* dans l'ordre. Les ennemis de l'Kglisi- se rulbifut du guet que les cardinaux avaient pour le vin de Beaune. Pétrarque est plein de pareils sarcasmes. Les Italiens allaient jusqu'à dire que ce vin était le lien qui enchaînait la cour romaine

histoire d'diibais y. 1&9 au palais d'Avignon, Urbain V savait que l'ordre du Lluuy payait au Pape et aux cardinaux un tribut de celte nature. Il fit défense à l'abbé Simon, successeur d'Androïn, de faire de tels envois à la cour romaine, et supprima ainsi un grand scandai» : s:i lettre est du lu mars 136d '. Enfin, pour achever la réforme du sacré collège, il prit la resolution de n'y faire entrer que des hommes illustres par leur science ou leurs vertus. I.r rnrdiiuil lliiillauriU' llragose était grand pénitencier, quoique diacre. Urbain V trouva que son litre n'était pas en rapport avec les fonctions qu'il exerçait, il le fit cardinal -prêtre au mois de décembre 1362.

Le zélé pontife tourna ensuit» ses regards sur les évéqiies. Une douloureuse surprise le saisit quand il vit ce grand nombre d'èvdjiies accourus de Ions les points de l'univers à la cour romaine. Ne comprenant pas ce qui pouvait l»S pousser à (l^lnis-T-r ainsi leurs églises, il leur donna l'ordre de sortir d'Avignon, leur rappelant ce grand devoir de la résttlciir» dont le sùni-sirgr lui-même ne peut dispenser sïtns motifs légitimes. Il disait qu'une barque sans pilote ne peut éviter les èctieiis il périt misérablement*. Il fil des loi.s sévères contre la simonie, renouvela toutes les défenses du concile de Vienne contre la pluralité des

provinciaux, qui sont le nerf de la discipline dans les églises particulières, furcni rétablis. Les éivqucs réunirent leurs synodes au temps fixé par les saints canons. Urbain V donna lui-même l'exemple et fit tenir sous ses jeux plusieurs synodes dans la ville d'Avignon. Une vie nouvelle circulait déjà dans lout le corps de l'Église. Avant de pourvoir aux sièges épiscopaux qui venaient à

t. Cariulilm de Cluny.

-■, Poalificiam docli™.

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