‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 49 sur 162 · I. naynalrtï (13M · texte numérisé non relu

I. naynalrtï (13M

Pape au sujet du cens annuel que les roi» d'Aragon devaient payer au saint-siége pour les lies de Corse et de Sardaigne. En 1:207, le l'ape Bonifiée VIII avait donne" à Jacques III, roi d'Aragon, l'investiture île ces deux Iles à titre de fief perpétuel. Les conditions étaient que les rois d'Aragon feraient au Pape l' hommage-lige et se considéreraient comme ses vassaux, que chaque année ils payeraient un cens de 2000 marcs d'argent, ils fourniraient au Pape un contingent de troupes, que ces îles enfin reviendraient au saint-siège si les rois d'Aragon étaient élus à l'empire. Comme le cens était le sigun de la souveraineté du saintsiége sur les deux lies, Boniface VIII menaça des peines les plus graves les rois d'Aragon , s'ils mettaient du délai à payer. D'abord ils seront excommuniés, ensuite le Pape lancera l'interdit sur les deux lies, Si le roi tarde encore, il perdnt tmis ses droils sur li.-s deux lies, qui feront retour au saint-siége.

Ces conditions furent remplies par Jacques et par son fils Alphonse IV. Mais Pierre IV ne montra pas la même fidélité". Depuis dix ans, il s'abstenait de payer le tribut; même il s'était dispensé de faire an Pape l'hommage de ces deux îles, Urbain V, zélé défenseur des droits de l'Église, n'oublia rien pour rappeler Je roi à son devoir. 11 lui écrivit une lettre, datée du 13 mars, pour lui rappeler leseonditions auxquelles son aïeul reçut l'investiture des deux lies et les peines décernées par le l'ape Itonifacu VIII contre les rois d'Aragon , s'ils violaient leurs promesses, peines ratifiées par Jacques II liii-itir-me. Urbain V rappclli' au rui d'Ani^iui l'exemple de ce roi qui paya fidèlement le tribut ; il lui fait remarquer qu'il a déjà encouru toutes les peines dont parlait Boniface VIU. qu'il est excommunié, déchu de ses droils sur la Corse et sur la Sardaigne. Enfin, il ie cite à comparaître, le 17 mai prochain, pour s'entendre condamner aux peines portées dans la bulle de Boniface VIII.

Pourdonner plus de solennité au jugement qu'il allait

rendre et jeter l'effroi dans l'âme du roi d'Aragon, il commença la procédure dans un consistoire public où se

enlèverait ces deux lies au roi d'Aragon, si, au terme fixé, il n'avait pas payé le tribut et prêté le serment d'usage. Tandis que le Pape tenait au roi d'Aragon ce langage plein de fermeté, la Sardaigne se soulevait et menaçait de se soustraire h l'autoritéde Pierre IV. 1* moment était critique. Refuser le tribut et le serment au l'ape, c'était s'exposer à perdre l'Ile de Sardaigne. Pierre se hâta de satisfaire le Pontife. 11 fit d'humbles excuses, protesta de sa fidélité au saint-siége, déclara qu'il avait refusé le tribut, non par mépris pour la suzeraine!!- du sriiril-su'pi», mais à cause de la pénurie de son trésor. Il reconnut la Corse et la Sardaigne comme fiefs du saint-siége, et envoya au Pape une ambassade solennelle pour l'apaiser. Cependant, toutes ces protestations n'étaient pas sincères. Pierre voulait faire traîner l'affaire en longueur, comme il l'avait déjà essayé suus le Pape innocent VI. Urbain V n'était pas homme à se payer de belles paroles. Voyant qu'un an s'était déjà écoulé sans que le roi eut payé le tribut et prêté l'hommage-lige, il le cita de nouveau, il élait disposé à lui enlever la Corse et la Sardaigne. Pierre d'Aragon fit de sérieuses réflexions, et, comprenant que le Pape ne s'arrêterait pas, il céda, paya le tribut, fit hommage pour la Corse et la Sardaigne, et se reconnut feudataire du saint-siége. Urbain V voulut donner de l'éclat à ce grand acte ; il admit les ambassadeurs du roi d'Aragon dans la salle du consistoire, et reçut l'hommage qu'ils lui firent au nom de leur maître en présence des cardinaux et d'une grande foule de peuple1.

Le priîio.; .Noir, que suri |)'':n- Krlrniard III avait créé prince d'Aquitaine, exigeait le serment du fidélité des évéques, ce que n'avaient osé faire les rois d'Angleterre et do France

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