‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 50 sur 162 · R*ya*ldi · texte numérisé non relu

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tour à lour niiiïtres de ce pays. Le l'ape avertit lo prince et fit des plaintes contre lui an roi son père. Ses avis produisirent leur fruit, et la liberté de l'Église fut respectée.

Urbain V avait d'autres griefs contre lo roi d'Angleterre. Depuis trente ans le saint-siège n'avait pas reçu le tribut de milli.' marcs d'argent que l'Angleterre et l'Irlande payaient chaque année au Pape sous le nom de denier de Saint-Pierre. Urbain V revi'mtiqtia les droits de l'Église. 11 écrivit au roi d'Angleterre, et le pressa de remplir les engagements pris autrefois par le roi Jean-sans-Terre. L'abbé doSaint-Bavon, du diocèse de Tournai, fut chargé de négocier celte affaire , et porta les lettres du Pape au mi d'Angleterre. Celui-ci voulut, avant <ie faire une réponse au légat, consulter le parlement. L'affaire ayant élé proposée par le chancelier d'Angleterre, le parlement répondit que le roi Jean n'avait pu obliger ses successeurs. En conséquence, le roi défendit de payer le denier du Saint-Pierre '. On ignore les suites de ce refus.

En iin'uii' temps Urbain V r.virail <oii zèir contre lo roi de Pologne, qui continuait à vivre dans l'adultère. Après avoir renvoyé la juive Estlicr.ce roi ne se montra pas mieux disposé envers Adélaïde de liesse, son épouse. Il prit une autre femme qui lui était déjà unie par le sang. Joignant à l'inceste le sacrilège, il publia que le Pape venait de dissoudre son mariage avec Adélaïde. Cette malheureuse reine ayant imploré le secours du Pape , Urbain V reprocha au roi Casimir ses désordres avec une vigueur tout apostolique. 11 ie menaça des peini-s ecclésiastiques, s'il ne rentrait pas en lui-même, n \ous, disait-il. qui désirions avec une charité paternelle votre salut et votre gloire, nous ne pouvons tolérer plus longtemps sans péché un crime horrible, qui sera un exemple pernicieux pour votre royaume et pour lu reste de la cbrétienlé. Nous avertissons donc

histu i n t d'ukbaIK V. 239 Voira Majesté, nous l'exhortons dans le Seigneur, et nous lui ordonnons par ces lettres apostoliques de songer a son saint et à sa gloire qu'elle néglige trop, de chasser celte femme illégitime, de recevoir au plus tôt dans son palais Adélaïde, après lui avoir donné des garanties, d'avoir pour "elle l'affection d'un époux, et de lui rendre les honneurs dus à son rang. Si vous n'êtes pas disposé à le faire, sachez que nous avons ordonné à notre cher fils Gilles, cardinalprêtre du titre de Saini-Maniii-dcs-Moiits, devant qui cette cause se traite, de procéder contre vous 1 . «

Le roi dut obéir aux ordres du Pape, se réconcilier avec la reine et faire cesser le scandale. Mais les princes reçoivent d'ordinaire ici-hns In peine de leurs crimes, alin que les peuples, témoins du leurs scandales, le soient aussi du châtiment et redoutent celte justice souveraine qui n'épargne personne. La même année où mourut Urbain V, le roi de Pologne tomba de cheval. On le releva tout meurtri, il inotiruiaprès quelques jours de souffrances. Il n'eut pas la gloire de transmettre sa couronne à ses enfants. 11 ne laissa pas de postérité légitime, juste punition que le ciel infligeait à ses adultères. Louis, roi de Hongrie, (ils de sa sœur, lui succéda sur le tronc de Pologne.

C'est ainsi qu'Urbain V parlait aux rois et savait les dominer. Sa vertu leur inspirait de la vénération, et sa vigueur de la crainte. Les rois étaient naturellement disposés à l'écouter; ils savaient qu'il n'obéissait qu'à la voix du devoir, et ne suivait ni les conseils de l'ambition, ni les inspirations de. l'amour- propre. Personne n'osait lui résister. L'Europe entière lui était soumise et formait sous sa domination un seul royaume, une seule famille dont il était le père. Ses lettres et ses légats allaient partout. L'Église avait repris sur les âmes son ancien empire. La chrétienté était reconstituée, on croyait voir les plus beaux

t. Beats", t- m.

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siècles do rÉglisc. I'rt>si|u« ions les rois tic; l'ICurope vinrent vdndrer Lriiain V a Home ou en France, recherchèrent son amitié", lui deiiiandèrenl des conseils, voulurent concourir avec lui au salut ti«i !' Europe et de l'Église menacées à la fols par las Turcs et p:ir les grandes compagnies.

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