‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 52 sur 162 · I. Btgalt, Cl», toi · texte numérisé non relu

I. Btgalt, Cl», toi

Florence, il exprima la douleur doni il était rempli ; il loua la prudence ordinaire îles Florentins, et pour les engager

les compagnies , il voulut qu'on publiât leurs noms, et les menaça eux et leurs enfanls îles peines ecclésiastiques s'ils s'obstinaient dans leur refus. Les Florentins se laissèrent persuader et finirent par entrer dans la ligne.

Les villes et les princes de toute l'Italie se soulevèrent contre les «impunies a s'appi-rièrent !i purger le pays de

des bandes anglaises cummamlées par Jean Hawkwood. Les habitants, trop faibles pour les chasser, appelèrent à leur secours les Allemands, commandes par Anichin de Boagard, afin de faire servir les compagnies à se détruire mutuellement. Les deux troupes en vinrent aux mains sous les murs de Pérou se. Le combat dura jusqu'au soir : trois mille Anglais restèrent sur le champ de bataille; quinze cents furent amenés prisonniers à Péïouse. Après ce désastre, Jean Hawkwood se dirigea vers Sienne. 11 fut repoussé par la compagnie d'Anitfiin de lîongard et parcelle d'Albaret, que les Siennois avaient appelées à leur secours. Peu de temps après, Ambrosiole parut sous les murs de Sienne avec sa compagnie. Les habitants allèrent à sa rencontre, et dans une mêlée sanglante délirent et dispersèrent sa troupe. Depuis, la puissance des compagnies déclina de jour en jour.

1 .es exhortations d'Urbain V eurent un résultat semblable en France. Ou tous côtés le peuple se souleva contre les assassins. Les villes el les seigneurs s'unirent pour les diHrnire. Un détachement de routiers, commandé par Kobert de Chenay et Perduccas d'Alhrei. revenait d'Espagne où le prince de tialles l'avait cniuluit. H entra dans le diocèse de Toulouse et se dirigea sur Monta uhan. Le sénéchal de Toulouse, à la tète de la noblesse, le poursuivit et l'atta-

qua, le 10 août 1ÔG13, dans la plaine de La Ville-Dieu, près Mon tauban. Les routiers étaient au nombre de dix mille; l'armée royale était moins nombreuse. Elle combattit vaillamment; mais à la fin elle dut battre en retraite. Cependant la grande compagnie perdit pins de sens que l'armée royale. Éroéric de Peyrac, auteur de la quatrième Vie d'Urbain V, traversant la plaine de La Ville-Dieu quelques jours après la bataille, put voir les cadavres qu'on n'avait pas eu le temps d'ensevelir. Les routiers, que le Pape avait excommuniés, portaient le signe de la malédiction ; ils étaient conflué h- visage contre terre, tandis que les soldats du roi étaient tournés vers le ciel. 1.0 peuple admira un pareil prodige. « Ainsi, conclut cet historien, Notre-Seigneur Jésus-Christ opérait des merveilles pour

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Celle victoire des routiers fut considérée comme une défaite, vu les pertes nomf>reti>es qu'ils essuyèrent. On les traqua partout. Il fallut se résoudre à quilter le centre de la France, que la grande compagnie appelait sa Chambre, et a prendre la voie qu'Urbain V avait tracée. L'archiprôtre Arnaud de Cervoles, qui avait servi Charles V contre le roi de Navarre, la mena vers le .Nord. Elle traversa la Champagne et le duché de Bar, exerçant d'affreux ravages tnut le long de la route et se grossissant de tous les brigands de ces provinces. I,e pays se purgeait ainsi de tous les assassins. Le peuple commençait à respirer dans le midi de la Fronce et applaudissait à la sage politique d'Urbain V. Arnaud de Cervoles était arrivé sous les murs de Met? à la d'une aninii fonuid.'ilile et s'appiVi Ml à traverser l'Alsace. La vue de celte armée imprima la terreur aux Allemands. Ils redoutèrent la présence de pareils hôtes et prirent les armes pour les repousser. Les bords du Ithin furent gardés nuit et jour. Arnaud de Cervoles, ne pouvant tenter le passage , ravagea l'Alsace et mit tout à feu et à sang. Les paysans, exaspérés, poursuivirent les routiers.

Arnaud, dans l'impossibilité où il se voyait de mener la compagnie à la croisade, revint au centre de la France;

massacrèrent. Ainsi mouraient tous les chefs des routiers. De tout temps les hommes qui ont souffle- autour d'eux ['esprit de révolte, sont tombés victimes des fau\ principes qu'ils prêchaient.

Les routiers auraient exercé de plus grands ravages dans un royaume faible et divise" par les factions, si le bâtard de Castille n'était venu tout à coup les prendre à sa solde et les conduire cooli e son frère, pierre le Cruel, qu'il se proposait de détrôner.

Quand Pierre le Cruel conclut la paix avec le roi d'Aragon, en 1303, il lui imposa une condition : c'est qu'il ferait mourir Henri du Translamare et son propre frère Ferdinand d'Aragon, à qui revi-nail de droit le trône de Castille si Pierre venait à mourir s.ms enfants, l.e roi d'Aragon voulut tenir sa promesse. Il immola son frère et s'apprêtait à faire mourir Henri de Transiamare. Henri parvint à s'échapper et vint en France attendre l'heure de la vengeance. Ce moment était venu, l.e roi d'Aragon, Charles le Mauvais, et Henri de iranstamare avaient oublié leurs aueiriiiii-s qiiwlles i'l s'étaient ligués coinre le roi de Castille. Ils avaient sollicité l'appui des compagnies Le roi de France crut l'occasion favorable pour venger la mort de sa bellc-sreur, Blanche de Bourbon , que le tyran avait fait mourir si cruellement : il favorisa Henri de Transiamare. La guerre s'annonçait terrible et acharnée. L'intérêt et la soif de la vengeance animaient tous ces rois. La guerre ne pouvait avoir d'autre issue que la ruine de Pierre le Cruel. Ce roi le comprit. Un moment il songea à apaiser le ciel qui allait punir ses crimes. Il fut sur le point de périr dans une tempête. I* navire qui le portait

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