‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 55 sur 162 · Mb. liBO · texte numérisé non relu

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des fidèles, celle raison suiliraii pour me déterminer '. »

A droite de la porte de France- s'élevait le couvent des Triai taires, Le Pape s'y arrêta quelques moments et adressa quelques paroles aux religieuses de Sainte-Claire, qui étaient sorties de leur monastère et s'étaient rendues en ce lieu pour chanter des hymnes et les louanges d'Urbain V. l-e saint cortège se dirigea ensuite vers la place de Leache, où les religieuses de Saint-Sauveur, rangées devant la porte

la foule. Sur la place îles Aceaules, il rencontra les dames de Sion, sorties aussi de leur monastère. Puis il se dirigea vers l'abbaye de Saint- Victor, où il résida pendant tout !e temps de son séjour à Marseille. Les cardinaux s'établirent à l'éVêché, à la commanderie de Saint-Antoine, cl chez les principaux habitants. Après avoir consacré l'autel de Saint- Victor, Urbain V revint à Avignon le 2/i octobre 1365, laissant le peuple de Marseille ravi de sa douceur et de sa piété.

Dans l'intervalle, le roi de France, craignant que les compagnies privées de chef ne commissent de plus grands désordres qu'auparavant, mit à leur lëte un grand capitaine, Duguesclin. Ce chef ayant été Tait prisonnier à la bataille d'Auray par Jean Chandos, Charles V avait donné cent mille francs pour sa rançon. Mais il est difficile de contenir des hommes indisciplinés, qui imposent leurs volontés à ceux qui les commandent. Les routiers étaient fort animés contre Urbain V, qui venait de les excommunier. Ils voulurent le rançonner et l'obliger à levi'r les censures dont ils étaient rrappes. Ils vinrent dune mettre le siège devant Avignon dans le courant du mois de novembre, comme l'archiprétrc l'avait déjà fait sous le Pape Innocent VI. Mêlant à l'acte impie qu'ils accomplissait!)! quelques pensées de foi, les routiers demandèrent au Pape une forte

] . IVIrurquE, De rebui senitibus, lit). VIII.

rançon cl l'absolution dus censures. Urbain V leva les censures et paya 200,(100 livres. Il trouva étrange le procédé des compagnies. Il disait : « Ceux qui viennent se Faire ii relever des censures qu'ils oui encourues font ordinaire- « ment des aumOnes et des libéralités; ceux-ci. au con-

Cepcudant l'impiété des rentiers alllî^'j son coeur. Suivant Pétrarque, il trouva cette injure plus cruelle que celle faite à BoniTace VIII, quand Mogaret et Sciarra envahirent son palais et s'emparèrent de sa personne. Le moment était venu do quitter la France. Il n'y avait plus de raison pour l.i cour romaine lie craindre les troubles de l'Italie, puisque Avignon n'olt'rail aucun'..1 sécurité. Lrkiin V vit dans la tentative des routiers un avertissement dit ciel. 11 prit dès ce jour la résolution do hâter ses préparatifs de départ, et toutes les instances que lui firent les cardinaux et le roi de France lui-même pour le retenir à Avignon, ne purent ébranler sa résolution.

Ainsi, Dieu mène à ses lins tes hommes par des voies inconnues. L'homme sage est celui qui sait lire dans les événements qui s'accomplissent la volonté du ciel, et y conforme sa conduite. Il y a dans la vie des peuples un enchaînement de causes et d'effets dont ceux qui gouvernent doivent tenir compte, s'ils ne veulent pas se heurter à des dillieuilés iiiïiuïnoutaiilcs cl user leur puissance.

Duguesclin continua sa marche vers Montpellier, où il arriva le 20 novembre. Il y resta quelques jours pour rallier les débris des grandes compagnies. Ilnfin, il envahit le Houssillon, traversa les Pyrénées et, le i,f janvier 1360, il fit son entrée à Barcelone, uù Henri de Translamare vint le rejoindre.

t. rioairmkinus. Histoire de- Provence.

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